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Sommes-nous de si mauvais parents?

Selon le portrait des tout-petits dévoilé lors du lancement de la Grande semaine des tout-petits l’automne dernier, hausser le ton, crier envers son enfant est lié à une agression psychologique.

Les conditions de vie des enfants de 0 à 5 ans se sont améliorées en général depuis les dix dernières années. Mais à sa publication, de nombreux parents ont exprimés leur malaise face à cette étude. Parce qu’on y associe hausser le ton, crier envers son enfant à une agression psychologique. Est-ce que ça fait d’eux des parents négligents, cruels, violents?

Des réalités de « mauvais parents »

Emilie est mère de deux enfants et enceinte de son troisième. Avocate, elle tente de jongler avec un travail exigeant où une grosse transaction peut remettre ses plans de border ses enfants pour une autre journée. « Je suis tellement à bout qu’on me demande d’être parfaite », dit-elle happée, blessée par cette étude publiée par l’Observatoire des tout-petits.

C'est même une volonté des mères qui revient souvent : elles veulent montrer à leurs enfants qu'elles ne sont pas parfaites. Elles sont les premières à montrer que de vivre des émotions, positives ou négatives, est sain et normal.

« Actuellement, la colère est une émotion qui a très mauvaise presse. Pour ma part, je préfère nommer à mes enfants que je suis fâchée pour leurs comportements inappropriés. Ça ne m'empêche pas de leur dire 'je t'aime' », explique Isabelle, mère de quatre enfants. Selon elle, l'honnêteté émotionnelle des parents est aussi sain pour que les enfants apprennent à nommer les émotions.

Le soutien est crucial

Caroline, mère de deux enfants de moins de 6 ans, doit prendre des congés non payés ce mois-ci parce que tous ses congés de maladie sont épuisés. L’automne a été pénible en microbes pour tout le monde et ça met une pression financière sur toute la famille.

Ces mères ont perdu patience, crié, peut-être même serré le bras ou tapé leur enfant une fois dans la dernière année. On leur dit, à travers cette étude, que leurs enfants sont des victimes de violences physiques ou d'agressions psychologiques. Elles font pourtant toutes de leur mieux. Elles aiment profondément leurs enfants. Mais elles se sentent pressées dans leur quotidien, comme un citron.

Les pratiques parentales sous la loupe

Il est difficile de comprendre qu’on puisse mettre dans le même panier les parents qui perdent patience trois fois pendant l’année à des parents qui utilisent la violence (qui cause des traumatismes, des lésions et des séquelles) comme moyen de discipline.

Parce que selon l’étude de l’Institut de la statistique du Québec parue en 2013, d’où proviennent les données brutes utilisées par l’Observatoire des tout-petits, « la quasitotalité des enfants âgés de 6 mois à 17 ans (98 %) ont bénéficié de stratégies éducatives non violentes de la part des adultes habitant avec eux ».

Cette étude parle de ce que vivent les enfants en passant sous silence l’expérience parentale. Les besoins de l’enfant sont mis de l’avant sans tenir compte de la réalité et des besoins des parents, ceux qui en prennent soin.

Les critères pour parler de violence

Dans l’étude publiée par l’Observatoire, on titre que la moitié des parents d'enfants de 3 à 5 ans ont crié, tapé ou serré le bras de leur enfant dans la dernière année (47,8%).

Or, dans le rapport de l’Institut de la statistique du Québec, on énonce des nuances importantes. « La punition corporelle, exprimée sous forme de violence physique mineure, touche plus du tiers des enfants du Québec (35 %) à au moins une occasion durant une année. » Cette violence physique mineure se traduit surtout par des tapes. À la page 66 du rapport de l'ISQ, on affirme que 7 % des enfants reçoivent des tapes sur la main, le bras ou la jambe plus de trois fois par année. Ce qui est loin de la moitié des enfants qui vivent des violences physiques au quotidien!

Écrit par Mariève Paradis

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