Bébé

Est-ce possible de trop stimuler un bébé?

Il n’y a pas de mal à vouloir que notre bébé se développe bien, mais quand on veut aller plus vite que la nature, c’est la confiance de notre enfant qui en paie le prix.

Pour donner ce qu’il y a de meilleur à notre bébé, on lui donne des jouets éducatifs, des tapis d’éveil et des outils de développement artistique. On l’encadre aussi. On l’encadre beaucoup. D’ailleurs, est-ce qu’on l’encadre trop?

Ce n’est pas vraiment de la faute des parents, c’est la pression qui est forte. Des jouets nous promettent l’éveil rapide de notre enfant, les parents se comparent et partagent les vidéos de prodiges de quatre ans, les entraîneurs sportifs parlent de commencer de plus en plus tôt et on nous parle régulièrement de retards de développement. C’est normal de vouloir donner un petit coup de pouce à notre enfant de temps en temps, mais voici pourquoi vous ne devriez jamais laisser la panique vous envahir quand vient le temps de le laisser grandir.

Un bébé et ses capacités

La vie est bien faite. Les bébés dont on s’occupe bien dès la naissance réussissent vite à prendre des forces et à les transformer en progrès. Ils gigotent un peu pour développer leurs muscles, regardent tout autour d’eux, s’émerveillent au moindre nuage qui passe et apprennent à ne pas avoir peur des éternuements féroces de grand-papa.

Au gré du temps qui passe, ils comprennent de mieux en mieux comment se déplacer, les raisons qui motivent nos actions et la variété de choses et d’événements qui les entourent. Si on peut leur fournir des jouets attrayants et un milieu sécuritaire où ils pourront faire des tests et apprendre sans se blesser, il faut le faire. Notre travail, ce n’est pas de le protéger, le retenir et lui enseigner à chaque instant. C’est plutôt de lui créer un environnement dans lequel il aura toutes les chances d’apprendre et de franchir des étapes. Comme ça, notre bébé grandira en confiance.

Si on l’encadre sans le surprotéger et sans le stimuler à l’excès, il saura qu’il n’a pas besoin des adultes chaque fois qu’il doit prendre une décision. Il saura qu’il n’a pas besoin d’être protégé à tout moment. Il aura confiance en ses choix et trouvera le courage d’essayer de faire ce dont il se sent capable.

Savoir reconnaître les signes de fatigue

À l’école de la stimulation, une des pires idées reçues, c’est de penser qu’il faut toujours dépasser les limites de nos enfants. Nos enfants se dépassent tous les jours, sans notre aide. Quand on intervient, on doit le faire sans nuire à son exploration et surtout, on doit savoir quand s’arrêter.

Par exemple, même si on recommande de faire jouer les bébés sur le ventre pour apprendre, vous pouvez aussi le laisser passer du temps sur le dos sans craindre qu’il manque une période d’apprentissage. Les bébés de 4 mois qui jouent sur le dos apprennent tranquillement à se tourner et à se redresser quand ils veulent jouer. Savoir comment se tourner sera très utile pour se remettre sur le dos quand il aura besoin de repos après avoir fait toutes ces découvertes.

D’ailleurs, ces périodes de repos sont aussi utiles que les périodes d’apprentissage. Lui faire écouter de la musique, regarder de belles images et exercer sa motricité est utile, bien sûr, mais vous devrez apprendre à remarquer quand il tourne sa tête ou détourne le regard. C’est sa façon de vous signifier qu’il est fatigué. Essayer de continuer de l’éveiller après ce moment sera inutile, ou même carrément nuisible à son apprentissage.

Suivre les étapes

Un autre aspect à ne pas négliger, c’est la capacité de notre enfant à apprendre ce qu’on essaie de lui enseigner. Chaque fois qu’on essaie de le stimuler pour qu’il atteigne un palier de développement qu’il n’a pas encore atteint, on le fait sortir de sa courbe naturelle d’apprentissage. On pense lui donner la motivation dont il a besoin, mais en réalité, on l’encourage parfois à accomplir des choses qu’il ne comprend pas et dont il n’est pas encore capable naturellement à son stade de développement. N’oubliez pas que chaque enfant est différent, chaque enfant se développe à son propre rythme.

Un bon exemple, c’est un bébé qu’on veut absolument asseoir et qui n’est pas encore prêt à le faire. S’il n’essaie pas de s’asseoir de lui-même, c’est qu’il n’a pas encore envie de le faire et que son dos et son cou ne sont peut-être pas prêts. Si on ne le laisse pas y arriver par lui-même, il perdra les liens importants qu’il aurait faits en cours de route et qui l’auraient aidé à comprendre comment s’asseoir par lui-même. À la limite, ses parents insistants pourraient même lui enlever un peu l’envie d’explorer en le forçant à atteindre des étapes trop tôt.

D’ailleurs, selon Chantal de Truchis, psychologue et auteure du livre « L’éveil de votre enfant. Le tout-petit au quotidien », si on dit constamment à notre enfant « Attrape cette balle, empile ces cubes, grimpe sur le fauteuil… vas-y, essaie encore », on l’incite à atteindre un objectif avant qu’il ne soit capable d’y arriver. Ce qui peut créer chez lui un sentiment d’échec ou d’impuissance. Il risque d’intégrer très tôt qu’il y a des choses « à faire » et de devenir plus attentif à l’attente de ses parents qu’à ce que son énergie le pousse à réaliser. 

On peut donc aider notre enfant à apprendre, mais il faut le faire avec modération, en n’oubliant pas de lui offrir aussi à l’occasion du calme et des moments de silence.

Image de Anne Costisella

Anne Costisella est diplômée en communication publique à l’Université Laval et maman de deux enfants. En plus d'être une rédactrice web d'expérience,  Anne est aussi l'auteure du blogue Techno Maman


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