Famille

Le sentiment de compétence parentale

Les parents d'aujourd'hui ont accès à beaucoup d'informations sur le développement de l’enfant, la stimulation, l’attachement, la discipline... Certains trouvent cela utile et aidant, alors que d'autres trouvent cela décourageant et anxiogène.

 

Pourquoi ces deux types de réaction? Cela dépend, en fait, de notre sentiment de compétence parentale.

Selon le Comité de la santé mentale du Québec, la compétence parentale se définit par « la condition de parent » et le fait d’agir en fonction de ce statut. Le sentiment de compétence parentale quant à lui est la perception qu’a l’individu de ses qualités en tant que parent.

Efficacité et satisfaction

Plus spécifiquement, la littérature montre que ce sentiment comporte deux dimensions : le sentiment d’efficacité et le sentiment de satisfaction. Le sentiment d’efficacité représente le jugement d’un individu sur ses propres capacités à surmonter différentes situations (Mash & Jonhson, 1983). Plus une personne croit en ses habiletés, plus elle sera persévérante face à l’obstacle.

Le sentiment de satisfaction fait référence à la dimension émotionnelle de la parentalité (plaisir, frustration, anxiété, découragement, etc). Un parent qui vit du découragement face à certains comportements de son enfant, sera à risque de voir son sentiment de compétence parentale atteint, surtout s’il s’en croit responsable.

Certains auteurs considèrent que le sentiment de compétence parentale et l’estime de soi sont presque des synonymes, car l’évaluation de notre valeur est centrale aux deux concepts (un parent présent, joueur, éducateur, donneur de soin, etc.) (Trudelle & Montambault,1994).

Pression et stress

Dans les dernières années, la société a joué un rôle dans la construction de ce sentiment. Aujourd’hui, les parents ont accès à beaucoup d’informations et pour certains parents, ces connaissances peuvent devenir des standards, créer de l’anxiété ou du découragement. Ce type de pression peut à la longue avoir un effet sur l’auto-évaluation que le parent fait de ses capacités, influencer sa satisfaction et son sentiment d’efficacité (Lacharité et al., 2005). 

Le sentiment de compétence parentale se construit individuellement chez chaque parent. Son histoire de vie, l’éducation qu’il a reçue, ses attitudes, ses croyances et ses attentes face à la parentalité, sont quelques facteurs qui auront une portée sur sa satisfaction et son sentiment d’efficacité. Des stresseurs individuels et familiaux, une faible estime de soi et un manque de cohésion parentale au sein du couple influencent négativement le sentiment compétence.

À l’inverse, un sentiment fort et solide est un facteur de protection contre ces mêmes stresseurs du quotidien.

Le sentiment de compétence parentale peut avoir des effets sur le bien-être du parent et son style parental. Ces derniers ont un effet sur l’enfant et ses comportements. Par exemple, un parent qui ne se sent pas compétent pour mettre des limites à sa fille, peut s’en vouloir lorsqu’il ne le fait pas. Il pourrait alors être plus autoritaire lorsque la situation se représentera. Cette incohérence à la longue peut avoir un effet sur les comportements de sa fille qui aura davantage tendance à tester les limites. Ses comportements pourront alors avoir un effet sur la satisfaction et le sentiment d’efficacité du parent. Un tel cercle vicieux s’installe souvent sans que le parent ne s’en rende compte.

Quelques conseils

Voici quelques pistes de réflexion pour renforcer et nourrir son sentiment de compétence parentale.

  • Afin de favoriser un sentiment de compétence parentale fort, il faut avoir des attentes réalistes quant à sa propre parentalité. Certains parents perfectionnistes ont des attentes irréalistes face à la parentalité. L’important est de prendre conscience que les besoins essentiels (sécurité, attachement, émotif, physique) de ses enfants sont remplis.
  • Diversifier les sphères de valorisation. Investir des sphères comme la vie de couple, le travail, les loisirs, les amitiés, etc. Plus il y a de sphères de vie investies, plus minces sont les chances de voir son estime de soi affectée lors d’un pépin.
  • Se faire confiance : les études montrent que plus on se sent compétent dans un domaine, plus on le devient. C’est aussi vrai pour le sentiment de compétence parental! En effet, il est démontré que lorsque les parents arrêtent de se comparer, ils deviennent plus compétents puisqu’ils sont plus à l’écoute d’eux-mêmes et des besoins de leur enfant.
  • Prendre du temps pour soi favorise la prise de perspective sur les situations qui peuvent être envahissantes au quotidien. Ce moment permet de se sentir moins envahi par la culpabilité.  

Références

  • Bandura A. (1982). Self-efficacity in human agency. American Psychologist,37, 122-147
  • Lacharité, C., De Montigny, P., Miron, L., Devault, A, Larouche, H., Desmet, S. et al. (2005). Les services offerts aux familles à risque ou en difficulté: Modèles conceptuels, stratégies d'action et réponses aux besoins des parents. Trois-Rivières, QC: GREDEPIUQTR
  • Ménard, S. (2011). La parentalité en contexte social : Le sentiment de compétence parentale, la demande d’aide et le don chez les parents d’enfant de quatre à six ans. Thèse de doctorat. Université du Québec à Trois-Rivières
  • Mash, E.l, & Johnston, C. (1983). Parental perceptions of chi Id behavior problems, parenting self-esteem, and mothers' reported stress in younger and older hyperactive and normal children. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 51,86-99
  • Trudelle, D. & Montambault, E. (1994). Le sentiment de compétence parentale chez des
  • parents d’enfants d’âge préscolaire. Enfants, parents, intervenants, 43, 48-62
Mélanie Laberge
Ph.D., Psychologue

Mélanie Laberge est psychologue, mais avant tout maman! Ses expériences liées au développement de l’enfant et de l’adolescent lui permettent d’offrir des services à toute la famille. Elle offre du support et du coaching aux parents pour qu’ils se sentent outillés afin d’aider leur enfant. Elle fait aussi de la thérapie cognitive comportementale avec les enfants, les adolescents et les adultes qui vivent des problématiques telles que l’anxiété, la dépression et les troubles des conduites alimentaires. Enfin, elle collabore à titre de psychologue à un projet de recherche à l’Institut universitaire de santé mentale de Montréal.


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