Santé

Les droits des élèves dyspraxiques

Les élèves dyspraxiques sont atteints d’un handicap invisible à l'œil nu, mais lourd de conséquences sur leurs apprentissages. Ils ont heureusement des droits que nous vous résumons ici.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît ce handicap depuis plus de trente ans. Au Québec, au sein d’un même gouvernement, deux ministères traitent ce handicap différemment. Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) le reconnaît, tandis que le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) tarde toujours à le reconnaître. Pourtant la dyspraxie est une atteinte d’ordre neurologique comparable à d’autres handicaps du même type pourtant reconnu par le MELS, notamment la dysphasie.

Reconnaissance du diagnostic

Selon l’article 10 de la Charte des droits et libertés de la personne, les enfants dyspraxiques ont droit à la reconnaissance de leurs diagnostics. L’absence de reconnaissance de ce diagnostic par le MELS constitue une discrimination au sens de cette même Charte.

Témoins de la non-reconnaissance du diagnostic et des nombreuses difficultés rencontrer quotidiennement par les élèves dyspraxiques dans le cadre d’une pseudo-intégration scolaire, nous constatons que l’absence de mesures particulières et adaptées à cette problématique spécifique cause un préjudice sur les apprentissages des enfants atteints de dyspraxie.

La politique d’adaptation scolaire date de 1999. Onze ans se sont écoulés suite à l’adoption de cette politique et pourtant peu de mesures concrètes sont mises en place pour supporter l’enseignement adapté tel que requis par les enfants handicapés.

Avoir et prendre les moyens

Bien que l’intégration des enfants dyspraxiques en classe régulière avec des services adaptés à leur condition soit un idéal souhaitable, les écoles publiques sont loin d’avoir les moyens nécessaires pour adapter l’enseignement et le matériel à ces élèves. Certaines écoles font bien l’effort de mettre en place des arrangements spéciaux, cependant ceux-ci ne sont pas adaptés et n’arrivent pas à satisfaire efficacement aux besoins des élèves dyspraxiques. Ce qui nous amène à constater que la situation actuelle est non profitable pour ces enfants.

Le regroupement de certains enfants dyspraxiques notamment ceux qui démontrent des difficultés graves d’apprentissage ne pose pas de problème à leur intégration au milieu scolaire. Au contraire, la situation qu’ils vivent actuellement est nettement plus dommageable.

Ces élèves handicapés sont souvent tournés au ridicule par les autres élèves étant donné que leur handicap n’est pas apparent, mais qu’il occasionne chez ces enfants des retards de compréhension des messages, des difficultés d’organisation et des retards d’exécution des tâches.

Une dure réalité

Actuellement et malgré la politique d’adaptation scolaire, la réalité n’est nulle autre que l’enseignement régulier n’a ni les ressources ni le personnel requis pour satisfaire les besoins éducatifs particuliers des élèves dyspraxiques. Pour les enseignants du parcours régulier, il est impossible d'individualiser ou d'adapter leur enseignement en fonction des besoins individuels des élèves dyspraxiques.

Les enseignants se retrouvent avec des classes de plus ou moins 28 élèves et parmi ceux-ci un ou des enfants dyspraxiques. Soyons réalistes, les élèves dyspraxiques ont besoin de services adaptés pour l’ensemble des tâches qu’ils ont à effectuer et aucun enseignant dans ces conditions ne peut répondre à leurs besoins et peu savent comment le faire. Dans ces conditions, aucun enseignant n’a le temps de décortiquer chacune des tâches, de les adapter.

Plusieurs de ces élèves dyspraxiques présentent des difficultés importantes d’apprentissage. Actuellement ces enfants ne bénéficient pas des conditions nécessaires pour réussir à l’enseignement régulier, celui-ci allant beaucoup trop vite pour eux et n’était pas adaptés à leurs besoins.

Et la loi?

Au sens de la Loi sur l’instruction publique, les dispositions touchant les élèves handicapées stipulent que toute personne a droit, dans le cadre des programmes offerts par la commission scolaire, aux autres services éducatifs, complémentaires et particuliers, prévus dans la présente loi. Malheureusement la réalité est tout autre. Bien souvent les rares enfants dyspraxiques ayant l’aide particulière d’une éducatrice ( quelques heures semaines) se font refuser l’accès aux services en orthopédagogie sous prétexte qu’ils ont déjà un service. L’éducatrice doit être en support à l’enseignant pour adapter le matériel, bien trop souvent les enfants sont vus en individuels par une éducatrice qui reprend les notions académiques. Pourtant l’éducatrice n’a pas les compétences en adaptation scolaire pour enseigner de façon adaptée. Le rôle de ces personnes est souvent mal défini.

Selon l’article 47 de la Loi sur l’instruction publique, la direction de l’école est responsable de l’attention accordée à la réalisation du plan d’intervention.

Il est donc important de connaître le handicap particulier de ces élèves afin de pouvoir élaborer des programmes éducatifs qui leur conviennent.

Il est souhaitable que dans un avenir rapproché, la dyspraxie soit reconnue comme étant un handicap à besoins spécifiques et particuliers, en milieu scolaire.

Par Sylvie Breton, vice-présidente de l’AQED et co-auteure de Mon cerveau ne m’écoute pas. Comprendre et aider l’enfant dyspraxique. 

Association québécoise pour les enfants dyspraxiques 

Mon cerveau ne m'écoute pas! : comprendre et aider l'enfant dyspraxique
Sylvie Breton, France Léger.
Montréal : Éditions du CHU Sainte-Justine, 2007.
ISBN : 9782896190812, 14,95 $


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