Femme

Aider une amie à quitter un conjoint violent

Si une amie venait vous dire que son conjoint la maltraite, l’aideriez-vous? Une femme sur dix pense pourtant que ses amis ne la croiraient même pas.

Non seulement certaines femmes victimes de violence ont elles peur que les autres ne les croient pas, certaines ont même peur que leurs proches les empêchent de partir du nid familial. C’est ce qui est ressorti d’une étude menée par la Fondation canadienne des femmes. On y a aussi appris qu’un Canadien sur quatre a déjà essayé d’aider une femme victime de violence conjugale à quitter son conjoint.

La peur

Nous avons déjà abordé la question de la violence conjugale. Elle est sournoise et vile, qu’elle soit aussi bien physique que psychologique, financière ou sexuelle. Les femmes qui en sont victimes ont souvent vécu dans un environnement malsain tellement longtemps qu’elles sont convaincues qu’au moins une partie de la situation qu’elles vivent est de leur faute. Les remords, la culpabilité et le doute font en sorte qu’elles ne parlent pas de cette situation qu’elles subissent en silence. Parfois, elles espèrent que le conjoint violent se calme en vieillissant, parfois c’est la police qui règle la question après un appel des voisins. D’autres fois, c’est l’ambulance qui met un sinistre terme à l’affaire. On peut supposer que plusieurs de ces femmes qui ne parlent pas et préfèrent tenter de changer les choses toutes seules font partie des 13 % de répondantes qui ont avoué avoir peur que leurs proches ne les croient pas.

Quand les femmes parlent enfin

Il arrive quand même que les femmes victimes de violence parlent puisqu’un Canadien sur quatre dit avoir déjà essayé d’aider une femme victime de violence conjugale à quitter son conjoint. C’est donc le quart des Canadiens qui ont été au courant d’une situation de violence d’un proche.

Ces chiffres démontrent trop bien que les femmes ont perdu confiance en leur entourage et ne sauraient pas vers qui se tourner pour parler de situations qui pourraient pourtant les mettre en danger. C’est donc à nous, amis, amies, oncles, tantes, cousins, cousines et autres proches de nous ouvrir aux confessions et d’éviter de douter des propos de gens pour qui nous comptons.

 

Quelques chiffres

  • La majorité des Canadiennes rapporteraient en premier la violence physique (55 %) et la violence sexuelle (56 %) à la police ou à d’autres représentants des autorités.
  • Près de la moitié (43 %) des répondantes ne croient pas que leur service des RH au travail les croirait si elles rapportaient être victimes de violence.
  • Près d’un tiers (31 %) des Canadiennes disent que le fardeau financier que les procédures judiciaires représenteraient pour leurs amis et leur famille les empêcherait probablement de rapporter une situation de violence.
  • Un autre tiers (31 %) des Canadiennes disent que le fait de voir leur histoire révélée au public, à leurs amis et aux membres de leur famille serait susceptible de les empêcher de rapporter une situation de violence.
Aider

Les victimes ne vous en parleront peut-être pas deux fois, et si elles trouvent le courage de vous parler, c’est qu’elles croient que vous êtes une personne de confiance qui pourra les aider. Quand une amie ose vous parler de ce qu’elle vit, écoutez-la, respectez-la et aidez-la à trouver des ressources. Il est aussi important d’être à l’écoute de ce qu’elle aimerait faire une fois qu’elle aura quitté son conjoint. Certaines ont des solutions très précises en tête et leur « plan d’évasion » est généralement pensé en fonction des habitudes du conjoint qu’elles veulent quitter.

Si vous croyez qu’une personne est victime de violence, mais qu’elle ne vous en a pas encore parlé, portez attention à ses moindres faits et gestes et à d’éventuels « accidents » un peu trop bizarres ou répétitifs. Peut-être que son conjoint la surveille et l’empêche de chercher de l’aide.

D’ailleurs, tout en aidant votre amie, n’oubliez pas de vous protéger vous-même et évitez de communiquer par écrit. Souvent, les conjoints violents contrôlent la page Facebook et les courriels et pourraient voir vos interactions comme une trahison et mettre la sécurité de votre amie et la vôtre en péril.

Si vous ne voyez pas d’issue, n’hésitez pas à en parler avec un professionnel qui vous donnera des outils pour la soutenir. Le YMCA de votre région est un bon endroit où commencer, les groupes d’entraide aux personnes victimes de violence aussi. Ce n’est pas qu’une question de coups et de sécurité, c’est avant tout une question d’amitié et de solidarité.

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