Famille

Crainte de ne pas aimer autant le 2e bébé

Votre bébé vous comble et vous n’imaginez plus la vie sans lui. L’idée d’agrandir la famille se fait sentir, mais vous angoissez : et si j’aimais moins mon 2e enfant?

Jamais on ne s’imagine pouvoir aimer quelqu’un autant, si fort et si viscéralement avant de devenir mère. L’amour que l’on ressent, en plus du puissant désir de le protéger et la capacité de donner notre vie pour la sienne, est à jeter par terre. Rien n’est comparable dans une vie.

Toutefois, pour chaque femme, l’attachement à son enfant survient à différents moments. Certaines se sentent ultra-maman dès le test positif. D’autres voient naître cet élan d’amour durant la grossesse. Pour d’autres encore, c’est à la naissance, quand on dépose enfin ce petit paquet gluant, mais bien vivant sur soi qu’on est frappé par l’amour. Mais c’est aussi possible de devoir attendre quelques jours, semaines ou mois après la naissance pour ressentir de façon claire et sans équivoque que le lien est véritablement établi. L’attachement mère-enfant est un processus complexe qui ne s’explique pas en mots; il se vit. Essayez, pour voir, de trouver une explication complète et juste de l’amour maternel, c’est tellement difficile à cerner. On a vite l’impression d’oublier quelque chose ou de ne pas trouver le bon terme.

Tabou?

Même si on sait – et on se fait répéter assez souvent – que le cœur d’une mère est capable d’aimer plusieurs enfants (Qui n’a jamais entendu l’expression « L’amour, ça ne se divise pas, ça se multiplie! »?), on doute. On a beau avoir devant nous de nombreux modèles de mamans qui ont plusieurs enfants, on a des craintes. De grosses craintes… qu’on n’avoue pas toujours. Pas facile de dire aux autres « J’ai peur de ne pas aimer mon deuxième comme j’aime mon premier ». Une mère ne doit pas avoir de préférence ni de chouchou. Un cœur ne devrait pas comparer… On en vient même à penser qu’on n’aurait pas dû avoir d’enfant du tout – et certainement pas un deuxième - si on doute de notre capacité d’aimer. Bref, toute une réflexion démarre dans notre ciboulot! Et ça jase fort! Malgré tous les essais de notre entourage à nous rassurer.

On se dit qu’on sera la seule exception terrestre qui n’arrivera pas à faire doubler son amour. On se dit que peut-être on sera la seule au monde qui restera de glace devant son deuxième enfant et qu’on nous blâmera pour être une mauvaise maman. On s’imagine dans les pires rôles.

C’est effectivement dans notre tête que les scénarios sont si intenses. Notre cœur, lui, sait qu’il y arrivera. Mais on ne l’entend pas. Notre côté rationnel et mathématique prend toute la place. On finit par se dire qu’on devrait bien y arriver et on plonge dans l’aventure du deuxième bébé devenant du coup porteuse de nombreux grands et intenses questionnements.

Enceinte de mon deuxième enfant, je questionnais mes amies qui étaient déjà passées par là pour savoir comment elle avait vécu la transition « Je suis mère d’un enfant » vers celle de « Je suis mère de deux enfants ». Si à notre première grossesse, on s’inquiétait de la prise de poids, des vergetures et des risques de malformation, à notre deuxième, on pense beaucoup à notre future relation avec notre bébé et à l’impact de son arrivée dans notre noyau tissé serré.

Un amour différent qui se construit

Une des craintes des futures mamans d’un deuxième bébé est de ne pas aimer le deuxième autant, car leur premier les comble déjà tellement. Aussi, on craint que le premier soit jaloux du bébé et de l’attention qu’on lui donnera. On n’a pas seulement peur de ne pas l’aimer ce deuxième enfant pour ce qu’il est et ce qu’il nous apportera comme « boulot » (couches, biberon, purées, nuits blanches, etc.), mais aussi parce qu’on sent qu’on « impose » un bébé dans la vie de notre autre enfant. Certains disent qu’avoir des frères et des sœurs, c’est un cadeau qu’on fait à notre enfant. Peut-être que plus tard, quand leur relation sera bien établie et qu’une réelle complicité sera née entre eux, on pourra affirmer une telle chose. Mais reste qu’un bébé dans l'univers d’un petit enfant qui a toujours eu ses parents pour lui tout seul, c’est ni plus ni moins un Big Bang qui chamboule tout et qui le déstabilise… pour un temps, certainement!

Si on doute autant de notre capacité à aimer le deuxième enfant, c’est souvent parce qu’on a oublié une variable importante : notre expérience commune. En effet, notre premier enfant, on le connaît depuis sa naissance (calculez le nombre de mois!). Pour ma part, mes deux enfants ont trois ans et demi de différence. Quand mon fils est né, j’avais eu 42 mois pour faire connaissance avec ma fille, connaître ses préférences, ses habitudes, créer avec elle des rituels, des moments complices, savoir ce qu’elle aime et ce qu’elle déteste, etc. Et je me demandais de tomber en amour aussi fort avec mon garçon dès la première minute? Ce qu’on est exigeante envers soi-même parfois! C’est impossible!

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