Famille

La violence conjugale

On en parle très peu, peut-être le moins possible, pour ne pas y penser. Pourtant, 17 321 infractions dans un contexte conjugal ont été enregistrées au Québec en 2008 seulement.

De toutes les situations impliquant un comportement violent, bien peu sont accueillies avec autant d’incompréhension, de déni et même parfois de mépris que la violence conjugale. On entend souvent que la personne violentée n’a qu’à partir et même parfois que c’est un peu de sa faute. Pourtant, la violence conjugale s’insinue dans les vies de personnes comme vous et moi, de tous les milieux, et fait vivre un véritable enfer à ceux et celles qui sont coincés dans une situation familiale difficile.

Les types de violence

Il existe 5 formes de violence conjugale : verbale, psychologique, physique, sexuelle et économique. Outre le fait que 8 victimes sur 10 sont des femmes, près de la moitié des 17 321 victimes ayant contacté un service de police en 2008 ont été blessées lors de l’infraction.

Voici quelques exemples des 5 types de violence :

  • Verbale : élever la voix, menacer, insulter, rabaisser, donner des ordres, interdire.
  • Psychologique : humilier, ridiculiser, critiquer la cuisine, reprocher l’éducation des enfants, dénigrer l’intelligence.
  • Physique : frapper, gifler, pousser, serrer un bras.
  • Sexuelle : relations sexuelles forcées, pratiques inhabituelles sans consentement
  • Économique : Forcer à faire vivre l’autre, à voler, interdire certains achats, reprocher les achats effectués pour la personne et les enfants

La violence physique est la plus facile à remarquer, puisque la victime n’a aucun doute sur le fait qu’elle est victime de violence. Ses proches peuvent remarquer des ecchymoses et tous comprennent l’urgence de la situation et le fait qu’il faut absolument l’empêcher de dégénérer. Pourtant, les autres formes de violence sont tout aussi dévastatrices et leur nature insidieuse sème le doute dans l’esprit de la victime qui en vient à remettre en cause son propre jugement. C’est alors que s’installe le cycle de violence.

Les cycles

Ce n’est pas un mythe, une personne coincée dans un cycle de violence peine à s’en sortir parce qu’elle sait qu’un moment de paix viendra après chacune des crises. Cette phase communément appelée « lune de miel » arrive rapidement et le semblant de paix qu’elle procure donne une pause à cette personne fatiguée qui aura besoin de beaucoup de courage et d’énergie afin de prendre les mesures qui lui permettront de s’en sortir pour de bon. Toutefois, le fait de rester avec son bourreau biaise souvent la perception de la famille et des amis qui ont de moins en moins envie d’aider quand ils voient que la personne reste là, à subir, comme si c’était normal. La personne ayant de moins en moins l’impression d’être soutenue endure de plus en plus d’évènements et la situation s’alourdit.

Heureusement, de nos jours, la police est en droit de porter plainte avec ou sans le consentement de la victime lorsqu’elle arrive sur les lieux d’une scène de violence conjugale. C’est ainsi qu’un voisin qui appelle en entendant crier peut sauver la vie, au propre comme au figuré, d’une personne victime de violence conjugale. Selon un policier de la SPVM : « C’est la seule façon que nous avons d’éviter que la victime se fasse convaincre de retirer sa plainte. Je ne sais pas combien de fois, avant cette loi, la femme retirait sa plainte et était retrouvée morte quelques semaines plus tard. Nous voulons absolument éviter ce genre de drame. »

La crise

Souvent, la victime a pu percevoir des indices de violence dès le début d’une relation. Un objet cassé, le ton qui monte ou un commentaire très déplacé devant les amis au sujet d’un cadeau ou d’un volet de la vie sexuelle du couple sont autant d’indications qui devraient mettre la puce à l’oreille. La personne qui considère que ces évènements isolés sont bien peu de choses quand on compare avec les qualités de ce conjoint justifie en quelque sorte ce comportement et ouvre grand la porte à bien pire. D’injures en insultes, le beau Brummell que la victime avait défendu de son mieux s’avère être un cauchemar au quotidien et la personne dénigrée, qui a l’impression d’avoir fait une erreur de jugement, se trouve bien minuscule quand vient le temps de s’imposer. C’est ainsi que la situation escalade, que la personne s’isole et que la violence empire et fait dorénavant partie du quotidien.

Si la personne a totalement perdu confiance en elle ou si elle espère que ce qu’elle avait vu dans cette personne dont elle est tombée amoureuse revienne et efface toute cette « mauvaise période », il faudra peut-être une crise afin de l’en sortir, ou l’aide des proches, si toutefois ils arrivent à la convaincre. Il faut comprendre que la victime a peur, est fatiguée, se fait souvent menacer et s’inquiète d’empirer la situation des enfants qui, selon elle, en ont déjà assez vécu par sa faute ou à cause de l’ambiance familiale. Il ne faut pas baisser les bras pour autant. Cette personne a besoin d’aide.

Un voisin qui appelle, un membre de la famille qui visite souvent ou une amie dévouée donneront, parfois sans le savoir, une opportunité à la personne de faire le grand saut. Ce peut être long, mais si vous avez l’intention d’aider quelqu’un, sachez qu’il existe de nombreuses ressources qui vous permettront de poser les gestes qu’il faut.

Tourner la page

Si vous êtes victime de violence conjugale, sachez qu’il y a une vie après la rupture. Vos enfants seront rassurés de voir leur mère heureuse et même si vous vous sentez terriblement mal d’être qui vous êtes en ce moment, sachez que ça ne durera pas. N’hésitez pas à demander de l’aide. Les structures sont en place, que ce soit avec l’aide de la famille, de la police ou de maisons d’accueil, vous obtiendrez l’oreille attentive dont vous rêvez et elle viendra de personnes qui ont à cœur de vous aider sans juger vos décisions et votre infortune.

Le plus difficile après un épisode de violence conjugale est de retrouver la paix intérieure. Cela demandera du temps et des interactions positives. Une ancienne victime qui reprend les activités qu’elle aime après des mois ou des années de contrôle se sentira éventuellement revivre, en côtoyant des gens qui n’attendent rien d’elle sinon qu’elle discute de sa passion. Apprécier les moments de calme, de célibat et de maternité joyeuse donnera enfin à la victime le sentiment que tout ce cauchemar est bien loin derrière et qu’on ne l’y reprendra plus.

Ressources
Image de Anne Costisella

Anne Costisella est diplômée en communication publique à l’Université Laval et maman de deux enfants. En plus d'être une rédactrice web d'expérience,  Anne est aussi l'auteure du blogue Techno Maman


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