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La ségrégation des élèves : un retour à l’arrière rétrograde

C’est en plein bouleversements engendrés par la pandémie que le gouvernement Legault a annoncé vendredi dernier, le 19 juin, qu’il s’apprêtait à investir 9,4 millions de dollars pour créer des classes spéciales pour accueillir les enfants doués. 

Bien qu’il soit évident que les difficultés des enfants présentant cette forme d’intelligence atypique soient grandement sous-estimées, ségréguer de la sorte les élèves entre eux suscitent autant de questionnements éthiques, sociales et culturelles que de questionnements sur nos méthodes éducatives actuelles et sur nos connaissances neurobiologiques quant à l’apprentissage humain. Je vous propose une réflexion qui s’étalera en trois sections dont voici la première partie. 

L’éducation spécialisée, un constat d’échec

Le modèle d’éducation actuel repose principalement sur une vision médicale. Les fondements théoriques sont basés sur une approche neurologique pour laquelle le cerveau est rapidement considéré comme dysfonctionnel lorsque des difficultés sont rencontrées. L’éducation spécialisée se concentre alors sur les déficits de chaque enfant en tentant d’y remédier à l’aide de plan d’intervention spécifique. Or, savoir quels sont les déficits d’un enfant ne nous aide en rien à favoriser son épanouissement. Cela ne nous informe aucunement sur celui-ci, mis à part qu’il est « incapable de ».

Malgré tous les efforts et le bon vouloir que l’éducation spécialisée tente d’apporter pour soutenir les enfants et les efforts que les éducateurs spécialisés font afin de faire ressortir, aux mieux de leurs connaissances, le meilleur de chaque enfant, force est de constater que le discours médical et handicapant prend le dessus et que c’est un véritable échec.

« Quand un élève ne comprend pas, il n’a pas besoin de plus, mais il a besoin de différent », nous rappelle le professeur en éducation et directeur du Melbourne Education Research Institute à l'Université de Melbourne John Hattie. Nous aurons beau mettre en place tous les plans d’intervention inimaginable mais si nous ne varions pas notre approche et que l’enseignement n’est pas adapté au mode d’apprentissage de l’élève, les efforts seront vains. 

Considérer la diversité cognitive 

Ainsi, la neurodiversité n’est pas prise en considération dans ce modèle. En commençant par hiérarchiser les enfants entre eux : les « doués », les « normaux » et les « vulnérables » (déficients). Ensuite, plutôt que de favoriser les adaptations, la collaboration, la compréhension et le respect de tout un chacun, nous détruisons la diversité humaine. Nous sommes incapables d’adapter l’environnement dans lequel évoluent les enfants, faute de volonté, de mauvaises croyances et de moyens financiers. Les élèves sont en difficultés principalement parce que notre système d’éducation est standardisé et normalisé.

Nous n’osons que très rarement remettre en question le mode d’apprentissage ainsi que nos approches envers les enfants. La qualité des services offerts est-elle réellement optimale? Les approches disciplinaires punitives et coercitives sont-elles réellement légitimes? Il semble plus facile d’identifier les défis que rencontrent nos enfants en leur fixant un trouble neurologique, un trouble d’apprentissage que de se remettre en question et prenant notre responsabilité collective.

Les lois biologiques de l’apprentissage 

Saviez-vous qu’il est neurobiologiquement impossible de créer des souvenirs, d’engager des pensées complexes ou de prendre des décisions significatives sans émotion. Ce qui démontre la pertinence de susciter des émotions positives lors des apprentissages et de tenir compte des sujets de prédilections des jeunes pour favoriser leurs apprentissages. L’être humain doit être motiver pour apprendre. Les neurosciences démontrent qu’une personne qui ne présente pas d’intérêt, de curiosité et d’enthousiasme envers un sujet ou une matière scolaire ou une activité, les zones de la mémoire de celle-ci ne s’activent pas ou très peu. Il est neurobiologiquement impossible d’apprendre et de mémoriser quelque chose qui ne nous intéresse pas et qui n’a aucun lien avec nos préoccupations et motivations personnelles. Discuter des passions et intérêts personnels en classe est également un bon moyen de construire un lien d’attachement avec l’élève.
 
Le contexte global dans lequel la transmission du savoir au lieu doit respecter les mécanismes biologiques de l’apprentissage de l’être humain, sans quoi il sera impossible d’apprendre de manière optimale. L’enfant DOIT pouvoir choisir ce qu’il aime pour apprendre. C’est une loi biologique. Nous l’aborderons davantage dans le prochain article. 


1- Mary Helen Immordino-Yang, Emotions, Learning, and the Brain: Exploring the Educational Implications of Affective Neuroscience, WW Norton, 2015

Le blogue d’une maman autiste

Fondatrice du mouvement La Neurodiversité – L’autisme et les autres formes d’intelligence et du Salon de la Neurodiversité, Mélanie a reçu son diagnostic d'autisme à l'âge de 30 ans. Elle est la mère de trois enfants, dont les deux plus vieux, âgés de 6 et 4 ans, sont autistes. Elle souhaite sensibiliser la population aux différences cognitives afin qu'elles ne soient plus perçues comme des troubles neurologiques ou des maladies mentales. La neurodiversité, c’est la beauté de la vie! Chaque être vivant est différent, c’est ce qui fait de lui un être unique. Le but de ses écrits? Normaliser ce qui est normal : la différence.

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