Grossesse/Maternité

Les sages-femmes

Le 5 mai est la journée internationale des sages-femmes. Qui de mieux que la présidente de l’Ordre des sages-femmes pour éclaircir certains aspects de la profession? Elle a répondu à nos questions!

Qui sont les sages-femmes aujourd'hui?

« Elles sont des professionnelles de la santé vers lesquelles les femmes enceintes peuvent prendre contact pour leur suivi de grossesse. Depuis 1999, la profession est légalisée, donc c’est depuis ce temps que notre ordre professionnel a été mis sur pied. Les sages-femmes membres de l’Ordre ont toutes leur permis qui est en fait la reconnaissance d’aptitude à pratiquer. »

Définition internationale de la sage-femme

"Une sage-femme est une personne qui a suivi un programme de formation de sage-femme reconnu dans son pays, a réussi avec succès les études afférentes et a acquis les qualifications nécessaires pour être reconnue ou licenciée en tant que sage-femme. Elle doit être en mesure d'assurer la supervision et de donner les soins et les conseils nécessaires, à la femme enceinte, en travail et en période post-partum, d'aider lors d'un accouchement sous sa propre responsabilité et prodiguer les soins au nouveau-né et au nourrisson. Ces soins incluent des mesures préventives, le dépistage des conditions anormales chez la mère et l'enfant, le recours à l'assistance médicale en cas de besoin et l'exécution de certaines mesures d'urgence en l'absence d'un médecin. La sage-femme joue un rôle important en éducation sanitaire, non seulement pour les femmes, mais aussi pour la famille et la communauté. Son travail doit inclure l'éducation prénatale et la préparation au rôle de parent, et doit s'étendre dans certaines sphères de la gynécologie, de la planification familiale et des soins à donner à l'enfant. La sage-femme peut pratiquer en milieu hospitalier, en clinique, à domicile ou en tout autre endroit où sa présence est requise."

Source : Pratique des sages-femmes: Recommandations ministérielles, Gouvernement du Québec, 1998

Que prônent les sages-femmes?

Les sages-femmes ont une vision de la grossesse et de la naissance comme des événements dans la vie des femmes. Nous les percevons comme étant « normaux ». On ne se cache pas la tête dans le sable en disant qu’il n’y a aucun risque ou qu’aucune complication ne peut survenir, mais il reste qu’on met tout en œuvre dans le suivi pour permettre à l’événement de se poursuivre « normalement ».

Quelques aspects de la pratique des sages-femmes

La pratique des sages-femmes est basée sur le respect de la grossesse et de l’accouchement comme processus physiologiques normaux, porteurs d’une signification profonde dans la vie des femmes.

Les sages-femmes reconnaissent que l’accouchement et la naissance appartiennent aux femmes et à leur famille. La responsabilité des professionnelles de la santé est d’apporter aux femmes le respect et le soutien dont elles ont besoin pour accoucher avec leur pouvoir, en sécurité et dans la dignité.

Les sages-femmes encouragent les femmes à faire des choix quant aux soins et services qu’elles reçoivent et à la manière dont ceux-ci sont prodigués. Elles conçoivent les décisions comme résultant d’un processus où les responsabilités sont partagées entre la femme, sa famille (telle que définie par la femme) et les professionnelles de la santé. Elles reconnaissent que la décision finale appartient à la femme.

Les sages-femmes respectent le droit des femmes de choisir leur professionnelle de la santé et le lieu de l’accouchement, en accord avec les normes de pratique de l’Ordre des sages-femmes du Québec. Les sages-femmes sont prêtes à assister les femmes dans le lieu d’accouchement de leur choix (maison de naissance, centre hospitalier et à domicile).

Source : http://www.osfq.org 

Quels sont les enjeux de la pratique sage-femme?

« L’accessibilité des services pour la clientèle est un des enjeux des sages-femmes. Présentement, on peut dire que la demande est plus grande que l’offre. Il y a des finissantes au baccalauréat en pratique sage-femme à Trois-Rivières qui terminent, mais qui n’ont pas d’emploi. Les sages-femmes ne pratiquent pas en privé, elles sont donc à la merci des postes offerts dans les établissements afin de répondre aux besoins de la clientèle grandissante.

Aussi, quand la loi a été approuvée en 1999, elle mentionnait que les femmes pourraient avoir le choix du lieu de naissance. L’accouchement à domicile est maintenant possible et deux centres hospitaliers, Hôtel-Dieu de Lévis et l’hôpital de LaSalle, permettent aux sages-femmes de pratiquer des accouchements. C’est un long processus pour entrer dans les milieux hospitaliers. Il faut qu’une entente soit établie avec le centre pour que les sages-femmes puissent y aller. De plus en plus, les sages-femmes auront accès à des espaces différents. »

Comment se déroule un suivi avec une sage-femme?

« Une femme peut être suivie dès le début de sa grossesse. Au début, les rencontres de 45 minutes en moyenne se déroulent une fois par mois. À partir de 32 semaines, la sage-femme et le couple se rencontrent toutes les deux semaines, puis, à la 37e semaine, chaque semaine. Le suivi par une sage-femme est un service du réseau de la santé, il n’y a donc aucuns frais pour autant qu’on soit couvert par le régime d’assurances maladie du Québec.

Les sages-femmes effectuent le suivi obstétrical, prennent les paramètres normaux (hauteur utérine, poids, etc.), font les examens et demandent une échographie au besoin ou selon le désir des parents. Lors des rencontres, la sage-femme échange beaucoup avec la femme et le couple sur leurs besoins, leurs préoccupations, les amène à bien vivre la grossesse et les prépare à la venue d’un enfant dans leur famille. La sage-femme prend en compte plus globalement la grossesse et la naissance comme étant une expérience à vivre. Ensuite, le suivi se poursuit 6 semaines après la naissance. »

Y a-t-il un conflit entre les sages-femmes et les médecins?

« Non, pas vraiment. L’opposition est de moins en moins tangible. Les professions apprennent à mieux se connaître. Nous avons une vision différente de la naissance. Notre façon de percevoir les risques est aussi différente. Au fond, le bout de la lunette par lequel nous voyons la naissance qui n’est pas pareil. Est-ce qu’on pense aux 85 % des grossesses qui se déroulent normalement ou aux 15 % qui présentent des risques? Cela ressemble un peu au verre d’eau, à moitié vide ou à moitié plein »

Quelles sont les limites de la pratique sage-femme?

« Si par le suivi et la prise des paramètres de croissance, la sage-femme remarque, par exemple, qu’il y a un risque d’accouchement prématuré, elle peut diriger sa patiente à un autre spécialiste. Mais dès que tout redevient normal, elle poursuit le suivi. Si la patiente doit accoucher à l’hôpital, la sage-femme peut l’accompagner aussi sans être l’intervenante principale. Par contre, il faut dire qu’il y a assez d’équipement dans les maisons de naissance pour effectuer certaines interventions (comme placer un soluté s’il y a un saignement après l’accouchement), mais pas trop non plus. »

Pourquoi les femmes se tournent-elles vers les sages-femmes?

« Beaucoup se rendent compte qu’elles ont besoin d’être supportées dans toutes les étapes menant à la naissance. Alors, la sage-femme devient la professionnelle la mieux placée pour les suivre pendant leur grossesse. Il va sans dire, même si tout se passe normalement, cela ne signifie pas qu’on n’a pas besoin de s’en occuper. Certaines femmes ont déjà accouché en milieu hospitalier avec un médecin et là elles désirent vivre une nouvelle expérience où elles pourront s’impliquer davantage. La moitié de notre clientèle est enceinte pour la première fois. Pour elles, être enceinte n’est pas une maladie, alors elles ne désirent pas aller à l’hôpital. Souvent, une amie ou une connaissance leur a parlé du suivi avec une sage-femme.

Je pense aussi que l’approche de la sage-femme, la continuité des soins et la relation plus personnalisée qui s’établit avec l’intervenante y sont pour beaucoup dans le choix des femmes qui se tournent vers les sages-femmes. »

Si une femme désire être suivie par une sage-femme, que doit-elle faire?

« Il y a 11 maisons de naissance. Les femmes qui désirent obtenir les services d’une sage-femme peuvent contacter les maisons de naissance directement. S’il n’y a pas de maisons de naissance dans sa région, elle peut tout de même faire une demande à son agence régionale afin de demander l’accès à ce service. »

Ressources

Regroupement des sages-femmes du Québec 514-738-8090Ordre des sages-femmes du QuébecAssociation canadienne des sages-femmesBaccalauréat en pratique sage-femme

Image de Sonia Cosentino

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