Blogues

Dans la tête d'une personne autiste

En tant que parents d’enfant autiste, nous sommes souvent confrontés aux nombreuses crises magistrales et autres comportements « bizarres » ou déstabilisants de notre enfant.

Pour bien faire, plusieurs personnes ont tendance à vouloir faire disparaître les comportements dont ils ne comprennent pas la source. En faisant « disparaître » le comportement, que ce soit par des thérapies comportementales ou par des médicaments, on croit que la personne autiste ne souffre plus et qu’elle va mieux.

Le cerveau des autistes est connecté différemment des non-autistes. Les autistes traitent l’information et les émotions de manière différente. Ces connexions différentes amènent les autistes à avoir des manifestations et des gestes particuliers. Ce que les non-autistes appellent, des « trouble de comportement ».

Trouver son équilibre

Ce que la majorité des gens ignorent, c’est qu’il y a toujours une raison aux comportements des autistes, que ce soit les crises, les multiples réveils nocturnes, « l’automutilation », l’autostimulation, l’acquisition de la propreté, l’agressivité, l’impulsivité, l’irritabilité, l’agitation, etc.

Tant et aussi longtemps que ces comportements ne seront pas compris ou qu’ils seront ignorés, la personne autiste ne pourra pas progresser pleinement. Si l’autiste n'apprend pas à gérer sa structure interne et tôt ou tard, son autonomie, son potentiel et son état émotionnel seront affectés. D’autres problèmes et « troubles de comportement » seront possiblement générés.

Les gestes et manifestions des autistes sont souvent des mouvements qui aident le cerveau à traiter les nouvelles informations. Ces gestes particuliers peuvent représenter simplement l’expression d’une émotion comme le battement des mains, aussi appelé « flapping ». Ils peuvent aussi aider à la concentration, à l’assimilation de nouveaux apprentissages.

C’est un moyen que le cerveau a trouvé pour aider à demeurer en équilibre interne.

Agressions multiples

Les autistes se sentent souvent agressés par leur environnement et par leur entourage : trop de bruits, trop de lumière, des contacts physiques, des non-sens, des incompréhensions face à l’autisme, des incompréhensions sociales, des interventions non adéquates, etc.

Lorsque ces gestes sont brimés, ignorés ou encore lorsque le cerveau de la personne autiste devient incapable de gérer ces nouvelles informations entrantes, on peut voir apparaître des comportements agressifs, impulsifs, de « l’automutilation », des crises (surcharge sensorielle-émotive), etc.

Par exemple, lorsqu’une personne autiste se frappe sur la tête, il ne s’agit pas d’un trouble de comportement nommé automutilation. Un autiste n’a aucune intention d’automutilation! Il s’agit plutôt d’une manifestation autistique dûe à la surcharge sensorielle qu’il subit. Il s’agit d’une déstabilisation vécue à l’intérieur.

Par ces manifestations, la personne autiste essaie de retrouver son équilibre interne. Effectuer une pression sur la tête est le moyen rapide qu’un autiste a pour essayer de retrouver la paix intérieure.

Appel à l'aide

L’autiste essaie généralement de comprendre une information complexe qu’il a reçue de son environnement et qui lui est extrêmement difficile à traiter. L’autiste essaie par tous les moyens d’enrayer son mal-être intérieur. Il lance un appel à l’aide car il est dépourvu d’outils pour gérer son malaise interne et d’outils pour nous le communiquer.

Il est important d’intervenir adéquatement sans quoi, nous accentuons ce malaise interne chez la personne autiste. Un autiste agressé deviendra un autiste « agressif » parce qu’il sera en mode d’autodéfense. L’agressivité est bien involontaire.

Il faut garder en tête qu’en aucun cas, il s’agit d’un trouble de comportement, de crise de colère, de caprice ou d’un manque « d’autorité » parentale.

Mécanismes de survie

Les thérapies, les systèmes de récompense, les punitions et les médicaments sont inutiles si on mise sur le travail à long terme; cela peut même être pernicieux pour les autistes. Le cycle « trouble comportemental » s’installe. Des comportements jugés inacceptables sont souvent remplacés par d’autres, l’autiste ne parvient pas à maîtriser son cerveau particulier et son autonomie future ainsi que son autodétermination se retrouvent hypothéquées.

L’autisme n’est pas un trouble comportemental et ce que nous nommons « troubles de comportement » découlant de l’état autistique n’en sont pas davantage. Il y a toujours des explications rationnelles derrières ces gestes et manifestions. Ils sont de véritables appels à l’aide et des mécanismes de survie dans un monde neurotypique.

Publication initiale 1er novembre 2017

Le blogue d’une maman autiste

Fondatrice du mouvement La Neurodiversité – L’autisme et les autres formes d’intelligence et du Salon de la Neurodiversité, Mélanie a reçu son diagnostic d'autisme à l'âge de 30 ans. Elle est la mère de trois enfants, dont les deux plus vieux, âgés de 6 et 4 ans, sont autistes. Elle souhaite sensibiliser la population aux différences cognitives afin qu'elles ne soient plus perçues comme des troubles neurologiques ou des maladies mentales. La neurodiversité, c’est la beauté de la vie! Chaque être vivant est différent, c’est ce qui fait de lui un être unique. Le but de ses écrits? Normaliser ce qui est normal : la différence.


Cette semaine
L’intégration graduelle à la garderie

Non, vous n’êtes pas coupable de l’avoir laissé trop tôt ou trop vite au service de garde, car l’intégration tardive et « en crescendo » n’est pas une panacée.

Changer d’école : 5 conseils pour aider votre enfant à s’adapter

Que ce changement soit causé par un récent déménagement ou encore par l’arrivée au secondaire, changer d’école peut être un bouleversement dans la vie de votre enfant. 

Les différentes positions pour accoucher

On voit souvent la femme accoucher sur le dos, les pieds dans les étriers. Mais ce n’est pas la seule position qui existe et, surtout, ce n’est peut-être pas la plus favorable!

Activités parascolaires : oui ou non?

Les bienfaits des cours parascolaires sont nombreux. Mais peut-il y avoir une limite? Un moment où on doit dire « non » à ces activités?