Santé

La dyspraxie : conséquences sur le quotidien

La dyspraxie étant un trouble du « comment faire » de nouvelles activités, elle entraîne presque inévitablement des conséquences sur la vie quotidienne des enfants qui en sont atteints.

Si l’enfance se caractérise par la diversité des apprentissages amenée par la vie de tous les jours, elle se transforme rapidement, pour l’enfant dyspraxique, en une période de souci constant pour savoir comment faire chaque geste. En raison de la maladresse motrice et de la lenteur d’exécution qui sont présentes chez l’enfant dyspraxique, celui-ci ne parvient pas à réaliser les activités propres à son âge au même rythme, de la même façon et au même moment que les autres enfants. Pour lui, les activités quotidiennes deviennent un défi souvent considérable et requièrent plus longtemps l’accompagnement de l’adulte.

Dès la petite enfance, l’enfant dyspraxique est susceptible de rencontrer des obstacles au développement de son autonomie et à son épanouissement à travers le jeu. Plus tard, avec l’entrée à l’école, d’autres problèmes apparaissent puisque les exigences d’autonomie se multiplient. En général, on observe des incapacités variées dans plusieurs domaines : activités de la vie quotidienne, tâches domestiques, intégration scolaire, participation aux loisirs, comportement et relations interpersonnelles.

Voici des exemples d’observations que l’entourage des enfants dyspraxiques, parents ou enseignants, peut relever à travers différentes activités du quotidien. Il est important de préciser qu’un enfant dyspraxique ne présente pas nécessairement toutes ces caractéristiques et que chaque enfant a ses particularités.

Activités de la vie quotidienne et domestique
  • Nutrition
  • Est malhabile avec les ustensiles qu’il append tardivement à utiliser.
  • Renverse fréquemment les boissons et la nourriture.
  • Mâche la bouche ouverte ou a des difficultés de mastication.
  • Ne parvient pas à ouvrir les contenants, les aliments préemballés, la boîte à goûter.

Habillage

  • Localise mal la manche d’un chandail ou la jambe d’un pantalon.
  • Ne maîtrise pas les attaches : nœuds, boucles, fermoirs ou boutons.
  • Ne sait pas dans quel ordre mettre ses vêtements.
  • S’habille plus lentement que les autres enfants et requiert plus longtemps l’aide de l’adulte.

Soins personnels

  • Acquiert difficilement la propreté.
  • Est maladroit au brossage de dents ou pour se moucher.
  • A de la difficulté à utiliser la douche.

Rangement

  • Ne range pas ses effets personnels.
  • Perd ou brise ce qui lui appartient.

Déplacements

  • Peut éprouver de la difficulté dans les escaliers.
  • Peut tomber ou se frapper aux objets.

Jeu et loisirs

  • Évite les jeux de construction, les activités graphiques et répète souvent les mêmes jeux.
  • Tend à s’isoler ou à observer les compagnons plutôt que de jouer avec eux.
  • Participe peu à des activités de loisirs extérieures.
  • Suit difficilement les règles du jeu dans des activités de groupe.
  • Évite les activités sportives de groupe ou de compétition.

Comportement

  • A souvent une pauvre estime de lui-même.
  • Vit de l’anxiété et de l’insécurité devant la nouveauté.
  • Se désorganise facilement et fréquemment.

Relations interpersonnelles

  • A peu d’amis, vit de l’isolement.
  • Entre maladroitement en relation avec les autres, ne respecte pas les règles sociales.
  • Réfère souvent à l’adulte et éprouve le besoin d’être rassuré.

En somme, il faut retenir que la dyspraxie entraîne des limites dans le « comment faire » qui se répercutent dans l’ensemble des activités quotidiennes de l’enfant. Ainsi, non seulement l’acquisition de l’autonomie se fait habituellement plus tard, mais l’enfant dyspraxique nécessite aussi plus longtemps l’aide de l’adulte et aura besoin que son entourage sache doser les exigences envers lui de sorte qu’il ne soit pas constamment en situation d’échec.

Par France Léger, ergothérapeute
France Léger est ergothérapeute au Centre de réadaptation Estrie auprès des enfants depuis 15 ans. Elle a développé une expertise particulière auprès de la clientèle dyspraxique, autant en intervention de réadaptation qu'en consultation auprès des milieux scolaires. Elle participe également à un projet de recherche-action pour outiller les intervenants scolaires. Siège sur le C.A. de l'AQED à titre de consultante experte.

Association québécoise pour les enfants dyspraxiques 

Mon cerveau ne m'écoute pas! : comprendre et aider l'enfant dyspraxique
Sylvie Breton, France Léger.
Montréal : Éditions du CHU Sainte-Justine, 2007.
ISBN : 9782896190812, 14,95 $

France Léger

France Léger est ergothérapeute au Centre de réadaptation Estrie auprès des enfants depuis plus de 20 ans. Elle a développé une expertise particulière auprès de la clientèle dyspraxique, autant en intervention de réadaptation qu'en consultation auprès des milieux scolaires. Elle participe également à un projet de recherche-action pour outiller les intervenants scolaires. Elle siège sur le C.A. de l'AQED à titre de consultante experte.


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