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Quelles sont ces lois biologiques de l’apprentissage?

Dans le précédent billet, j’abordais le modèle de l’éducation actuel qui repose principalement sur une vision médicale. 

Nous avons tendance à dépister des troubles d’apprentissage ou neurologiques aux enfants qui rencontrent des difficultés scolaires. Je vous invitais à réfléchir sur ce modèle qui tend davantage à ségréguer les élèves selon leur diagnostic, mais également à apposer des qualificatifs péjoratifs sur des élèves plutôt que de considérer la richesse de la neurodiversité. 

Comme mentionné dans mon dernier billet, des lois biologiques doivent être respectées lorsque nous souhaitons apprendre. L’environnement intégral dans lequel la transmission du savoir a lieu doit respecter les mécanismes biologiques de l’apprentissage de l’être humain. Sans quoi, il sera impossible pour les élèves d’apprendre de manière optimale. 

Les intérêts naturels 

L’une de ces lois est les intérêts personnels de l’élève. Les enfants ont une curiosité, une motivation et un désir d’apprendre naturels et innés. Ils ont des passions et des forces naturelles. Leur cerveau fonctionne également de façon à ce que ces intérêts et forces leur permettent d’apprendre sans effort. Pour apprendre l’enfant doit être intéressé par le sujet puisque c’est ce qui le relie à ses émotions et ses besoins. 

Se pourrait-il que pour certains enfants, les passions soient plus débordantes que pour d’autres? Nous mentionnons que les autistes ont des intérêts « restreints ». Certains croient encore que ces intérêts nuisent aux apprentissages de l’enfant, mais de plus en plus, ces intérêts sont utilisés pour faire des apprentissages et c’est tant mieux. Pour les enfants ayant un TDAH, il est souvent constaté que ceux-ci sont motivés et sont concentrés seulement pour des sujets qui les passionnent. Et c’est normal! 

Or, dans ces deux situations les intérêts sont malheureusement perçus bien souvent comme un obstacle en lien avec leur trouble. Nous souhaitons compenser ou « faire avec » un peu par dépit de pouvoir « faire mieux » avec eux. Et parfois, l’enfant se retrouve avec une médicamentation pour l’aider à se concentrer pour les sujets qui ne l’intéressent pas. Il sera aussi souvent jugé de capricieux ou de paresseux. 

Cependant, lorsque nous prenons pleinement conscience de cette loi biologique fondamentale, comment pouvons-nous dès lors affirmer que, si l’enfant n’a pas de motivation et qu’il est fainéant? Comment pouvons-nous affirmer que l’autiste a des intérêts restreints alors qu’il se passionne simplement, comme pour l’enfant ayant un TDAH, de ce qui l’anime et le fait vibrer intérieurement? Comment pouvons-nous apposer un diagnostic psychiatrique? Est-ce que cela l’aidera véritablement à long terme? 

Il en va de même pour les élèves présentant une douance. Si nous les séparons des autres dans des classes spécialisées, comment pensons-nous les aider à s’épanouir si encore une fois l’accent est mis sur des standards académiques plus élevés sans tenir compte de leurs intérêts et passions? Que souhaitons-nous véritablement pour nos jeunes? 

Implication des élèves 

Également, lorsque les élèves sont impliqués dans la prise de décisions concernant leurs travaux scolaires, leurs projets scolaires, le choix du sujet de leur exposé oral, sur les moyens de réaliser une tâche, ils deviennent alors plus investis émotionnellement et par conséquent, leurs apprentissages sont plus aisés. 

Les enfants sont prédisposés pour apprendre sans effort. Par contre, leur environnement doit être suffisamment nourrissant affectivement et émotionnellement pour que ce potentiel inné d’apprendre soit éveillé. Malheureusement, nous oublions ou ignorons cet aspect de l’enfance et nous brimons souvent cette capacité naturelle d’apprendre chez eux. C’est entre autres ainsi que naissent des troubles d’apprentissage ou neurologiques. Avec des standards et normes académiques imposant un rythme aux enfants, nous limitons leurs apprentissages innés pour leur imposer d’autres apprentissages qui frustrent littéralement leur intelligence innée et indomptable en pleine croissance. 

Certains croient qu’il serait d’une part irréaliste de prendre du temps pour chaque élève de manière individuelle et d’autres part, qu’il est nécessaire d’uniformiser les apprentissages, que l’individualisme n’a pas sa place, sans quoi, la classe serait dysfonctionnelle. Pourtant, prendre le temps d’être en relation avec chaque élève, comprendre ses comportements et connaître ce qui l’anime n’est pas une perte de temps, au contraire. Nous en parlerons dans le prochain billet. 

Le blogue d’une maman autiste

Fondatrice du mouvement La Neurodiversité – L’autisme et les autres formes d’intelligence et du Salon de la Neurodiversité, Mélanie a reçu son diagnostic d'autisme à l'âge de 30 ans. Elle est la mère de trois enfants, dont les deux plus vieux, âgés de 6 et 4 ans, sont autistes. Elle souhaite sensibiliser la population aux différences cognitives afin qu'elles ne soient plus perçues comme des troubles neurologiques ou des maladies mentales. La neurodiversité, c’est la beauté de la vie! Chaque être vivant est différent, c’est ce qui fait de lui un être unique. Le but de ses écrits? Normaliser ce qui est normal : la différence.

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