Famille

Retourner au travail, mais pas à n’importe quel prix

« Il est si petit! », « Il va m’oublier! »... La ronde infinie des « et si… » avec ses mille suppositions, voilà ce qui se bouscule dans la tête des mamans qui voient venir la fin de leur congé de maternité.

« Il est si petit! », « Il va m’oublier! » et la ronde infinie des « et si… » avec ses mille suppositions et interrogations, voilà ce qui se bouscule dans la tête des mamans qui voient venir la fin de leur congé de maternité ou encore pour qui l’heure du retour à la vie de travailleur approche. Pas évident de gérer tout cela. Pour certaines femmes, le compromis a été de retourner au boulot, mais pas à n’importe quel prix. Voici comment elles ont fait!

Retourner travailler? Absolument. À n’importe quel prix? Jamais. Des mamans et des papas l’ont compris. On a voulu vous raconter des histoires inspirantes de mères qui ont décidé de poser certaines limites. Elles ont fait des compromis pour être plus à l’aise dans tous leurs rôles préférant prévenir les coups durs plutôt que d’encaisser – souvent à grands coups de fatigue, de surmenage et de santé vacillante – les contrecoups d’une trop grande performance.

Travailler pour vivre et non, vivre pour travailler. Retourner, mais pas à n'importe quel prix... voilà la conciliation à laquelle en sont venues plusieurs mamans.

Liberté de choisir
Parfois, avant de reprendre le collet au bureau, certaines ont retourné maintes et maintes fois la situation dans tous les sens. Auraient-elles aimé rester à la maison avec les enfants? La plupart y ont songé. Certaines ont prolongé leur congé ou ont modifié leur horaire de travail. Devenir maman teinte la perspective du boulot d’une nouvelle couleur. Jamais plus ce ne sera comme avant. « J’y ai pensé, bien sûr. Mais comme mon travail me permet une certaine liberté au niveau de l’horaire, j’y suis retournée. Et puis, l’indépendance financière que j’ai récupérée avec mon retour au travail n’est pas à négliger », estime Julie, maman d’Antoine, 18 mois.

L'histoire de Julie, maman de Claudia, 9 mois
Je suis une assistante dentaire de profession. Enceinte de ma fille, je me fixais pour but d’être une maman à la maison. Alors que Claudia a 3 mois, j’ai une offre très intéressante dans une clinique dentaire dans ma région. Un bon salaire, un horaire tout de même décent, pourquoi pas? Je tente le coup. Après seulement deux jours, je pleurais à chaudes larmes dès que j’avais une minute de libre. Ma fille était pourtant entre de bonnes mains, je n’avais aucune raison de m’inquiéter. Elle se faisait garder chez ma mère. Je me mourrais d’ennui. Je voulais MON BÉBÉ! Tant pis! J’ai laissé tomber l’opportunité. J’ai trop besoin de ma fille, elle est trop petite encore…

Plus le temps passe, plus l’angoisse du retour au travail me prend. Pour des raisons de santé, je ne peux plus travailler en clinique dentaire, et pour des raisons monétaires, je ne peux me permettre de rester à la maison. Où et surtout, en quoi vais-je donc travailler? Quel casse-tête!
Début janvier 2006, le téléphone sonne. C’est la gérante d’une pharmacie de ma région qui appelle. Elle a un emploi de technicienne en laboratoire à me proposer. Vingt-cinq heures semaine. Je n’ai aucune base dans ce domaine : pas de problème, on me formera sur place! Essayons, et on verra si j’aime ou pas.

À ce moment-là, Claudia avait sept mois et demi. Est-ce que le fait qu’elle soit un peu plus vieille m’a sécurisée? Sûrement. Elle commençait à être consciente de nos départs et nos arrivées. Elle était très à l’aise de se faire garder par ma mère. Mes horaires flexibles et surtout, contrairement à ceux d’une clinique dentaire, ne débordant pas, me sécurisent aussi. Je sais que si je dois terminer à cinq heures, à cinq heures une, je serai dans l’auto! Je sais aussi que si je dois m’absenter pour ma fille, il y aura quelqu’un pour me remplacer sans problèmes.

Il ne s’agissait donc que de quelques petites règles élémentaires pour faire le retour au travail idéal. Horaires stables, proximité, sécurité, des petites choses simples, mais une fois combinées ensemble, font toute la différence lors du fameux retour au travail!

Se créer un travail
Devenir travailleur autonome ou faire du télétravail fait miroiter de belles possibilités aux mamans-travailleuses. En effet, la possibilité d’éviter les embouteillages, les frais reliés au transport et la cohue des matins pressés est alléchante. Mais attention aux pièges aussi. Travailler à la maison demeure quand même exigeant. Rigueur, organisation et heures de travail nombreuses sont aussi à prévoir. Mais pour les mamans qui se sont lancées, les avantages demeurent plus grands que les pépins.

Nos expériences à Mamanpourlavie.com...

Après mon congé de maternité et la perte de mon emploi, j’ai compris que c’était le temps ou jamais de me lancer à la pige. En établissant mes horaires, j’ai pu éviter les courses du matin à ma fille et à moi aussi! Je peux couper ma journée en deux pour aller à l’heure du conte avec elle. Je profite de ses siestes pour faire mes téléphones et pour avancer des dossiers demandant plus de concentration. Quand mon conjoint arrive du bureau, le souper est fait et on est prêt pour du temps en famille. Toutefois, il n’est pas rare que je travaille le soir ou le week-end pour terminer certains contrats. Mis à part des contrats de quelques semaines, je ne retournerai pas sur le marché du travail conventionnel à temps plein avant son entrée à l’école. Ce que je gagnerais de plus en salaire, je le perdrais en qualité de vie de famille et personnelle. C’est impensable pour moi présentement. Une qualité de vie ne se monnaie pas.
Nadine, journaliste à Mamanpourlavie, maman d’Adèle, 3 ans et enceinte de 24 semaines

Après avoir tenté de concilier travail et famille pendant presque 5 ans, j’ai fait un gros, gros burn-out! J’ai dû me remettre sérieusement en question : le travail à temps plein à l’extérieur, les enfants, le conjoint, la maison et tout ce que ça implique… Il fallait couper quelque part, faire des choix. Ma santé et celle des autres membres de la famille aussi en dépendaient! C’est le travail qui a écopé! Je n’en pouvais plus de la course contre la montre matin et soir et de toutes les frustrations qui en découlaient. Aujourd’hui, je travaille de chez moi, j’organise mon horaire en fonction du rythme de la maisonnée. Je peux même me permettre de faire un peu de bénévolat à l’école! C’est sûr que je travaille souvent le soir quand les enfants sont couchés et que des portions de weekend y passent aussi, mais je ne retournerais sur le marché du travail externe pour rien au monde… Ou presque!
Sonia, journaliste à Mamanpourlavie, mère de François 7 ans et de Frédérique 10 ans.

La perspective de travailler à la maison est tentante et, malheureusement, les arnaqueurs l’ont aussi compris. Dans les journaux, sur Internet et sur les babillards, beaucoup proposent de faire des gains très intéressants, voire même fabuleux! Soyez prudentes avant de vous lancer! Souvent, on vous demande de défrayer certains frais de départ pour acheter le matériel nécessaire en utilisant votre carte de crédit. Attention… danger! Avant d’accepter ou de laisser vos coordonnées confidentielles, vérifiez si l’entreprise a pignon sur rue, si elle possède un permis, si elle peut vous envoyer un dossier d’information plus détaillée, s’il est possible de parler à différentes personnes du réseau, etc. La vigilance s’impose.

Avoir droit de dire « C’est trop »
Une opportunité géniale, une offre alléchante ou un défi à réaliser, qui pourrait refuser? On saute sur l’occasion, certaine que si on la refusait, on s’en mordrait les doigts pendant des années. Mais il arrive que la proposition du siècle ne nous convienne pas vraiment. Ou encore ne convienne plus à nos nouvelles valeurs. Il faut alors savoir dire « Je me suis trompée » ou « C’est trop pour moi ». Mais abdiquer n’est pas coutume chez bien des mamans qui jonglent avec boulot, marmots et maisonnée. Un fort sentiment d’échec les suit comme un nuage noir qui obscurcit leur vie. Toutefois, pour son bien-être physique et moral, pour une vie de couple et de famille plus épanouie, des limites doivent être établies. Et respectées.

L’histoire de Solène Bourque, maman de Ariane, 3 ans et de Thomas, 1 an, montre que la maternité nous amène à revoir constamment nos priorités, et ce, même si on croyait bien se connaître.

J’ai toujours eu beaucoup de plaisir et de valorisation à travailler. Mais après les enfants, ma vie a pris tout à coup une autre dimension. Travailler, oui! Mais aussi profiter de mes enfants! Je suis devenue chargée de cours au Cégep. C’était le job rêvé, le parfait équilibre que je recherchais. Mais - il y a souvent des mais - je m’étais toujours dit, en tant que psychoéducatrice, que j’étais certaine que la maternité changerait à jamais ma façon d’intervenir avec les parents et les enfants. Je n’avais jamais pu le constater par moi-même et un doute subsistait dans mon esprit. Un projet s’est présenté à moi. Un emploi intéressant, à temps partiel, mais dans un milieu tout de même assez performant et exigeant. Je ne pouvais pas passer à côté! Mais ça ne m’a pris que quelques semaines, et plusieurs événements déstabilisants dans ma vie, pour que je réalise que ce n’est pas ce que je voulais faire à long terme, ni pour moi, ni pour les enfants. Je suis heureuse d’avoir tenté le coup, mais je serai heureuse de retrouver mon emploi souple de chargée de cours en septembre prochain! Comme quoi la maternité m’a vraiment changé, mais pas où je le croyais.

ND - révision septembre 2008

 

Introspection 101 d’une maman

Mon retour au travail est prévu pour dans quelques semaines. J’ai lu de nombreux articles concernant la conciliation travail/famille, je tente de vivre cette nouvelle situation avec philosophie, etc. De nombreux petits plats sont congelés, mon fiston a débuté son intégration à la garderie, et ce, malgré une recherche intense, mon employeur m’attend les bras ouverts, mon conjoint sait à quoi s’attendre, mais… Ce tout petit mot me suit partout, m’accompagne dans mes plus profondes pensées. Une petite douleur traverse également ma poitrine. Hé oui, j’ai peur!!! Comment puis-je vivre avec cette perspective? De nombreuses questions traversent mes pensées depuis quelques jours. Et si je manquais un exploit, une nouvelle culbute, une drôle de grimace? Mon petit bambin deviendra-t-il une simple connaissance rencontrée entre 5 et 7 heures du soir? Deviendrais-je la personne-ressource que l’on appelle seulement lorsqu’une grosse fièvre surgira? Serais-je aussi performante dans mon domaine professionnel que je l’étais avant mon départ? Est-ce que j’ai toujours cette fougue face aux dossiers qui m’attendent? Bref, plus mes angoisses ressurgissent plus les questions, que je pourrais qualifier d’existentielles, s’enfargent dans mon esprit. Depuis plus d’une année, j’occupe le rôle de MAMAN. Celui-ci m’était bien inconnu au départ, mais "j’ai sauté dedans" par une belle soirée du mois de mai où un petit visage bleuté est apparu sur mon ventre à l’hôpital. J’étais prête à faire cette belle rencontre, sans l’ombre d’un doute. Depuis, non seulement j’occupe ce rôle à 100 %, mais la jeune femme professionnelle en moi s’est légèrement endormie pour quelques mois. Mon retour au travail m’importune, me rebute, mais en même temps m’excite, me motive. Je sens un combat intérieur entre la femme et la mère, entre la jeune professionnelle et la maman attentive. Malgré toutes les belles lectures, les bons conseils, il me semble que peu d’entre eux traitent des peurs et des questionnements émotifs qu’engendre cette situation. Après coups, ce texte présent se révèle libérateur. Vous pouvez le considérer comme étant introspectif, mais je suis certaine que de nombreuses jeunes mamans vivent avec ce poids sur les épaules. Je pourrais avoir tous les trucs possibles pour faire de cette conciliation travail/famille un succès, mais comment est-il possible de se débarrasser de cette angoisse? Il faut que j’en convienne je ne suis plus la même femme depuis cette rencontre avec un petit garçon il y a de cela déjà près de 12 mois.
Maryse P., Une maman pour toujours, avril 2007

Aujourd’hui quand on parle du rôle de mère on parle souvent de deux choix possibles, soit le travail ou la maison, le travail afin d'être une femme accomplie et la maison afin de veiller au bien-être des enfants, mais il y a une autre alternative intéressante, la maison à temps partiel et le travail à temps partiel. Pourquoi tout un ou tout l'autre? Pourquoi se sentir mal d'aller travailler 40h par semaine et de laisser le soin de nos enfants à d'autres et pourquoi se sentir isolée du monde en restant à la maison? Moi, j'ai décidé de rester à la maison le lundi, mardi et vendredi, et de travailler le mercredi, jeudi, samedi et dimanche, ainsi je respecte les disponibilités requises afin de conserver mon ancienneté et mes privilèges au travail, ce qui m'assure une sécurité financière et une vie un peu plus confortable, et je consacre du temps à mes enfants. Le mercredi et jeudi, elles vont dans un CPE de qualité, elles peuvent ainsi voir d'autres enfants de leur âge, faire des activités nouvelles auxquelles je n'aurais pas pensé et la fin de semaine elles passent du temps avec leur papa à la maison. Je crois que notre famille à trouver son équilibre, on partage les tâches, les activités, il faut faire quelques concessions, mais passer du temps à voir grandir nos puces en vaut la peine. Chaque famille trouve quelque part son bonheur et quelle qu'en soit la façon, l'important c'est de toujours penser à l'équilibre pour que la famille reste unie. Voilà mon opinion sur le sujet.
Kathy M., Une maman fière d'être à la maison et une femme heureuse de travailler un peu, septembre 2007

 

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