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Ces garçons hypersensibles incompris

Les enfants dont l’intelligence est atypique (autistes, TDAH, DYS, HP) sont hypersensibles. Ils ont un grand besoin de sécurité. Un besoin mal compris surtout chez les garçons. 

Le rôle du cerveau

Ces enfants ont les sens extrêmement aiguisés. Le cerveau perçoit davantage les détails de leur environnement. À noter qu’ils n’ont pas de problèmes d’intégration sensorielle. Il s’agit véritablement du cerveau qui est « branché » différemment et qui perçoit plus de stimuli. Les hypersensibles absorbent également tout comme des éponges hyperefficaces. Puisque le flot de stimuli est continu, les hypersensibles doivent apprendre à gérer ces informations entrantes pour garder l’équilibre interne. Il est essentiel pour ces personnes, enfants ou adultes, d’évacuer, de trier, d’ordonner, de respirer, bref de faire de la place en soi pour créer assez d’espace intérieur afin d’affronter le quotidien. Chez les enfants hypersensibles, cette paix intérieure passe par la sécurité de leur environnement et donc des liens qu’ils ont avec les adultes qui les accompagnent. 

La clé est dans l'environnement 

Dans un espace sécuritaire dans lequel l’enfant sera pleinement accueilli, il pourra déposer toutes les émotions intenses qu’il vit. Cultiver la vie émotionnelle et répondre au besoin de proximité est la clé de l’épanouissement des enfants hypersensibles, chez les filles comme chez les garçons. 

Les garçons hypersensibles sont généralement mal compris. Leur mal-être se traduit souvent par des comportements perturbateurs comme l’hyperactivité, l’impulsivité, l’opposition, la provocation ou l’agressivité. De plus, nous avons d’énormes préjugés quant à la sensibilité masculine. De façon générale, nous avons de la difficulté à répondre à leurs véritables besoins, soit parce que nous ne décodons pas ces besoins ou parce que la croyance populaire invite à « endurcir » les garçons. Un petit garçon sensible qui a besoin de proximité, de câlins, de liens et d’exprimer ses émotions sera vite qualifié de « trooooop sensible! », voire de faible et d’inadapté. « Il va falloir s’endurcir un peu ! », « Le monde est difficile, il ne te fera pas de cadeau ! », « Ne sois pas si douillet, il faut être fort ! ». Des commentaires encore trop souvent entendus qui proviennent de cette croyance populaire qu’il est nécessaire, pour être fort, de se couper de nos émotions, de notre sensibilité, de la relation d’attachement pour affronter le monde dur dans lequel nous vivons; et c’est encore plus vrai pour les garçons. Or, ce que nous encourageons, ce sont des habitudes de vie qui distendent le lien, qui nous éloignent de l’empathie, de la collaboration et de la communication. 

Fait intéressant de plus : Les garçons hypersensibles sont davantage susceptibles de vivre de l’anxiété de séparation que les filles hypersensibles. L’anxiété de séparation se comble par le lien. Hé oui ! Contrairement à la croyance populaire qui affirme que l’enfant doit apprendre à supporter la séparation d’avec ses figures d’attachement pour cesser son anxiété, c’est lorsqu’on solidifie le lien et qu’on répond aux grands besoins de lien que le sentiment de sécurité intérieure de l’enfant prendra de l’ampleur. 

Lombardi mentionne dans son livre que les liens proximaux avec les garçons les soutiennent à chaque étape de leur développement. En lien, le développement de leurs compétences socio-émotionnelles est favorisé. Ces garçons arrivent ainsi à mieux communiquer leurs émotions et leurs besoins. Ils s’épanouissent alors davantage au niveau académique. Leurs comportements batailleurs s’estompent. Ils sont moins susceptibles de développer des comportements à risque une fois arrivés à l’adolescence. À l’âge adulte, ces hommes collaborent mieux en milieu de travail et deviennent des leaders plus efficaces. Ils deviennent aussi de meilleurs conjoints et de meilleurs pères car ils ont su développer de bonnes capacités de communication et d’empathie, et leur grande sensibilité s’est déployée de manière optimale. 

L'importance des émotions 

Nos émotions et notre sensibilité sont l’essence de ce que nous sommes. Elles expriment nos besoins les plus profonds, nécessaires à la connaissance et à l’expression de soi. Alors, qu’est-ce qui fera que nos garçons en développement deviennent des hommes solides, capables de s’affirmer avec douceur, de tenir compte de leurs besoins et de ceux d’autrui et d’exprimer leurs émotions de manière respectueuse ? Que voulons-nous pour nos garçons ? Et pour nos enfants ? Quel avenir et quel monde leur souhaitons-nous ? Vers quel avenir les accompagnons-nous dans leur parcours développemental ?

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Fondatrice du mouvement La Neurodiversité – L’autisme et les autres formes d’intelligence et du Salon de la Neurodiversité, Mélanie a reçu son diagnostic d'autisme à l'âge de 30 ans. Elle est la mère de trois enfants, dont les deux plus vieux, âgés de 6 et 4 ans, sont autistes. Elle souhaite sensibiliser la population aux différences cognitives afin qu'elles ne soient plus perçues comme des troubles neurologiques ou des maladies mentales. La neurodiversité, c’est la beauté de la vie! Chaque être vivant est différent, c’est ce qui fait de lui un être unique. Le but de ses écrits? Normaliser ce qui est normal : la différence.


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