Famille

Frères et soeurs, amis pour la vie?

Tous les frères et sœurs ne sont pas ravis de se fréquenter au quotidien. Est-ce une question d’éducation ou de personnalité? De quoi dépend cette relation amour-haine?

Les frères et sœurs, du point de vue d’un parent, ce sont des partenaires qui pourront s’épauler longtemps, même quand nous ne serons plus là pour le faire. Ce sont des amis imposés, des personnes qui ont tout en commun et des gens élevés de la même façon qui auront des anecdotes à se raconter pendant encore des années. On aime croire que nos enfants s’aimeront... comme frère et sœur, mais doit-on le leur imposer? Que doit-on faire quand ils ne s’entendent pas aussi bien qu’on le voudrait?

La différence d’âge

Dans certaines familles, c’est la différence d’âge qui est à la base des conflits. Quand les enfants ont une bonne différence d’âge, on se demande parfois s’ils trouveront des points communs sur lesquels s’entendre. On se dit avec raison qu’ils n’auront pas beaucoup de jeux qui les intéresseront tous les deux. Quand c’est le cas, c’est aux parents qu’il revient de faire preuve d’imagination pour trouver des jeux qui plaisent à tous les âges et bien honnêtement, ce n’est pas facile. Sans trop intervenir, vous pouvez leur donner des idées de jeux qui n’ennuieront pas le plus grand sans être trop difficiles pour le plus jeune : jeux de société, jeux de construction, arts plastiques, jeux vidéo, il s’agit de trouver parmi tout ça les activités qui s’adaptent bien à plusieurs groupes d’âge.

Quand les parents sont revenus à la maison avec le petit frère ou la petite sœur, le plus vieux venait à peine de se désintéresser du biberon et de changer de lit qu’il se faisait déjà remplacer par un autre que tout le monde trouve mignon et attendrissant! Pour certains enfants, cet état de compétition pour l’attention et pour la propriété rend la relation très difficile et certains devront peut-être attendre jusqu’à l’adolescence, et encore, avant de comprendre tout l’intérêt d’avoir quelqu’un avec qui partager le quotidien. Pour d’autres, heureusement, ce constat arrivera tout de suite (ou presque) et l’instinct de protection des parents sera transmis chez les enfants qui aimeront leur petit frère ou leur petite sœur instantanément.

Les personnalités incompatibles

Quand deux enfants ont des personnalités diamétralement opposées, il y a aussi des accrochages, surtout en grandissant. Ils ne veulent pas faire les mêmes activités, trouvent que leur frère ou leur sœur « ne comprend rien », qu’il est vraiment bébé lala et que les jeux de bébé « ça ne m’intéresse pas, bon! » Ils jalousent parfois ce qui est accordé à l’autre et le perçoivent comme si c’était une perte de temps. Quand la différence est très marquée et que les enfants traversent une phase un peu plus susceptible, même les compliments faits à l’autre enfant sont vus comme une attaque personnelle qui souligne que lui, il n’est pas comme ça. C’est comme s’il oubliait temporairement qu’il a d’autres qualités extraordinaires chaque fois que l’autre enfant faisait quelque chose de bien.

En tant que parent, il faut rappeler, pendant ces périodes, que tout le monde est différent et que vous les aimez tous autant, parce qu’ils sont vos enfants tous les deux. Ce sera un peu frustrant de partager l’amour pour celui qui aurait voulu tout garder pour lui, mais ce sera une bonne base pour établir un noyau familial solide. Mais, oui, ça demande de la patience et beaucoup de compréhension des parents pour arriver à réconcilier tout ça.

Mettre l’accent sur l’importance de la famille

Nos enfants n’ont pas inventé les chicanes entre frères et sœur : elles existent depuis que le monde est monde. Mais elles ont beau exister depuis toujours, on se demande encore comme parents s’il faut intervenir ou non. Selon Donald W. Winnicott, pédiatre et psychanalyste, il faut laisser les enfants apprendre de leurs conflits. « La mère doit empêcher l’enfant de 2 ans de frapper avec un maillet sur la tête du nouveau-né, mais elle ne doit pas s’inquiéter de ses idées destructrices et agressives. » Le pédiatre explique qu’en fait les enfants ont besoin de construire leurs limites à travers leur culpabilité innée.

La psychanalyste bien connue, Françoise Dolto, affirme pour sa part qu’il ne faut pas intervenir dans une dispute entre frères et sœurs sous l’unique prétexte que l’un d’eux est le plus petit ou le plus faible. En intervenant de cette manière, vous ne ferez que distribuer des rôles de victime et d’agresseur. Elle croit que la meilleure chose à faire est de les laisser se chamailler en s’assurant, bien que sûr, que les bagarres ne mettent personne en danger.

Ces conflits entre frères et sœurs font partie de leur relation. Leurs belles journées, comme les mauvaises feront en sorte qu’ils se comprendront de mieux en mieux. Vous n’avez donc pas à intervenir chaque fois qu’ils haussent le ton et qu’ils n’ont pas envie de se voir, sinon c’est la relation avec les parents qui écopera. Dans vos interventions, pensez à plutôt mettre l’accent sur l’importance de la famille et le fait que vous ne vous lâcherez jamais en route. Si la famille forme un tout solide à leurs yeux, votre amour sera plus difficile à perdre que s’ils se voient comme un individu. Ainsi, ils se sentiront plus libres d’exprimer leurs émotions et de prendre leur place et les autres membres de la famille feront partie de leur groupe et non d’une « équipe ennemie ».

Le temps libre en famille

Ce n’est pas parce qu’on est frères/sœurs qu’on doit toujours être ensemble et tout faire ensemble. Malgré cette famille extraordinaire que vous leur aurez « vendue », les enfants voudront aussi passer du temps avec des amis, tout seul ou simplement jouer sans être « encombrés » de leur frère ou de leur sœur.

Si ces moments d’indépendance peuvent faire de la peine à celui qui n’a pas envie d’être seul, il vaut quand même mieux respecter l’espace de chacun si on veut qu’ils s’apprécient le reste du temps. Encouragez chez chacun des enfants le temps en solo, les activités de lecture et les jeux solitaires, et profitez-en pendant ce temps pour faire une activité exclusive avec l’autre enfant. De cette façon, tous les enfants se sentiront respectés et vous aurez de meilleures chances de construire une famille qui sera encore importante et pertinente dans 10, 15 ou 20 ans.

Image de Anne Costisella

Anne Costisella est diplômée en communication publique à l’Université Laval et maman de deux enfants. En plus d'être une rédactrice web d'expérience,  Anne est aussi l'auteure du blogue Techno Maman

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