Garderies

Accès prioritaire aux garderies pour les familles plus défavorisées

« Les familles qui ont des revenus et qui travaillent devraient avoir moins accès que ceux qui restent à la maison. » selon Jean-François Chicoine, pédiatre, Hôpital Sainte-Justine de Montréal.

« Les familles qui ont des revenus et qui travaillent devraient avoir moins accès que ceux qui restent à la maison. » selon Jean-François Chicoine, pédiatre, Hôpital Sainte-Justine de Montréal.

C’est ainsi que s’exprimait le réputé pédiatre dans un éditorial prononcé dans le cadre de l’émission Indicatif Présent à la Première Chaîne de Radio-Canada en 2003. Ce n’est pas que le docteur Chicoine veut empêcher les familles mieux nanties d’utiliser les services de garde publics, c’est plutôt qu’il prône un accès prioritaire aux garderies pour les familles plus défavorisées.

« Les parents chômeurs devraient avoir un accès prioritaire à la garderie. C’est étonnant ce que je dis, mais, si vous êtes dans un milieu de chômage, de monoparentalité, de pauvreté extrême; si vous êtes des immigrants récents ou des réfugiés, vous avez besoin d’une sécurité affective pour vos enfants et les milieux où il y a du stress, les milieux où il y a de la cigarette, le syndrome alcoolo fœtal, où il y a des plus petits poids de naissance vont avoir des enfants qui vont être un peu plus hyperactif, des enfants qui vont avoir beaucoup de stress, beaucoup plus de problèmes de comportement et ces enfants-là vont apprendre (mieux) dans un système de garde et les parents aussi, secondairement, vont apprendre grâce à l’adéquation affective que leurs enfants vont avoir. »

Cette position rejoint en tout point celle exprimée par la professeure Ercilia Palacio-Quintin* du département de psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières qui a longuement étudié l’influence des services de garde sur le développement cognitif et affectif de l’enfant. La professeure Palacio-Quintin qui a examiné de près 200 études portant sur le phénomène des garderies affirme que l’enfant plus défavorisé retirera de grands bienfaits d’un séjour prolongé en garderie. « Les enfants qui ont une relation d’attachement insécurisante avec la mère et qui ont fréquenté la garderie manifestent moins de retrait social lorsqu’ils entrent à la maternelle et en première année que ceux qui n’ont pas eu d’expérience de garde. Dans ce cas, la garderie joue même un rôle compensatoire. »

Les deux spécialistes se rejoignent également sur l’importance d’investir massivement dans les services de garde pour augmenter la qualité des services qui y sont offerts, surtout en renforçant la formation des éducatrices. Plus les éducatrices ont une bonne formation, plus le service de garde est stimulant et plus l’enfant, qu’il soit favorisé ou défavorisé, en retire des bienfaits.

« Les études sur le rôle de la qualité de la garderie dans le développement de l’enfant sont unanimes : plus la qualité globale de la garderie est bonne, plus sa fréquentation est favorable au développement de l’enfant. » (professeure Palacio-Quintin)

«Il est plus important de former les gardiennes que de former les éducatrices au primaire, au secondaire ou même à l’université parce que ce n’est pas n’importe qui qui peut garder des enfants.» (Dr Jean-François Chicoine)

Mais le docteur Chicoine qui s’est prononcé publiquement sur les garderies à plusieurs occasions va plus loin dans son propos. Il incite les parents à s’interroger sur la nécessité de confier son enfant à un service de garde sous prétexte que le deuxième salaire est nécessaire à la famille. Sa réflexion repose sur des constats qu’il a faits en se penchant sur des cas d’enfants qui avaient des problèmes qui découlent, selon lui, d’une insécurité affective.

« Envoyer son enfant à la garderie n’est pas un droit, c’est un privilège. C’est un privilège qu’une société se donne, qu’une famille se donne. À partir du moment où un des deux parents travaille, il faut concevoir que le droit de l’enfant à avoir une éducation et un encadrement à sa hauteur est une priorité absolue qui va au-dessus du droit du deuxième parent de travailler. (…) vous imaginez que dans un service de garde où il y a trois ou quatre gardiennes dans la première année de votre vie qui vont se succéder, vous ne pouvez pas développer, comme enfant, une relation (d’attachement). (…) Dans la plupart des cas. Il va y avoir des troubles de comportement dont on va plus ou moins s’occuper. (…) Tout ça vient d’un problème dans la relation d’attachement qui est faite durant les 3 premières années. » Dr Jean-François Chicoine

Quand vient le temps d’évaluer la pertinence ou carrément la nécessité de retourner sur le marché du travail et ainsi avoir recours à un service de garde, il est bon de se poser toutes les questions avant d’enclencher le processus. Est-ce que mon enfant va souffrir de cette séparation? Est-ce que je peux m’assurer de trouver LE meilleur service de garde possible? Est-ce que je pourrai compenser mon absence en lui donnant du temps de qualité? C’est un pensez-y-bien même si les études réalisées sur cette question tendent à prouver que l’enfant sort gagnant d’une fréquentation de la garderie. « La majorité des problèmes qu’on voit dans notre société ne sont pas dus à la violence à la télé, ils sont dus au fait que les enfants sont mal sécurisés affectivement dans leurs premières années de vie. » Dr Jean-François Chicoine.

* Pour plus de détails sur cette étude, lisez l'article Stimulantes, les garderies?

Pour lire l'éditorial du Dr Jean-François Chicoine livré à la Première chaîne de Radio-Canada, cliquez ici.

SC, Dernière révision, août 2006

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