Santé

L'ostéopathie et les problèmes d'allaitement

L’allaitement est maintenant reconnu comme la meilleure méthode d’alimentation des bébés. De fait, au Québec, le taux d’allaitement est passé de 60 % en 1998 à 85.1 % en 2005. Les mères sont donc de plus en plus nombreuses à consulter lorsque les difficultés se présentent. L’ostéopathie est une bonne façon de les aider.

Comme nous l’avons expliqué dans un précédent texte, l’ostéopathie est une médecine douce basée sur la finesse de la palpation du thérapeute, une connaissance approfondie de l’anatomie humaine et une recherche de la cause de la maladie ou de la problématique rencontrée. L’ostéopathe est en quête des restrictions de position, mobilité et vitalité des différents tissus de l’organisme, et vise, par des manipulations douces et précises, à rétablir ces aspects du vivant. Comme ces corrections sont faites de façon douce, et toujours dans le respect du corps, ce en étant constamment à l’écoute des moindres changements dans les tissus, l’ostéopathie est une méthode thérapeutique idéale pour traiter les nouveau-nés. C’est en traitant celui-ci que nous pouvons aider à résoudre les problèmes d’allaitement.

Les avantages de l’allaitement

Les avantages de l’allaitement maternel sont bien documentés. Le lait maternel est adapté aux besoins du nouveau-né, supporte son système immunitaire donc le protège de multiples maladies, il plait à l’enfant, se digère facilement, est très nourrissant, contient ce qu’il faut de protéines, lipides, glucides, vitamines et minéraux, et il est gratuit!

Il est bien reconnu que c’est de la succion du bébé que dépend la réussite de l’allaitement. C’est donc selon nous de ce côté qu’il faut chercher la solution. Les cas où une mère ne peut pas allaiter sont très rares, mais les bébés qui ont une mauvaise succion se rencontrent fréquemment. Ainsi, nous croyons que les bébés ayant une succion déficiente ne peuvent pas bien prendre le sein, n’arrivent pas à en tirer le lait, donc ne stimulent pas la production de lait chez la mère. En dégageant les structures responsables mécaniquement et neurologiquement de la succion, l’enfant peut améliorer sa succion et ainsi arriver à prendre le sein, donc à permettre la réussite de l’allaitement.

La succion

Plus précisément, la succion est un réflexe qui met en jeu plusieurs nerfs crâniens et périphériques, qui contrôle la langue, les lèvres, le palais, la mâchoire et les joues. Lors de l’accouchement, ces structures peuvent être compressées, déplacées, affectées, et perturber ainsi le déroulement normal de la succion, donc de l’allaitement. L’ostéopathe peut corriger ces différentes lésions, et permettre le retour à la fonction normale.

Lorsqu’un bébé n’arrive pas à ouvrir assez grand la bouche, à bien placer ses lèvres ou encore à bien utiliser sa langue pour comprimer le mamelon de la mère, il ne peut pas stimuler correctement la production de lait. La mère peut alors avoir l’impression de « manquer de lait ». Elle pourrait aussi ressentir de la douleur due à l’impossibilité pour l’enfant d’avoir une bonne prise du sein.

Position idéale de l’allaitement

Par ailleurs, avant de chercher de ce côté lorsqu’on éprouve des problèmes d’allaitement, il faut revenir à la base, c’est-à-dire au positionnement. On s’entend pour dire que la plupart des problèmes d’allaitement peuvent être grandement aidé par un meilleur positionnement. Les règles de base sont les suivantes :

  • D'abord, la mère doit être assise confortablement;
  • Le bébé doit toujours être à la hauteur du mamelon, et être face au sein. Il ne doit pas avoir à tourner la tête pour atteindre le sein. Normalement, on s’entend pour dire que son oreille, son épaule et sa hanche doivent être sur même ligne horizontale;
  • La mère doit toujours amener le bébé vers son sein, et non son sein à la bouche du bébé. Cette simple précaution peut faire la différence entre allaitement confortable et allaitement douloureux;
  • Le bébé doit ouvrir très grand la bouche, comme s’il bâillait. Cette grande ouverture de la bouche va permettre au bébé de prendre une grande partie de l’aréole dans sa bouche, et non seulement le mamelon. S’il prenait seulement le mamelon, la mère ressentirait de la douleur et le bébé n’obtiendrait pas le maximum de lait, donc ne stimulerait pas une production lactée optimale;
  • La langue du bébé devrait avancer assez loin : on devrait la voir si on abaisse sa lèvre inférieure;
  • Les lèvres supérieure et inférieure du bébé doivent être retroussées.

Quand toutes ces règles sont respectées, et que le problème persiste, il peut être intéressant de consulter un ostéopathe pour voir si l’enfant est physiologiquement capable de se positionner correctement. Parfois, le simple fait de dégager les articulations de la mâchoire permet au bébé d’ouvrir la bouche plus grande, donc de corriger la mise au sein, d’augmenter la production de lait et de diminuer la douleur chez la mère.

Conséquences de l’accouchement

Une autre chose à considérer : les interventions lors de l’accouchement. De très nombreuses études ont étudié les impacts des diverses interventions possibles lors de l’accouchement. Certaines de ces études ont aussi vérifié le lien entre ces interventions et l’allaitement. Une tendance générale s’en dégage : plus naturel est l’accouchement, mieux semble se dérouler l’allaitement, qui dure ensuite plus longtemps. Par exemple, l’induction du travail (par administration d’ocytocine synthétique) augmente la force des contractions, ce qui accroît la pression sur le bébé, donc augmente les risques de moulage crânien, d’asymétrie crânienne ou de désalignement de la base du crâne. Il peut donc y avoir perturbations des fonctions nerveuses et des structures impliquées dans l’allaitement. L’utilisation de la ventouse obstétricale ou des forceps peut aussi entraîner le même genre d’effet. Des manipulations crâniennes en ostéopathie peuvent aider à résoudre ces problèmes.

Bref, l’allaitement est un processus complexe qui peut être influencé par plusieurs facteurs, par exemple la succion du bébé, le positionnement pour l’allaitement ou encore la longueur du frein de langue du bébé. Il faut donc bien connaître ces facteurs, savoir les évaluer et les corriger si nécessaire. L’intervention en ostéopathie dans le cadre des problèmes d’allaitement peut certainement s’inscrire dans une collaboration avec d’autres spécialistes pouvant agir sur ces différents aspects du problème.

Références

Frymann V. (1998). «Cerebral dysfunction: Prevention and treatment in the light of the osteopathic concept», in The colleted papers of Viola M. Frymann, DO: Legacy of osteopathy to children. Indianapolis, American Academy of Osteopathy.

KROEGER, M. and SMITH, L. J. (2004) Impact of Birthing Practices on Breastfeeding: Restoring the Mother-Baby Continuum, Boston, MA, Jones & Bartlett Publishers.

MALO, C. (2008) L’impact du traitement ostéopathique sur le réflexe de succion et la prise de poids du nourrisson ayant des troubles d’allaitement. Thèse présentée au CEO, Montréal.

MOHRBACHER, N. et STOCK J. (1999). Traité de l’allaitement maternel. Charlemagne, Québec. Édité par la Ligue La Leche.

ROYAL COLLEGE OF MIDWIVES (2003). Physiologie de la lactation et soutien aux mères. Paris, Éditions Masson.

WOLF S. L. et GLASS P. R. (1992) Feeding and swallowing disorders in infancy, assessment and management. San Antonio, Texas, Éditions therapy skill builders.

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