Désir d'enfant

Adoption : deux poids, deux mesures?

Saviez-vous que les parents qui adoptent un enfant ne se voient pas accorder le même congé parental que les parents d’enfants naturels? Pourquoi est-ce deux poids, deux mesures?

Le gouvernement fait-il une distinction entre un enfant biologique et un enfant adopté? Bien sûr que non me répondrez-vous! Le gouvernement encourage ses citoyens à avoir plus d’enfants, c’est reconnu. Il met en place des programmes pour soutenir les jeunes familles qui voient alors leurs revenus diminués alors que les dépenses se font nombreuses et importantes. Le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) est un bon exemple me direz vous? Simple, rapide et favorisant les familles qui bénéficient de ces prestations, le gouvernement a sans doute bien fait ses devoirs cette fois.  

Pendant cinquante semaines, un couple dont la femme aura mis au monde un enfant pourra passer du temps de qualité à la maison avec l’enfant. Pendant cinq semaines, le papa pourra être à la maison lui aussi avec sa femme et son enfant. Quoi de plus normal après tout? Un si jeune enfant a besoin de sécurité, besoin de sentir ses parents tout près. Il va se développer sous les yeux attendris d’un de ses parents qui aura pris la décision de rester à la maison avec lui. Cette étape passe tellement vite et est une source incroyable de bonheur au quotidien. Personne n’oserait contester les bienfaits de cette période accordée à l’enfant.  

Pourtant…

Saviez-vous, cependant, que les parents qui adoptent un enfant ne se voient pas accorder le même « privilège »? Les mamans d’adoption n’ont pas accès aux prestations de maternité de 15 ou 18 semaines. Les papas d’adoption n’ont pas accès aux prestations de paternité non plus. La raison? Quand j’ai parlé à un préposé du Régime québécois d’assurance parentale, il m’a répondu le plus naturellement du monde que les prestations de maternité sont prévues pour permettre à la femme de se remettre de son accouchement. Les prestations de paternité, quant à elles, sont utilisées pour que l’homme apporte une aide à sa femme qui se remet de son accouchement. Comme je n’ai pas accouché, je n’ai pas à me remettre d’un accouchement. C’est tout simple à comprendre en fait. Quelle belle logique!

Les besoins d’un enfant adopté

Oublierait-on que les enfants adoptés traversent une période de grande insécurité et d’instabilité? Oublierait-on que ces petits bouts de choix du bout du monde sont des survivants qui doivent arriver à s’adapter à un nouveau pays, de nouvelles personnes, une nouvelle langue, de nouveaux sons, de nouvelles odeurs, un nouveau climat? Oublierait-on que les parents adoptants doivent travailler fort afin que ce petit développe un lien d’attachement, qu’il soit sécurisé, qu’ils comprennent que dorénavant ce sera nous ses parents et que nous serons là quoiqu’il arrive? Oublierait-on également que les parents adoptants vivent des émotions très fortes et que l’épuisement les guette? Car en plus du long processus, du stress subi, du voyage, du contact avec l’enfant adopté avec lequel ils doivent rapidement créer un lien alors qu’ils sont en terre étrangère, du décalage horaire et de la grande fatigue, ils ont besoin de se reposer un peu eux aussi. 

En adoption, s’il est une terminologie des plus importantes c’est la notion de t-e-m-p-s et c’est justement ce que le gouvernement nous ampute sans sourciller. Tous les spécialistes en adoption vous le diront : une période minimale d’une année est requise pour couler les fondations familiales en adoption. Une période minimale d’une année est requise pour offrir à l’enfant la sécurité dont il aura besoin pour faire confiance et bien repartir dans sa nouvelle vie où les points de repère qu’il avait depuis sa naissance se sont tous envolés d’un seul coup. Pour ma part, j’ai choisi de passer une année avec ma fille à la maison et de donner 3 de mes semaines de congé à mon conjoint afin qu’il puisse passer un peu de temps avec nous lors de notre retour au pays avec notre fille et qu’il se remette du décalage horaire. Sinon, il aurait recommencé à travailler le lendemain de notre arrivée! Ça signifie donc un peu plus de trois mois à mes frais. 

 

Question financière, mais importante!

Est-ce que la plupart des parents adoptants en ont les moyens? Quand on pense aux frais que les parents adoptants doivent débourser pour régulariser l’adoption, je vous dirais que nos économies fondent comme neige au soleil et que nous nous endettons. Alors non, nous n’en avons pas vraiment les moyens. Mais je vais le faire quand même, pour le bien de ma fille. On n’a pas deux chances de bien faire la transition en adoption. On y arrive ou bien, tôt ou tard, on écope. Des pressions ont été faites, une pétition déposée. Rien n’a évidemment bougé depuis, du côté du gouvernement. En tout cas, dans mon compte de banque, c’est toujours pareil!

 

Le Régime québécois d’assurance parentale, comme toute bonne chose, a une fin : après cinquante semaines pour les parents biologiques, après trente-sept semaines pour les parents adoptants. La suite logique est donc le retour au travail. Il faut comprendre que comme nous n’étions pas au travail pendant cette année, nous n’avons pas cumulé de semaines assurables en cas de pépin.  L’assurance-emploi prévoit-elle quelque chose pour assurer un revenu minimal en cas de mise à pied, de maladie ou autre imprévu de la vie au niveau du travail? Bien sûr que oui, me direz-vous, et vous n’avez pas tort. La période de référence donnant accès à l’assurance-emploi est normalement constituée des 52 semaines précédant le dépôt d’une demande. Il est cependant prévu par la loi que la période de référence peut être prolongée jusqu’à un maximum de 104 semaines si nous n’occupions pas d’emploi assurable pour les raisons suivantes : 

  • Vous étiez incapable de travailler par suite d’une maladie, blessure, mise en quarantaine ou grossesse; ou
  • Vous étiez détenu dans une prison, un pénitencier ou un autre établissement de même nature; ou
  • Vous suiviez un cours de formation ou une autre activité reliée à l’emploi approuvé par une autorité désignée par Ressources humaines et Développement social Canada; ou
  • Vous touchiez des indemnités en vertu d’une loi provinciale du fait que vous avez cessé de travailler parce que la continuation de votre travail vous mettait en danger ou mettait en danger votre enfant à naître ou l’enfant que vous allaitiez.

J’ai donc contacté un représentant du RHDSC pour qu’il me confirme que la terminologie « grossesse » sous-entendant également la notion d’adoption au sens de leur loi. Eh bien non! Pas de grossesse = pas de prolongement possible de la période de référence. 

Au-delà de l’immense bonheur engendré par l’adoption, la discrimination dont sont victimes les parents adoptants est fortement dénoncée, mais fait partie du quotidien. Après en avoir discuté avec plusieurs parents adoptants, les discussions tournent toujours sur les questions qui demeurent sans réponse logique. La roue continue de tourner, les gens continueront de fonder des familles et, souhaitons-le, les familles adoptives auront un jour les mêmes droits que toute autre famille.

Chantal Massicotte

En plus d’être maman d'une petite fille d'origine vietnamienne, je suis technicienne en travail social spécialisée en employabilité et en réinsertion sociale. Je suis également « marraine » en adoption à l'international, fonction par laquelle je suis amenée à aider, supporter et conseiller les futurs parents qui me sont recommandés dans toutes les étapes de leur projet pour la région du Bas-Saint-Laurent. Vous pouvez également suivre mon parcours sur mon blogue.

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