Sécurité

La sécurité des enfants

Et d’abord, est-ce nécessaire d’aborder la question de la sécurité avec lui? Est-il trop jeune pour comprendre?

La sécurité d’abord

Ce que nous voulons tous comme parent, c’est que notre enfant se sente en sécurité, peu importe où il se trouve. On doit donc aborder cette question avec eux sans crainte d’inculquer des peurs, mais plutôt comme si on construisait une boîte à outils dont il pourra se servir en cas de besoin.

Même s’il faut attendre que notre enfant ait 4 ou 5 ans avant d’avoir une réelle conversation sur le sujet avec lui, on peut dès son tout jeune âge lui inculquer des bases de sécurité. Ainsi, on lui apprendra à écouter son instinct et à exprimer son malaise quand il est dans des situations où il ne se sent pas bien. On respectera son besoin de ne pas aller dans les bras de gens qu’il le connaît pas, on lui permettra d’apprivoiser tout doucement en notre compagnie les nouvelles personnes qui s’ajoutent à son entourage (nouvelle éducatrice ou gardienne par exemple).

Et règle de base à retenir en sécurité avec les enfants de moins de 7 ans : la supervision continue. On ne doit jamais laisser un enfant sans surveillance dans un lieu public ou dans la voiture, ne serait-ce que pour une minute. Les jeunes enfants ont des réactions imprévisibles et sont peu conscients du danger, ce qui les rend très vulnérables. Et c’est notre responsabilité comme parent de voir à leur sécurité.

Comment aborder la question?

Dès que l’enfant peut saisir certaines notions de danger, on peut avoir lui une conversation adaptée à son niveau de compréhension sur les dangers auxquels il peut faire face lorsqu’il n’est pas sous la surveillance d’un adulte de confiance.

Voici quelques conseils prodigués par Enfant-Retour Québec afin de discuter sécurité avec notre enfant.

  • On aborde le sujet de manière positive et calme, comme on discuterait des procédures en cas de feu ou des règles de sécurité à vélo.
  • On utilise des mots courts et simples, auxquels l’enfant peut s’identifier.
  • On donne des consignes claires et appropriées à l’âge de l’enfant, en gardant le ton léger et amusant.
  • Et finalement, on profite de situations quotidiennes (par exemple, une promenade dans le quartier, les vacances scolaires, une sortie au cinéma, etc.) pour renforcer les concepts de sécurité déjà vus et pour en présenter de nouveaux.
Bien outiller notre enfant face aux autres 

Notre enfant grandit et ne pourra pas être toujours sous notre aile? Voici quelques trucs qui nous aideront à remplir sa boîte à outils en matière de sécurité :

  • On se donne un code secret qu’on pourra transmettre à une personne moins connue de notre enfant qui doit aller le chercher en cas d’urgence. Ainsi, il saura que sans code secret, il ne quitte avec personne d’autre que les gens qu’il connaît bien.
  • On identifie avec notre enfant des endroits sécuritaires où il peut aller en cas de besoin : le dépanneur du coin ou la maison d’un voisin qu’on connaît bien par exemple. Certaines villes ont encore des organisations Parents-Secours très actives.
  • Un enfant a tendance à faire davantage confiance à quelqu’un qui l’appelle par son prénom, alors il est important qu’on identifie les effets de notre enfant à un endroit non visible de l’extérieur. Pour que notre enfant reconnaisse facilement son sac ou son vêtement, on peut utiliser un symbole à l’extérieur de celui-ci pour l’identifier et on inscrit son nom uniquement à l’intérieur.
  • On donne des consignes claires et précises à notre enfant. Par exemple, s’il revient seul de l’école, on lui demande de passer toujours par le même trajet sécuritaire qu’il connaît bien, d’éviter les ruelles, de traverser aux intersections avec brigadier.
  • On encourage notre enfant à jouer dehors ou à se déplacer en présence d’un ami (ce que Enfant-Retour Québec appelle le système de copains). C’est beaucoup plus sécuritaire en cas de blessure ou de danger.
  • Si quelqu’un tente de l’attirer vers lui ou de le prendre de force, on lui dit de crier : « Ce n’est pas mon papa, ce n’est pas ma maman! » plutôt que de simplement crier « Non! ». Combien d’enfants avons-nous vus en crise dans les bras d’un adulte? Et la plupart du temps, nous croyons qu’ils sont dans les bras de leur parent et nous n’intervenons pas.
  • On peut aussi faire de petits scénarios où on lui demande de nous dire comment il réagirait dans cette situation. Enfants avertis nous décrit ici les ruses classiques utilisées par les prédateurs d’enfants. On peut utiliser ces informations afin de construire de petits scénarios à présenter à notre enfant et ainsi vérifier ses réflexes et connaissances.
  • On demande à notre enfant d’utiliser l’équation de sécurité de Enfant-Retour Québec (voir encadré plus bas)
Le mythe de l’étranger

On a souvent tendance à demander à notre enfant de ne pas parler aux étrangers et à faire une totale confiance aux gens de son entourage, mais les statistiques démontrent malheureusement que la majorité des actes criminels commis envers les enfants le sont par une personne proche d’eux. 

Et le danger avec la crainte de l’étranger, c’est que notre enfant refuse l’assistance qu’on lui offre. Dans un lieu public, une personne inconnue pourrait être d’une grande aide si notre enfant se blesse ou se perd par exemple. On doit donc lui apprendre à ne pas craindre tous les inconnus, mais plutôt à se fier à certains signaux qui lui diront si cette personne est digne de confiance ou non. Si l’inconnu veut s’éloigner avec lui, ou l’emmener en auto, il ne doit pas la suivre, mais s’il appelle le 9-1-1 et reste sur place à ses côtés, c’est un comportement sécuritaire.

L’équation de la sécurité (Enfant-Retour Québec)

1. Ai-je une bonne impression? (écouter son système d’alarme)
2. Mes parents sauront-ils où je me trouve? (demander la permission)
3. Est-ce que je pourrai obtenir de l’aide en cas de besoin? (système de copains)

Cet organisme a aussi publié deux brochures à imprimer qui peuvent nous servir d’aide-mémoire en matière de sécurité pour les enfants.

Finalement, face aux gens de son entourage (enseignant, entraîneur, gardienne ou membre de la famille) ou aux inconnus, on doit guider notre enfant à développer une certaine vigilance. À écouter son instinct et les signes qui lui démontrent qu’il ressent un malaise (nœuds dans l’estomac, frisson, tremblements, etc.). En quel cas, on lui donne la permission de s’affirmer et dire non. Et surtout, on l’invite à nous parler s’il ne se sent pas bien en présence d’une personne. Nous sommes la base de la sécurité et de la confiance de notre enfant, il doit savoir qu’on aura l’ouverture pour écouter ce qu’il a à nous dire.


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