Vie scolaire

Pistes d'intervention pour contrer l'intimidation

L’intimidation : depuis quelques années, on en parle plus que jamais, et c’est tant mieux. Les jeunes sont plus en mesure de l’identifier et de la dénoncer. Nathalie Hamel, conseillère clinique pour Tel-Jeunes et la Ligne Parents, nous confiait par ailleurs que la récurrence des appels et des questions concernant l’intimidation avaient grandement diminué : de 200, en 2011, nous sommes passés à 49, en 2015. Est-ce à dire qu’il n’y a plus d’intimidation dans les écoles de la province? Certainement pas, mais on pourrait croire qu’il y en a moins. En tant que parent, il reste indispensable d’être en mesure de bien reconnaître les signes et de savoir comment agir. Voici ce que Nathalie Hamel avait à nous dire à ce sujet.

Quels sont les signes à reconnaître?

Votre enfant pourrait :

  • Éviter sans raison apparente certains endroits ou certaines activités qu’il avait l’habitude de faire;
  • Refuser d’aller à l’école ou s’y rendre plus tôt ou en revenir plus tard;
  • Avoir peur ou devenir craintif devant certaines personnes, certains endroits ou activités (par exemple : peur de prendre l’autobus, d’aller à son casier ou au cours d’éducation physique);
  • Avoir de la difficulté à se concentrer à l’école, allant jusqu’à voir ses notes scolaires diminuer;
  • Se désintéresser de l’école ou penser à décrocher;
  • S’isoler des autres, perdre plusieurs amis dans un court laps de temps, avoir peu ou pas d’amis;
  • Être souvent mêlé à des conflits ou des batailles avec d’autres jeunes;
  • 'anifester des symptômes liés au stress tels que : maux de ventre, mal à la tête, nausées, difficulté à s’endormir, perte d’appétit ou encore irritabilité ou agressivité.

Tous ces signes ne sont pas forcément liés à une situation d’intimidation, mais ils méritent que l’on s’y attarde.

L’intimidation, c'est quoi?

Est-ce de l’intimidation ou seulement des querelles d’enfants? Voilà qui peut être embêtant.

L’intimidation c’est : 

  • Un comportement qui cause de la détresse chez le jeune qui en est victime;
  • Un comportement qui peut être intentionnel ou non et qui a pour effet de blesser, nuire, isoler, menacer, contrôler ou punir l’autre;
  • Un comportement où il y a un abus de pouvoir de la part d’un ou de plusieurs jeunes envers une personne; 
  • Un comportement qui peut se produire une fois ou qui peut se répéter au fil du temps.

L’intimidation peut être directe ou indirecte. L’intimidation directe a lieu en présence de la personne qui en est victime par des gestes, des paroles et des actions qui sont clairement dirigées contre elle (pousser, frapper, insulter, etc.). L’intimidation indirecte a lieu en l’absence de la personne qui en est victime ou dans son dos, les comportements violents sont cachés, déguisés et plus difficiles à identifier (exclure ou rejeter, répandre des rumeurs, etc.).

Mon enfant est victime d’intimidation. Comment réagir?

Vous pouvez ouvrir la discussion avec notre enfant en nommant les signes qui nous inquiètent. Par exemple : « J’ai remarqué que ton ami Mathieu ne t’appelle plus depuis quelque temps. Est-ce qu’il s’est passé quelque chose entre vous? » Ou encore : « Je te sens déprimé ces temps-ci, et tu ne sembles plus vouloir aller t’entraîner au soccer. Pourquoi donc? »

Énoncez clairement que vous êtes présents pour l’écouter, pour suivre son rythme et pour le soutenir : « Si tu souhaites me dire quelque chose, je serai là pour t’écouter quand tu te sentiras prêt. » « Et si tu ne veux pas m’en parler, avec qui te sentirais-tu à l’aise d’en parler? » Vous pouvez également lui demander comment il souhaite que vous l’aidiez dans la situation, le rôle qu’il désire vous voir jouer. Enfin, comme parent, n’hésitez pas à demander de l’aide si vous vous sentez désemparé ou que la situation de votre jeune vous remémore de sombres souvenirs qui vous empêchent de lui apporter le soutien dont il a besoin.

Dois-je m’en mêler personnellement?

En discutant avec votre enfant, vous aurez une meilleure idée du rôle que votre enfant souhaiterait que vous ayez dans la situation. Dépendamment de la nature de l’intimidation et de l’âge de votre enfant, si celui-ci ne souhaite pas que vous en parliez à la direction ou aux parents de l'intimidateur, s’il demande à gérer la situation lui-même, il est déconseillé d’aller contre son gré. Il faut au contraire permettre à votre enfant de reprendre du pouvoir dans sa situation. Mais s’il aimerait dénoncer, ou que sa vie est en danger, vous pouvez parler à la direction de l’école et même à la police. L'intimidation est considérée comme un acte criminel dans certains cas, selon le Code criminel du Canada.

L'école ne prend pas cela au sérieux. Que faire?

Avisez la direction d'école de la situation par téléphone ou en personne. On devrait vous informer des mesures prises pour que la situation cesse. Si vous ne recevez aucune réponse, avisez par écrit la direction de l'école (avec copie conforme à la direction de la commission scolaire) et demandez une réponse. Si vous ne recevez toujours aucune réponse, avisez le Protecteur de l'élève attitré à la commission scolaire.

En tout temps, si vous croyez votre enfant en danger, n'hésitez pas à appeler la police.

Mon enfant a été témoin d’intimidation. Que faire?

D’abord, il est essentiel de féliciter votre jeune d’être venu vous en parler et d’avoir brisé le silence. Ensuite, vous pouvez décortiquer la situation avec lui, en l’aidant à trouver une façon de réagir qui lui convient. Vous pouvez l’amener à réfléchir sur le fait que ses actes sont porteurs de messages et que ceux-ci peuvent même changer la suite des événements. Par exemple, des témoins d’intimidation peuvent se rallier à l’intimidateur ou rester dans le silence. Ces réactions contribuent à perpétuer les gestes d’intimidation.

Vous pouvez, avec votre jeune, dresser la liste des différentes façons qu’il pourrait réagir en tant que témoin. Puis, laissez votre enfant choisir une façon de réagir avec laquelle il se sent à l’aise. Dans le cas où votre jeune décide de dénoncer des gestes d’intimidation aux autorités scolaires ou policières, vous pouvez lui demander s’il a besoin de votre soutien dans sa démarche.

La cyberintimidation

Si votre enfant vous avoue être victime de cyberintimidation, il est préférable de demeurer calme et de prendre le temps de le remercier de la confiance qu’il vous témoigne. Évitez de réagir trop fortement à cette nouvelle en le culpabilisant parce qu’il ne vous en a pas parlé plus tôt ou même en lui coupant l’accès à Internet. Bien que votre enfant se fasse intimider sur Internet, il a tout de même besoin de rester connecté au monde virtuel. Celui-ci représente pour lui une partie de sa vie sociale. Lui couper l’accès à Internet pourrait avoir comme effet pervers de l’isoler davantage. En revanche, adopter une attitude d’ouverture pourrait s’avérer rassurant pour lui, qui craint bien souvent une intervention démesurée de la part de ses parents. Écoutez bien son histoire, et demandez-lui : « Comment te sens-tu? Comment souhaites-tu que je t’aide? Que crois-tu que tu devrais faire dans ta situation? » Votre enfant sentira ainsi que vous le soutenez, le responsabilisez, l’écoutez, et ce, sans le juger et, surtout, sans agir à sa place.

Quelles sont les ressources?

En tant que parent, et surtout si on a nous-mêmes été affecté par de l’intimidation, on peut choisir d’avoir recours à un psychologue ou un travailleur social pour nous aider à être outillé et outiller notre enfant victime d’intimidation. De même, notre enfant peut aussi avoir recours à de tels services à l’école ou dans un autre milieu.

De plus, la Ligne Parent et Tel-jeunes sont des ressources disponibles; de même que des sites comme Aidezmoisvp.ca ou Éducaloi, qui offrent de l’information au sujet de l’intimidation. 

Une nouvelle référence

Stéphanie Deslauriers est psychoéducatrice, conférencière et auteure, et depuis des années, elle travaille avec des enfants et des adolescents présentant divers besoins (affectifs, psychosociaux, neurodéveloppementaux) ainsi que de leur famille. Dans son plus récent ouvrage, Jeux d’enfants – L’heure juste sur l’intimidation, elle propose de déboulonner certains mythes en lien avec l’intimidation. Son approche est à la fois rafraîchissante et déstabilisante : elle avoue elle-même vouloir « faire réagir pour faire réfléchir ». L’essai de 160 pages présente donc tout en nuances la problématique et nous oblige en effet à nous poser certaines questions perturbantes, mais nécessaires, sur le rôle, entre autres, du parent dans l’engrenage de l’intimidation. Il nous force aussi à nous mettre dans la peau de l’intimidateur, qui n’est pas seulement un « méchant agresseur », tel que dépeint, pourtant, dans certains médias.

Elle propose en outre plusieurs pistes de solutions, et les parents, tout comme le personnel des écoles, gagneraient beaucoup à le lire. Comme Stéphanie Deslauriers l’explique si bien dans son ouvrage, une des clés pour enrayer le problème, c’est l’éducation, et pour mieux intervenir, il est essentiel de mieux comprendre.

Jeux d’enfants? L’heure juste sur l’intimidation, aux éditions Stanké, ISBN 9782760411593, 22,95$.

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