Désir d'enfant

La pression de concevoir rapidement

La décision d’avoir un enfant nous confronte parfois dans notre impatience de devenir parent. Est-ce que vous vous mettez de la pression pour devenir enceinte?

Beaucoup de couples qui tentent d’avoir un enfant pensent qu’une relation sexuelle complète sans contraception égale automatiquement conception. Ainsi, après quelques mois d’essais infructueux, l’inquiétude arrive rapidement. Mais biologiquement, est-ce qu’il est justifié de s’en faire autant? Voici notre point de vue sur la question.

Bon! Il faut dire que nos derniers articles ont été très orientés sur la chimie pour comprendre la fertilité. Dans ce papier, parlons biologie.

Problème de « conception »

Pour vous mettre en contexte, nous nous permettons de vous parler de Fertilité Infertilité Accompagnement. Il s’agit d’un service où nous prenons le temps de rencontrer les couples pour les aider dans leurs démarches médicales en fertilité. Lors de ces rencontres, nous nous rendons souvent compte que les gens surestiment beaucoup leur chance de concevoir à chaque cycle. Leur conception de « l’efficacité » de l’appareil reproducteur humain est très optimiste. Ce qui est dommage, c’est que quand la conception n’est pas rapide, ils deviennent inquiets alors que ce n’est pas nécessairement justifié.

La taxonomie

En biologie, on divise les êtres vivants en règnes, embranchements, classes, ordres, familles, genres et espèces. C’est la taxonomie. Par exemple, l’abeille est du règne animal. Dans ce règne, il y a l’embranchement des arthropodes. Dans cet embranchement, il y a la classe des insectes. Dans cette classe, il y a l’ordre des hyménoptères. Dans l’ordre des hyménoptères, il y a la famille des apidés où on trouve Apis mellifica (genre espèce). Votre chat domestique est un animal, de l’embranchement des vertébrés, de la classe des mammifères, de l’ordre des carnivores, de la famille des félidés et son nom genre espèce est Felis silvestris.

Loup, humain, orignal, gorille…

Laissez-nous maintenant vous présenter 5 espèces : l’orignal, le loup, le chimpanzé, le gorille et l’humain.

Comme vous le voyez, l’être humain est un primate hominidé comme les chimpanzés et les gorilles. Détails omis sur cette image : les chimpanzés et les gorilles sont des primates particulièrement proches de l’être humain. En fait, le matériel génétique partagé entre l’homme et le chimpanzé est de plus de 98 %; la bifurcation aurait eu lieu il y a moins de 5 millions d’années, ce qui, en terme d’évolution, est plutôt récent. Les gorilles, quand à eux, aurait pris une tangente il y a environ 10 millions d’années. Sur une note humoristique, mesdames, si vous ne comprenez pas toujours votre conjoint, dites-vous bien qu’en ayant 1 chromosome complet de différence avec lui, soit le chromosome Y, votre conjoint est, en terme strict de l’homologie de l’ADN, pas beaucoup plus loin d’un mâle gorille que de vous!

Le loup et l’orignal ont des poils et allaitent leurs petits comme les humains et les grands singes. Ce sont donc des mammifères. Ils ne font cependant pas partie de l’ordre des primates.

OK, mais où est-ce que tu t’en vas?

La raison pour laquelle nous vous expliquons tout cela est simple. Nous voulons simplement illustrer clairement que notre biologie, comme être humain, ressemble plus à celle des autres primates, et moins à celle d’un cervidé comme l’orignal ou d’un canidé comme le loup. Bien sûr, comme mammifère, il y a toujours un niveau de similitude, mais du point de vue de la stratégie de reproduction, les pongidés sont un bon modèle pour étudier, sans que la comparaison soit parfaite, les origines d’Homo sapiens.

Stratégie de reproduction chez l’orignal

Les orignaux mâles vivent d’ordinaire seuls. Le mâle et les femelles (les mâles s’accouplent avec plusieurs femelles) ne passent que quelques jours ensemble tout au long de l’année pendant la période de reproduction qui commence à la mi-septembre. Dans des conditions idéales pour l’alimentation, 90 % des femelles deviennent gravides (enceintes) après une période de temps plus courte que le cycle menstruel d’une femme.

Stratégie de reproduction chez le loup

Chez les loups, les mâles et les femelles vivent ensemble en meute. Cependant, il n’y a que la femelle dominante et le mâle dominant d’une meute qui s’accouplent. Ils le font pendant une période qui dure à peine trois semaines vers la fin de l’hiver. À ce moment, le mâle immédiatement subordonné au dominant harcèle ce dernier plus intensément. Il peut même aller jusqu’à réussir à s’accoupler avec la femelle dominante; ce qui lui donne une chance d’avoir une descendance. Un peu comme chez les orignaux, les femelles dominantes sont pratiquement toutes gravides (enceintes) au terme de la période de rut.

Stratégie de reproduction chez nos cousins les grands singes

Quant à eux, les chimpanzés vivent en groupes qui occupent un territoire défini. Les groupes peuvent compter jusqu’à plusieurs dizaines d’individus. Les mâles en âge de se reproduire ont accès à toutes les femelles fécondes du groupe et vont même s’accoupler avec des femelles des groupes voisins. Les accouplements ne durent que quelques secondes. Une femelle réceptive peut successivement accepter plusieurs mâles.

Chez les gorilles, la situation est un peu similaire aux chimpanzés : il y a un mâle dominant (le dos argenté), mais les femelles acceptent également d’être saillies par d’autres mâles du groupe. Chez les gorilles, l’absence des menstruations (aménorrhée) causée par la lactation peut durer 2 ans et demi. Comme chez les chimpanzés, en moyenne, il faut 3 cycles avant que la femelle soit gestante. Vous voyez que c’est déjà très différent des cervidés et des canidés!

Et moi alors?

Si vous lisez ce texte, c’est que vous êtes un Homo sapiens! Dans un contexte où vous tentez de procréer avec un seul partenaire, le taux de conception par cycle est d’environ 25 % si vous avez tous les deux moins de 30 ans et ne dépasse pas 15 % si vous avez tous les deux plus de 35 ans. Bref, l’orignal nous fait mal paraître! Comment cela est-il possible?

Comparons les stratégies pour se reproduire

Il faut comprendre que la stratégie de reproduction de l’orignal a évolué pour ne profiter que d’une période de l’année très courte. Et c’est la même chose pour plusieurs artiodactyles. Chez plusieurs ongulés d’ailleurs, les femelles n’acceptent de s’accoupler qu’une seule fois! Bref, la qualité du sperme subit une pression de sélection incroyablement élevée comparativement aux primates qui eux, s’accouplent tout au long de l’année. Autrement dit, chez les orignaux, si le sperme a le moindre problème, il y a un impact direct sur sa capacité à laisser une descendance. Réciproquement, les animaux ayant un sperme au pouvoir fécondant exceptionnel laissent une descendance plus abondante et variée ce qui fait que le pouvoir fécondant du sperme est élevé chez cette espèce.

C’est un peu la même chose chez les loups. Imaginez la pression de sélection qui s’exerce pour la qualité du sperme chez un mâle subordonné au dominant qui n’aura peut-être qu’une seule chance dans toute sa vie d’avoir une descendance en ravissant la femelle dominante au mâle dominant ne serait-ce qu’un court laps de temps. Les mâles pour qui le pouvoir fécondant des spermatozoïdes n’est pas au rendez-vous ne laissent tout simplement pas de descendants et leur défaillance s’éteint dans l’évolution de l’espèce.

Chez les primates pongidés, la pression de sélection s’organise autrement. Un peu comme pour les humains, les femelles sont fécondes toutes les 3 semaines environ. Le succès reproducteur et le défi de laisser une descendance relèvent plus de la capacité à inventer des outils, à défendre son territoire, à communiquer efficacement ce qu’ils ont appris à la génération suivante.

Qui gagne?

Personne! En terme biologique, toutes ces espèces, dont la nôtre, sont des gagnantes, car elles existent encore et les individus se reproduisent encore. Même si des stratégies de reproduction différentes sont adoptées par ces différentes espèces, le résultat final est similaire. Si vous remarquez bien, en moyenne, les chimpanzés et les gorilles prennent trois cycles à concevoir; on peut donc raisonnablement penser que 90 % des femelles qui étaient fécondes au début de l’année sont enceintes ou gestantes à la fin de l’année; tout comme les orignaux ou les loups! Les moyens sont simplement différents.

L’humain, le seul grand primate monogame

Pour les humains, ce qui est particulier d’un point de vue biologique (et là, comprenez bien qu’il n’est aucunement question de valeurs ou de morale ou encore moins de pratiques religieuses ici), c’est la monogamie. En étant monogame dans ses comportements reproducteurs, l’être humain semble avoir une stratégie de reproduction qui fait maintenant volte-face par rapport à ses racines biologiques. En effet, on sait que nos racines évolutives ressemblent plus à celles du chimpanzé et du gorille que celles des loups par exemple. Si on remonte d’à peine quelques dizaines de milliers d’années, donc à hier en terme d’évolution, les femelles du genre Homo étaient, on le sait, fécondées par plusieurs mâles différents au cours de leur vie. Les mâles n’étaient pas réservés à une seule femelle non plus. Inévitablement, chez un animal où la pression de sélection n’est pas sur la qualité du sperme et la conception rapide, la monogamie devient pour certains, un handicap au succès reproducteur. C’est inévitable.

Pourtant, la nature semble avoir fait un travail remarquable en peu de temps parce qu’on peut s’attendre à ce que 20 % des couples concevront au premier cycle, qu’environ 75 % auront conçu après 9 mois et 90 % auront conçu après 12-18 mois.

Se tenir « près »

Autre élément intéressant, remarquez que la proximité entre les mâles et les femelles semble être un dénominateur commun chez les grands primates à qui nous ressemblons tant. Ainsi, si vous tentez d’avoir des enfants, vivre ensemble - idéalement sur les mêmes horaires et idéalement 7 jours par semaine - peut vous aider grandement. Pour résumer, on peut dire qu’un an distancé l’un de l’autre n’est pas équivalent à un an de 365 dodos conjugaux enlacés. Si vos obligations vous tiennent plus loin l’un de l’autre, il faut simplement être un peu plus patient.

Le message

Nous avons fait tout un détour aujourd’hui pour nous intéresser à la biologie de la reproduction de quelques mammifères et pour constater que c’est tout à fait normal biologiquement pour un Homo sapiens de mettre 1, 3, 6, 12 mois à concevoir. Nous sommes même d’avis que, scientifiquement, vous n’êtes pas « sous performant » sur la base que votre couple prend plus de 12 mois à concevoir. En effet, scientifiquement, mesurer votre fécondité comme femme avec un échantillon statistique d’un seul homme ne démontre rien. En effet, dans un contexte de polygamie ressemblant plus à nos racines biologiques ou à nos proches cousins hominidés, il est logique de croire que plusieurs femmes ayant des problèmes de conception pourraient en fait concevoir sans problème. Même chose pour les hommes.

Donc le message est tout simplement de revenir à la base, de continuer à s’aimer en tant que couple, de ne pas se dévaloriser ou se diminuer comme être humain à cause de ses difficultés à concevoir, parce que même scientifiquement, ça ne fait aucun sens. Nous ne sommes pas des chimpanzés, mais nous ne sommes pas non plus des orignaux.

Mathieu Boilard
Ph.D. biologiste, président chez Nasci Biologie Médicale Inc.

Dr Boilard est biologiste et père de trois enfants. Il a obtenu un doctorat en recherche fondamentale du Centre de Recherche en Biologie de la Reproduction de l’Université Laval. Ce travail a été reconnu par une bourse post-doctorale du Conseil de Recherche National en Science et Génie du Canada. Il a œuvré en recherche toute sa carrière dans le domaine de la biologie cellulaire des spermatozoïdes. Il décide en 2011 de fonder Nasci Biologie Médicale Inc. : un laboratoire qui utilise des technologies de biologie cellulaire parmi les plus avancées du monde pour mieux identifier les problèmes de fécondité chez l’homme.

Lyne Massicotte
Ph.D., CSPQ Biochimiste clinique, vice-présidente et directrice de Nasci Biologie Médicale Inc

Dre Massicotte est biochimiste clinique et mère de trois enfants. Elle a obtenu son doctorat en recherche fondamentale du Centre de Recherche en Biologie de la Reproduction de l’Université Laval après avoir travaillé pendant 7 ans sur des aspects comme le développement de nouveaux protocoles de stimulation ovarienne, la maturation des ovules, la fécondation et le développement embryonnaire in vitro. Elle a travaillé intensivement sur la biochimie des protéines présentes dans l’ovule et l’embryon. Elle a par la suite fait des études universitaires de 4e cycle à la faculté de médecine de l’Université de Montréal pour devenir biochimiste clinique. Elle co-supervise le laboratoire médical de biochimie à l’Hôpital Pierre-Boucher de Longueuil. Elle dirige également le laboratoire médical de Nasci Biologie Médicale Inc.

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