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Les ados et le poids

Un adolescent sur deux se dit concerné par son poids : pourtant, 50 % des ados ne sont pas obèses! Dans le cadre de la semaine « Mon poids? Sans commentaire! », on s’interroge : parle-t-on trop de poids?

Question de société

Dans notre société, la minceur et le culturisme sont synonymes de succès, de performance, de beauté et de contrôle. Non seulement ça, mais la minceur est en quelque sorte devenue la norme. Le poids est donc un sujet banalisé et on en parle comme on discute de la météo… souvent sans même s’en rendre compte!

Qui blâmer? La télévision, les magazines, les films nous renvoient tous ces images de perfection avec lesquelles nous devons jongler (certains diront compétitionner...), jour après jour. Si ces commentaires quotidiens ne se veulent pas nécessairement blessants, ils peuvent néanmoins être lourds de conséquences et augmenter l’insatisfaction corporelle de la personne. Un compliment à la « Comme tu es belle! As-tu perdu du poids? » peut être un cadeau empoisonné! La personne risque en effet de retourner la phrase dans sa tête et en venir à la conclusion que oui, c’est bien vrai : elle serait encore plus jolie avec quelques livres en moins.

Les ados, qui vivent avec un corps en changement, en transformation, sont sujets à l’insécurité, et les commentaires sur leur poids ont d’autant plus... de poids.

Adulte modèle

Madame Fannie Dagenais, directrice générale de ÉquiLibre*, est catégorique : en tant qu’adulte, il faut prendre conscience de notre rôle de modèle. Si votre enfant vous entend parler du poids de façon excessive, il y a de fortes chances qu’il développe lui aussi un comportement ambivalent, peut-être même problématique, envers cette question.

Par exemple, s’il vous entend passer des commentaires désobligeants envers les personnes en surplus de poids, il pourrait en venir à la conclusion qu’il ne doit pas prendre du poids, de peur de vous décevoir. Si un adolescent sur deux prétend être concerné par son poids, c’est 71 % des élèves du secondaire qui avouent avoir tenté de perdre ou de gagner du poids.

De plus, si vous partagez avec votre enfant certains préjugés entourant l’obésité – que les personnes obèses sont responsables de leur condition, alors qu’on sait que plusieurs facteurs peuvent causer une prise de poids – il risque de stigmatiser à son tour les personnes plus enrobées.

Il est donc de notre devoir d’ouvrir les jeunes à la diversité, parce que si les adultes jugent bien souvent en silence, les jeunes, eux, le disent!

Conséquences

Une étude récente prouve que 60 % des élèves se font traiter de noms, se font taquiner voire intimider en raison d’un surpoids. À l’autre bout, il y a aussi les jeunes filles minces, qui peuvent se faire traiter d’anorexique. 38 % des jeunes filles affirment avoir déjà reçu des commentaires sur leur poids : ces commentaires peuvent avoir des conséquences fâcheuses. Contrairement à ce qu’on peut penser, l’insatisfaction à l’égard de son poids ne mène pas nécessairement à l’adoption de saines habitudes de vie, au contraire.

De peur de se mettre en action - et ça peut paraître paradoxal -, certains abandonnent l’activité physique : ils courent moins rapidement que les autres, sont toujours choisis en dernier. La gymnastique devient dès lors une nouvelle source de raillerie, et non une façon efficace de se mettre en forme. Les jeunes filles ont aussi peur de leur image, après l’activité : les cheveux qu’on a passés au fer plat, humides, sont pleins de frisotis, et le maquillage n’est plus aussi bien mis.

Je veux l’aider

Mais de conscientiser quelqu’un sur son problème de poids, c’est une façon de l’aider, non? D’autant plus qu’on nous répète que nos jeunes ne bougent plus assez et que le taux d’obésité est en croissance. Vous voulez que votre enfant soit en forme, qu’il s’aime, et, ultimement, qu’il réussisse. Ceci étant dit, la pression entraîne plutôt une dépréciation de soi et les moyens que votre enfant trouvera pour améliorer sa silhouette risquent d’être drastiques. En plus de mener à l’adoption de comportements nuisibles à la santé, cette quête de minceur ou de musculature est parfois associée aux troubles alimentaires. On pense bien entendu à l’anorexie, à la boulimie, mais aussi à la prise de suppléments ou de stéroïdes. « 38 % des adolescentes disent recevoir des commentaires négatifs sur leur poids de la part de leur fratrie, de leurs amis ou de leurs parents. Ces commentaires, qui ne sont pas toujours faits dans le but de blesser, peuvent pourtant miner la confiance et l’estime de soi des jeunes. Le fait qu’ils soient fréquents et banalisés envoie le message qu’il est acceptable de se moquer de la silhouette ou de l’apparence d’une personne », affirme Mme Dagenais.

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