Enfant

Le besoin d'affirmation des enfants

Dès les premiers instants de sa vie, l’enfant commence à s’affirmer. Il lance ainsi ses premiers cris et balbutiements comme s’il souhaitait en réalité dire : « C’est moi, me voici! Je suis ici et j’ai besoin de vous! »

L’affirmation de soi : c’est quoi?

L’affirmation de soi, pour l’enfant comme pour l’adulte, c’est avoir la capacité d’exprimer ses opinions, ses sentiments, ses besoins. Et on le sait : qui arrive à exprimer clairement ses sentiments a de bonnes prédispositions au bonheur. La personnalité de votre enfant est en constant développement et il est primordial de l’encourager à s’émanciper. En effet, dès le plus jeune âge, il forge sa confiance en lui et sa capacité à s’affirmer. Le monde n’est pas de tout repos : il n’y a qu’à voir les tristes statistiques à propos de l’intimidation à l’école. Bien entendu, on souhaite qu’il soit le mieux outillé possible, non seulement pour se défendre, mais aussi pour aider les autres. Car on le sait : pour imposer le respect aux autres, il faut se respecter soi-même.

Le besoin d’affirmation chez le nourrisson

Mais comment arriver à communiquer toutes ces choses lorsqu’on ne maîtrise pas encore la parole? Pour le nourrisson, l’affirmation de soi passe bien évidemment par les pleurs et par les cris. Il a faim, il a chaud, il est inconfortable : à cet âge, l’enfant est honnête envers lui-même et s’il se trouve dans une situation qui l’incommode, il n’hésitera pas à le faire savoir à son parent (et parfois, à tout le quartier!) À mesure qu’il vieillit, ce besoin d’affirmation va en grandissant et ces vagues d’émotions peuvent parfois être difficiles à gérer, à comprendre et à contrôler pour votre tout-petit. Il peut lui arriver de se frapper, ou encore de frapper autrui. Lorsqu’il joue avec d’autres enfants, il se fâche beaucoup, ne veut pas partager ses jouets, peut même voler ceux de ses amis. Ce genre de comportements peut vous choquer, voire vous apeurer. Vous vous dites : « Mon enfant est méchant! » Mais en vérité, ce que veut réellement dire votre bébé, c’est « J’existe! »; et ce qu’il veut véritablement faire, c’est prendre sa place.

La petite terreur!

Et il grandit, et on se console : lorsqu’il sera en mesure de mettre des mots sur ce tsunami d‘émotions, les choses seront plus faciles. Commence alors la fameuse phase du « non ». Non : il ne veut pas manger, il n’a pas besoin d’aller à la toilette, il ne veut pas prendre son bain et il ne veut, mais alors pas du tout, faire dodo. Non : il ne dira pas bonjour à la visite, ne vous embrassera pas, ne dira pas son nom, ne jouera pas avec les autres… Et no… noui, il prendra un yogourt. Les exemples sont infinis.

Il veut faire tout, tout seul, comme les grands. Paradoxalement, c’est lors de ces démonstrations d’indépendance qu’il réclamera le plus votre attention, recherchera votre approbation. Par exemple, au parc, il refuse que vous lui teniez la main, mais il a besoin de sentir votre regard sur lui. Ainsi, si vous discutez avec une copine, il aura tendance à vous appeler sans cesse, à crier même. C’est sa façon de vous montrer qu’il a besoin de votre soutien.

Une mise en garde devient une invitation. Si vous l’empêchez de faire quelque chose, vous pouvez être assurée qu’il tentera de franchir l’interdit dès que vous aurez le dos tourné. Il désire en effet faire ses propres expériences. Curieux, à l’affût, il veut tout découvrir de ce que le monde a à lui offrir.

Comment l’accompagner dans ces changements?

Mais ces bravades peuvent parfois mener à des accidents : alors, comment accompagner votre enfant à travers tous ces changements? En effet, il n’est pas toujours évident de guider, sans brimer.

Il faut offrir à l’enfant un environnement calme, sécurisant. Jouez avec lui : il faut le féliciter lorsqu’il réalise de bons coups, mais il est aussi important de lui faire savoir lorsqu’il dépasse les bornes.

Il est important de l’encourager, de le soutenir dans tout ce qu’il entreprend. Prendre le temps de regarder ses dessins avec lui; réviser ses contrôles à ses côtés, etc. Bien entendu, on le félicite dans ses bons coups et, en cas d’échecs, on prend le temps de s’informer de lui, on demande comment il se sent. On encourage toujours l’enfant à parler de ses émotions : c’est là que se trouve en effet la clé de l’affirmation de soi. Aucun sentiment ne devrait être dénigré : certaines situations peuvent paraître anodines pour l’adulte, mais pour l’enfant, il en va tout autrement. Ainsi, chaque occasion est bonne pour demander l’avis de votre enfant : on lui enseigne ainsi à moduler ses « non » et à mettre des mots sur ses émotions.

L’enfant-roi

Bien sûr, vous voulez qu’il s’épanouisse, et vous faites tout en votre pouvoir pour qu’il se sente aimé, apprécié, soutenu, intelligent… Mais vous ne voulez pas en faire un enfant-roi : c’est pourquoi il est primordial que votre enfant connaisse les limites. Surtout que c’est à travers des balises claires, au sein d’un cadre solide, qu’il s’épanouira le mieux. Il est ainsi crucial que vous respectiez votre parole. S’il n’a pas honoré les termes de votre entente, et que vous lui aviez souligné qu’il y aurait une conséquence, assurez-vous qu’il y en ait véritablement une.

Le respect des autres commence par le respect de soi, ce qui est la meilleure voie vers l’estime de soi. Il n’y a malheureusement pas de recette magique, et tous les enfants sont différents, uniques : et c’est précisément cette unicité qu’il faut célébrer. Et souvenez-vous : vous êtes le premier modèle de votre enfant et il n’est jamais trop tard pour travailler sur sa propre estime de soi.

Image de Marie-Eve Bourassa

Autrice, scénariste, rédactrice et chroniqueuse.


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