Alimentation

Les forêts comestibles

Pour améliorer la qualité de l’air, réduire l’effet de serre, assurer une façon durable de produire de la nourriture et contribuer à un avenir bien plus réjouissant pour nos enfants, plusieurs intervenants du milieu agroalimentaire se penchent sur le concept des forêts comestibles.

S’inspirer de la forêt comestible de Juan Anton Mora

« Pour nous nourrir, nous dépendons des magasins, donc de l’argent, donc d’un travail salarié ou des aides sociales données par l’état. Or aujourd’hui, il y a de plus en plus de chômeurs et de personnes qui n’arrivent pas à trouver du travail. Et quand les aides sociales s’arrêtent, comment fait-on pour manger? » C’est la question à laquelle tente de répondre Juan Anton Mora, un Espagnol de 78 ans qui s’implique énormément dans le développement de ce type d’agriculture.

Selon le site Sideways, Juan Anton plante plusieurs arbres : bananiers, noyers, amandiers, figuiers, oliviers, pêchers, et de nombreux autres. Il commence à créer sa forêt d’aliments en suivant les principes de la permaculture, en respectant la nature. Son objectif est d’obtenir le maximum de nourriture pour un minimum de travail et il y arrive. C’est un bel exemple de réussite.

S’il a réussi un tel exploit, nous pouvons peut-être y parvenir nous aussi, à plus petite échelle, et en tenant compte de notre climat, à créer des éco-villages et des forêts comestibles qui produisent beaucoup et demandent peu d’entretien.

Un aménagement comestible

Vous pouvez commencer à faire de votre cour un aménagement comestible que vous entretiendrez en famille. Même la façade de votre maison peut servir de potager et de plus en plus de gens profitent de l’ensoleillement de l’avant des maisons pour y planter des légumes.

Il faudra que vous observiez les zones d’ombre et les zones ensoleillées et que vous trouviez des légumes, des arbres à noix, des arbustes à petits fruits et des fines herbes en conséquence. Il faudra aussi que vous observiez le comportement de votre sol pendant les averses. Si certains coins s’inondent, c’est qu’ils sont mal drainés et vous ne pourrez pas y planter des asperges, par exemple.

Faire un plan

Les pommiers, les cerisiers et les poiriers sont magnifiques au printemps quand ils sont en fleurs et fournissent de délicieux fruits qui pourront être mangés frais par les enfants ou servir à faire des gelées en famille à l’automne. Par contre, si vous les plantez après avoir commencé votre jardin, ils feront probablement de l’ombre à vos autres plantes et vous devrez déterrer et replacer beaucoup de plants.

Il faut d’ailleurs comprendre qu’un tel jardin ne se fait pas en un jour, ni même en une année, surtout quand on veut qu’il soit autonome et libre de tous produits chimiques. La nature n’est pas aussi pressée que nous et certaines plantes mettent des années à produire.

À force de vous informer, vous vous lierez probablement aussi d’amitié avec un jardinier dans une pépinière près de chez vous qui vous donnera de bons trucs pour démarrer. Des organismes comme l’Association des forêts nourricières peuvent aussi vous donner de bons tuyaux.

Les spécialistes

Évidemment, c’est un projet de grande envergure qui doit s’étaler sur plusieurs années. Si vous n’êtes pas douée pour entretenir des plantes et que vous ne connaissez pas les bases de l’agriculture urbaine, vous pouvez demander à des spécialistes de commencer avec vous. BioCité, par exemple, offre un service à long terme pour vous permettre de réaliser vos rêves les plus fous et vous enseigner comment prendre soin d’une forêt nourricière dans votre propre cour.

D’autres entreprises comme Semis urbains offrent ce type de service qui inclut un suivi afin que vous sachiez à quel moment vos récoltes seront prêtes et quelles seront les prochaines étapes que vous devrez suivre. Pour vous donner une idée du prix de départ, leur forfait essentiel incluant des conseils illimités, des ateliers, l’installation et quatre visites d’entretien coûte 725 $.

Villes nourricières

Nourrir la collectivité avec l’aide de cette même collectivité est dans l’air du temps. De plus en plus de villes envisagent de planter des légumes sur les trottoirs et de pratiquer une forme d’agriculture urbaine, notamment en utilisant l’espace inutilisé sur les toits.

Selon Caroline Dufour-L’Arrivée, étudiante chercheuse en agroforesterie à l’Université Laval, « Les villes ont avantage à “se verdir” parce qu’elles en retirent des gains économiques et environnementaux, que l’on pense à la diminution des îlots de chaleur, à l’amélioration de la qualité de l’air ou même à la réduction des gaz à effet de serre. Je ne dis pas que ça peut remplacer tous les modèles d’aménagement, mais la forêt nourricière est une façon de produire de la nourriture qui est durable et qui peut être associée à d’autres systèmes. »

C’est donc une question de temps avant que vous voyiez les aliments reprendre une place dans le paysage de nos villes. Plusieurs villes canadiennes, dont Montréal, étudient déjà la possibilité de faire avancer cette avenue. Les ressources sont là, il ne reste qu’à s’y investir. Déjà, l’an dernier, Bob le chef a préparé un repas trois services faits uniquement d’ingrédients trouvés à Montréal.

Comme nous débutons tous, n’hésitez pas à partager vos trucs et conseils dans les commentaires ou dans notre forum. Au fil du temps, nous finirons bien par aiguiser notre pouce vert, tous ensemble, et par manger des produits récoltés de nos mains.


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