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Sautes d’humeur : Que sont-elles et comment les gérer?

Tout le monde connaît sa part de sautes d’humeur. Qui n’a pas réagi – ou mal réagi – aux stress du quotidien comme la circulation routière, un patron exigeant ou une attente interminable dans le bureau de son médecin ?

Tout d’un coup, notre humeur peut virer de bonne à irritable, sinon coléreuse.

Lors d’une présentation donnée dans le cadre du Women’s Health Matters Forum & Expo 2008 à Toronto, le Dr Anthony Levitt, psychiatre au Women’s College Hospital, a affirmé que le terme « saute d’humeur » était tellement courant que 90 pour cent de ses auditrices affirmeraient sans doute en avoir eu une au cours des 24 dernières heures.

Les sautes d’humeur sont toutefois une affaire bien différente quand elles sont associées à une maladie mentale, et il ne faut pas les ignorer.

Santé mentale et sautes d’humeur

Lorsqu’elles sont associées à une affection psychiatrique, les sautes d’humeur peuvent être accablantes. Les deux sortes de sautes d’humeur les plus fréquentes sont les changements d’humeur (telle l’irritabilité) et les accès de colère.

« Ces changements peuvent être dévastateurs, tant pour l’individu que pour ses proches », a dit le Dr Levitt.

Les sautes d’humeur peuvent être déclenchées par toute une gamme de situations, et elles reflètent des changements réels dans l’état émotionnel de la personne. Les accès de colère sont l’expression soudaine d’une émotion négative et se produisent typiquement en réponse à un déclencheur.

Dans le contexte de la maladie mentale, les trois sortes de sautes d’humeur les plus fréquentes sont :

  • la dépression
  • le trouble bipolaire
  • le syndrome prémenstruel (SPM) ou le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM)
Plus que les « bleus »

Lorsqu’une personne souffre de dépression, l’irritabilité est souvent le seul changement d’humeur qui se produit, mais son impact peut être terrible, a expliqué le Dr Levitt.

Très souvent, l’irritabilité de la personne déprimée est dirigée contre ses proches. Le problème, c’est que nous sommes tous irritables parfois, donc il est difficile pour l’objet du mauvais comportement de prendre du recul et d’être objectif. Nous avons envie de dire : « Arrête de chigner. On est tous irritables des fois et on vit avec. »

Cependant, pour la personne déprimée, l’irritabilité est comme un moteur qui tourne à plein régime et qui est difficile à arrêter, a insisté le Dr Levitt.

« C’est malheureux. L’irritabilité est terriblement négligée comme symptôme de dépression. »

Les deux tiers des personnes atteintes de dépression connaissent des accès de colère, mais ce n’est que depuis 10 ans que ce phénomène est exploré dans la littérature scientifique. Il reste que les accès de colère se produisent typiquement chez les personnes atteintes de la pire forme de dépression, a fait valoir le Dr Levitt.

C’est un symptôme qui peut exacerber la dépression en provoquant l’aliénation de ses proches et des conflits familiaux, ainsi qu’un risque potentiellement accru de pensées suicidaires, partiellement à cause de l’aliénation.

Le traitement repose entre autres sur la thérapie cognitivo-comportementale (on fait le lien entre ses pensées et ses sentiments) et la psychothérapie interpersonnelle (on apprend à gérer ses relations).

Les médicaments sont efficaces pour traiter la dépression et ses symptômes, mais ils risquent également d’être une source d’irritabilité. Ces effets doivent être surveillés de près par un médecin, et il est important que le patient soit conscient de ses changements d’humeur, a dit le Dr Levitt.

Trouble bipolaire

Le trouble bipolaire se caractérise par d’intenses sautes d’humeur entre la manie et la dépression. Contrairement au portrait présenté dans la presse populaire et au cinéma – où la manie est dépeinte comme un état de bonheur rehaussé – ce n’est pas le cas. Elle est souvent très difficile à supporter et s’accompagne d’une irritabilité intense, a précisé le Dr Levitt.

Le traitement du trouble bipolaire peut s’avérer très complexe parce que les symptômes ressemblent à ceux d’autres maladies physiques. Il est donc important d’écarter toutes les causes possibles avant de poser un diagnostic de trouble bipolaire.

Le traitement repose le plus souvent sur des médicaments, notamment les psychorégulateurs, et/ou la psychothérapie.

SPM et TDPM

Les accès de colère sont les changements d’humeur les plus fréquemment associés au SPM et au TDPM, et ils sont associés à un sentiment de perte de contrôle. Le SPM toucherait environ 40 pour cent des femmes en âge de procréer, alors que le TDPM serait présent chez 3 à 5 pour cent des femmes ayant encore leurs règles. Contrairement au SPM, les symptômes du TDPM sont très sévères et risquent de perturber complètement la vie des femmes touchées.

Pour traiter le TDPM, on peut avoir recours à des thérapies psychologiques et nutritionnelles, ainsi qu’à des modifications de son mode de vie et à des médicaments.

Pour s’en sortir

Il est important de déterminer le schéma de ses sautes d’humeur en identifiant leur fréquence, leur durée et la gravité des épisodes.

Selon le Dr Levitt, il importe également de déterminer la fragilité et la variabilité de ses sautes d’humeur et d’en parler ensuite avec son médecin de famille ou son psychiatre. L’irritabilité et les accès de colère sont des symptômes graves d’un trouble de l’humeur qui passent souvent inaperçus, mais il est possible de les traiter.

Femmesensante.ca

Cet article est fourni par les spécialistes de la santé des femmes du Women’s College Hospital. Pour en savoir plus sur la santé des femmes, consultez : Femmesensante.ca. © 2000-2013 Women's College Hospital.

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