Santé

Qu'est-ce qu'une varice? (2e partie)

Dans l’article précédent, nous avons démystifié la maladie variqueuse. Cette fois-ci, nous allons discuter des modalités de traitement de l’insuffisance veineuse.

Le traitement implique l’association de mesures préventives et des traitements physiques (sclérothérapie et chirurgie), tout aussi important l’un que l’autre.

Vous avez reçu un diagnostic d’insuffisance veineuse, vous avez une histoire familiale de varices, vous avez noté des varicosités ou vous voulez tout simplement prévenir leur apparition, voici les règles d’or à suivre :

  • Maintenir un poids santé.
  • Faire de l’exercice sur une base régulière tel la marche, la bicyclette, la natation, le ski de fond (éviter l’haltérophilie, le tennis et le volley-ball).
  • Bouger les pieds et les jambes lors des stations debout ou assises prolongées.
  • Éviter les bains chauds, les spas, le bronzage.
  • Se débarrasser des pantalons et des bottes serrés qui obstruent le retour sanguin.
  • Ne pas croiser les jambes.
  • Porter des bas supports aux genoux ou à la taille lors des stations debout prolongées et surtout lors des grossesses.
  • L’hérédité malheureusement n’est pas un facteur modifiable!

Les moyens pour soulager les symptômes de l’insuffisance veineuse tels les lourdeurs, la fatigue, la douleur aux membres inférieurs, découlent de ces règles d’or : bouger, surélever les jambes, les passer sous l’eau froide, porter des bas de soutien.

Les bas de contention

Le port de bas de contention (bas supports) est un moyen efficace d’améliorer la circulation veineuse. Lorsque l’on est immobile, la « pompe naturelle » des jambes (les muscles du mollet) ne contribue pas au retour du sang vers le cœur. Les contentions bien portées améliorent le retour veineux en exerçant une pression sur les veines. Elles les empêchent de se dilater. C’est pourquoi le port de ces bas est si important pendant la grossesse puisque durant cette période les veines sont très dilatées.

Il ne faut pas attendre le début de la prise de poids pour porter des bas supports durant la grossesse. Dès la conception, les hormones responsables de la dilation des vaisseaux augmentent rapidement. Les femmes qui en sont à leur deuxième grossesse et plus et celles qui ont déjà eu des varices devraient porter des bas avec une contention plus élevée.

Contrairement à la croyance populaire, les bas de soutien aux genoux ne coupent pas la circulation. Certes, une petite ligne rouge apparaît là où le bas termine, mais ce n’est qu’une démarcation. La pression des bas est à son maximum au niveau de la cheville puis diminue progressivement en montant. Plusieurs degrés de contention peuvent être prescrits. Ils seront plus importants selon l’intensité de l’insuffisance veineuse.

La sclérothérapie

La sclérothérapie est le traitement des varices par injection. Elle consiste à injecter un produit à l’intérieur de la veine qui se contractera, se bouchera puis disparaîtra. On parle de microsclérothérapie lorsque cette technique est utilisée pour les varicosités. L’échosclérothérapie est pratiquée depuis une dizaine d’années et permet de traiter les grosses varices difficiles d’accès. Guidé par l’échographie, le médecin peut alors injecter les veines cachées. Plusieurs chirurgies pour les veines saphènes et leurs branches ont pu être évitées grâce à cette technique. De plus, elle demeure le traitement de choix pour les récidives après une chirurgie. Le nombre de séances de sclérothérapie nécessaire pour obtenir un résultat acceptable dépendra de l’étendue des varices.

Le principe de base dans le traitement des varices et des varicosités est de traiter les plus grosses veines défectueuses en premier en partant du haut de la jambe en se dirigeant vers le bas. La clé du succès dépend de ce principe. Trouver et traiter la veine malade qui alimente les varicosités est primordial à fin de faire disparaître ces dernières et surtout de ne pas les aggraver.

Les autres techniques comme le laser et l’électrocoagulation ne sont pas les traitements de choix pour les varicosités. Trop souvent, ces traitements ne sont pas prescrits par des médecins et un examen minutieux des veines n’est pas pratiqué.

Si les veines qui alimentent les varicosités ne sont pas traitées en premier lieu, c’est voué à l’échec et pire, à l’aggravation. C’est d’autant plus désolant que ces méthodes sont très coûteuses. Il faut toutefois mentionner que le laser est efficace pour les varicosités non accessibles par sclérothérapie et encore une fois, seulement si le traitement des grosses et moyennes veines est terminé.

La grossesse et l’allaitement demeurent une contre-indication à la sclérothérapie. Outre le risque d’absorption de solutions sclérosantes par le fœtus, le système veineux ne revient pas à sa normale jusqu’à trois mois après l’accouchement (voir l’article précédent). Les mécanismes responsables de la dilatation des veines contrecarrent les effets de contractions désirés avec les traitements.

Les chirurgies

Le « stripping » est l’intervention chirurgicale qui a pour but d’enlever les très grosses varices, principalement les veines saphènes. Elle est pratiquée sous péridurale ou anesthésie générale. L’accès à la veine se fait par une incision à l’aine et une à la cheville. Le port d’une contention est recommandé pour une période de 4 semaines. Deux semaines de convalescence sont requises.

Moins pratiquée au Québec, la phlébectomie ambulatoire consiste à retirer des varices de moyen calibre à l’aide de micro-incisions de 1 à 2 mm, sous anesthésie locale.

Récemment, le traitement des grosses varices par laser endoveineux a fait son apparition. Un laser est introduit à l’intérieur de la veine et émet une énergie qui force la veine à se contracter et à se fermer. Cette méthode a des résultats très prometteurs, mais le recul est insuffisant pour assurer sa supériorité à long terme aux autres traitements conventionnels.

La maladie veineuse est une maladie chronique. Aucun traitement ne peut la guérir. La prévention et les traitements ralentiront et diminueront l’étendue de ses manifestations. Des traitements d’entretien seront nécessaires. Vos jambes sont importantes, prenez-en soin!

Marie-Claude Tremblay
Médecin omnipraticienne phlébologue

Diplômée de la faculté de médecine de l’Université Laval en 1997, la Dre Marie-Claude Tremblay obtient son diplôme d’études postdoctorales en médecine familiale à l’Université de Montréal en 2000. Elle travaille en médecine de la petite enfance et de l’adolescence, tout en entreprenant une formation en phlébologie (traitement des varices), qu’elle pratique avec passion depuis 2001. Détentrice d’un prestigieux diplôme de l’American Board of Phlebology (2009), la Dre Tremblay continue de se perfectionner en suivant régulièrement des formations au Canada, aux États-Unis et en Europe. Clinique de varices - Docteurs Tremblay et Olivier 333 montée Sanche, Boisbriand, Québec, J7G 2E6 450-434-7706


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