Famille

Quand les enfants résistent à la nouvelle famille

Même si le torchon peut brûler entre les enfants biologiques et les enfants du nouveau conjoint, toutes les familles reconstituées ne subissent pas de tels déchirements et les couples avec de jeunes enfants sont moins susceptibles d’y être confrontés, signale Marie-Josée Mercier, psychologue en pratique privée.

Le terreau pour l’animosité sera d’ailleurs plus fertile si certains facteurs sont en cause : le contexte de la séparation en est l’un des principaux déterminants. Si elle ne s’est pas déroulée dans la chicane et que les deux parents assument la séparation, les enfants manifesteront peut-être plus d’ouverture face aux nouveaux membres de leur famille. 

« Quand les enfants sont plus vieux – à partir de la préadolescence – et qu’ils ont déjà une bonne conscience de leurs parents ensemble, que leur territoire est délimité, c’est plus difficile, explique-t-elle. Quand ils sont plus petits, un adulte nouveau qui se présente est comme une autre figure d’autorité tout simplement. Les enfants valorisent généralement les adultes autour d’eux. »

Prévenir le ressentiment des enfants

Non, ce n’est pas utopique : il est possible que nos enfants tissent un lien étroit avec les membres de sa nouvelle famille. Il est primordial de leur signaler, d’abord et avant tout, que leur attitude ou leur comportement n’est pas la cause de la séparation de papa et de maman. On retrouve souvent cette culpabilité chez les enfants de quatre, cinq ou six ans.

Mieux encore, il peut être bon d’expliquer en termes simples les raisons de cette séparation. Vous pouvez dire par exemple que vous et son père pouvez ne plus vous aimer comme avant, tout en demeurant des amis. Vous devez surtout ajouter que cela ne signifie pas que ses parents l’aiment moins, et que vous ferez tout pour qu’il le sente.

N’attendez pas que la situation explose pour poser des questions à votre enfant : si vous croyez qu’il a de la peine, il vaut vraiment mieux provoquer la discussion et les confidences. Peut-être nourrit-il l’impression qu’il perd sa place au profit des enfants de votre nouvel amoureux… il vous revient alors de le rassurer.

Y aller progressivement

L’introduction du nouveau conjoint au sein de la famille doit être progressive si l’on veut qu’elle se déroule sous le thème de la bonne entente. Mme Mercier estime qu’il vaut mieux attendre que son enfant ait bien avalé la pilule de la séparation avant de faire les présentations.

Attendez-vous cependant au fait que la route peut être longue pour se rendre à la vie paisible d’une famille reconstituée et unie. « Cela peut prendre deux ans avant qu’il y ait stabilité », précise la psychologue.

Chacun doit y mettre du sien

Les nouveaux amoureux doivent également faire leur part pour réunir les conditions gagnantes de cette unité familiale tant désirée. Pour y arriver, il est impératif que les deux membres du couple fassent connaître à l’autre ses valeurs en ce qui a trait à l’éducation des enfants. « Je vois souvent en consultation des familles reconstituées qui vivent en parallèle, par exemple parce que l’un des parents a l’impression qu’il n’est pas capable d’asseoir son autorité avec les enfants de l’autre… », relate-t-elle.

L’apport du nouveau conjoint

Le nouveau conjoint (ou la nouvelle conjointe) pourra entamer, tout doucement, une démarche d’apprivoisement avec les enfants de l’autre, sans tenter de prendre la place du parent de l’enfant. Il peut simplement jouer avec lui et mentionner qu’il souhaite devenir son ami. Tout psychologue ou parent ayant vécu cette expérience l’affirmera sans hésiter : le nouveau parent doit prouver son intérêt face aux enfants de sa nouvelle conjointe, par exemple en leur demandant de raconter leur journée à l’école ou en proposant des activités concrètes avec lui ou avec elle.

Mieux encore, suggère la psychologue, on peut déterminer une plage horaire hebdomadaire fixe pour une sortie ou une activité consacrée uniquement au nouveau conjoint et aux enfants de sa seconde moitié.

Et avec les ados?

Tisser un lien amical avec les enfants de l’autre demeure la voie qu’il faut privilégier – la seule, en fait! – pour aboutir à une relation harmonieuse avec les adolescents.

Pourquoi ne pas également dévoiler ses cartes sans détour, sans brusquer l’adolescent, en lui disant simplement : « J’ai envie de t’aimer, mais je ne suis pas ton père, tu ne peux pas faire n’importe quoi avec moi, etc. » Évidemment, il ne serait pas approprié d’utiliser ce genre de discours avec des enfants en très bas âge.

Le nouveau conjoint qui fait son entrée dans sa nouvelle famille accompagné de ses propres enfants pourra préparer le terrain en proposant aux enfants de son amoureuse de leur montrer des photos des siens, en racontant quelques anecdotes avec humour et délicatesse pour qu’ils aient l’impression de les connaître déjà un peu.

Réunis… enfin?

Tous les parents qui reconstituent leur famille souhaitent évidemment qu’à long terme leurs enfants perçoivent le nouveau conjoint comme un membre à part entière de la famille.

Les efforts pour y parvenir demeurent parfois vains, admet Marie-Josée Mercier. Les enfants ne portent pas en eux l’amour universel. Cependant, l’enfant qui semble ne pas aimer le nouveau conjoint, ou qui refuse de se trouver en sa compagnie, ne nourrit pas forcément du ressentiment pour lui. « Ce peut être une réaction au fait que la routine de l’enfant s’en trouve changée, ou parce que le parent biologique a cessé de pratiquer une activité qu’il avait l’habitude de faire avec son enfant », indique-t-elle.

Il n’est donc pas nécessaire de demander à l’enfant s’il aime ou non le nouvel amoureux de maman. On peut cependant souligner à l’occasion les bons moments qu’il vit avec ce dernier, ou encore le questionner au sujet de son appréciation sur certains aspects de sa personnalité.

Une thérapie, est-ce nécessaire?

La thérapie est un plus pour les familles qui se trouvent dans le cul-de-sac de la mésentente. « Nous essayons généralement d’amener chaque membre de la famille à faire des exercices », mentionne Mme Mercier.

Et comme la famille est un système, il faut apprendre à en regrouper les éléments. À la maison, le devoir peut être fort plaisant : pourquoi ne pas organiser par exemple au moins une activité familiale hebdomadaire? Il peut s’agir d’un jeu de société en équipe… et dont les équipes ne sont pas nécessairement formées d’un parent et de ses enfants biologiques.

« Ce n’est pas toujours facile, mais les efforts peuvent mener à la reconstitution de très belles familles. Il faut cependant développer des habiletés qu’on n’a peut-être jamais pris le temps de développer… », signale la psychologue.


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