Santé

Une consommation modérée peut transmettre l'alcoolisme à l'enfant

Les femmes enceintes qui boivent, même modérément, pourraient bien transmettre le penchant pour la bouteille à leur progéniture.

Les femmes enceintes qui boivent, même modérément, pourraient bien transmettre le penchant pour la bouteille à leur progéniture. Des chercheurs australiens font état de cette récente découverte dans le numéro de septembre du Journal de l'Association médicale américaine, après avoir suivi 2138 jeunes du moment de leur conception jusqu'à l'âge de 21 ans. Ceux dont la mère avait bu, ne serait-ce que trois consommations en une seule occasion, au début de leur grossesse, courent 2,5 fois plus de risques de contracter une dépendance à l'alcool avant l'âge de 18 ans. « C'est une étude d'une grande importance, affirme Gideon Koren, professeur de pédiatrie à l'Université de Toronto. Elle démontre que même une très faible quantité d'alcool, tôt dans la grossesse, peut avoir un impact sur le développement de l'enfant. »

Dans le confort du giron maternel, le petit chérubin en devenir passe les huit premières semaines de son existence à se fabriquer une enveloppe charnelle. Dès la cinquième semaine, le cerveau et le coeur sont déjà en action. Les résultats présentés par Rosa Alati, de l'Université de Queensland, indiquent que la présence d'alcool à ce moment crucial du développement pourrait modifier l'expression de plusieurs gènes utilisés dans la construction du système mésolimbique. Cette partie du système nerveux est reconnue pour sa participation au développement de la dépendance chez l'adulte, parce qu'elle contrôle directement les circuits de conditionnement et de récompense de l'être humain. Des tests effectués sur des rats en 2005 avaient d'ailleurs mis la puce à l'oreille des chercheurs. Les rongeurs qui avaient été exposés à de l'alcool in utero ont recherché cette substance activement durant leur adolescence, contrairement à leurs congénères traités « à l'eau ».

Capacité d'apprentissage

Qui plus est, tout comme pour les enfants observés, leur dépendance était accentuée lorsqu'on les exposait à une quantité élevée et subite d'alcool plutôt qu'à une dose plus faible, mais régulière. L'être humain, certes, s'est vu doter d'un système nerveux bien semblable à celui des autres mammifères. Mais c'est sa capacité d'apprentissage unique qui fait ajouter au Dr Koren d'importants bémols aux récents résultats. «Les femmes qui boivent durant la grossesse vont très souvent continuer à boire après, confie le chercheur. On ne peut alors différencier une dépendance physiologique d'un simple mauvais exemple parental.» Alors, quand, où et comment doit-on consommer durant la grossesse? « J'ai posé la question à plusieurs médecins et ils m'ont tous répondu "avec modération". Mais ils m'ont tous donné des quantités différentes », explique Marianne Giguère, une jeune enseignante montréalaise qui attend l'arrivée imminente de la cigogne. Dans le doute, elle s'est abstenue et a troqué sa gueuze favorite contre de la Beck à 0 %.

Selon Santé publique Canada, l'ensemble des troubles causés par l'alcoolisation foetale (ETCAF) touche environ 300 000 personnes au Canada. Des personnes de tout âge peuvent être atteintes et il n'existe aucun traitement pour l'enrayer.

Source : La Presse, 6 sept 2006

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