Famille

Mère-fille : rivales ou amies?

Les mères et les filles, à la fois admiratives et compétitives, s’en font souvent voir de toutes les couleurs!

Habituellement, quand une fille nait, sa mère voit en elle un miroir d’elle-même ou l’espoir de réaliser les choses qu’elle aurait voulu faire. Pendant plusieurs mois, cette relation mère-fille est fusionnelle et toutes les deux filent le parfait bonheur. Puis, la petite grandit et sous ses ressemblances avec sa mère se cache une personnalité qui lui est propre. Tout en admirant sa mère et en prenant exemple sur elle, elle voit les choses différemment et veut éviter de reproduire les « mêmes erreurs ». De cette situation complexe peuvent jaillir de nombreux types de relations. Certaines relations sont idylliques alors que d’autres sont explosives! En voici quelques exemples.

La mère amie

Pour certaines, la relation fusionnelle continue bien au-delà de la petite enfance. La mère et la fille se comprennent, apprécient la compagnie l’une de l’autre et la petite fille qui grandit partage bientôt les vêtements et le maquillage de sa mère. Cette relation agréable peut durer longtemps si la mère ne perd pas son rôle de vue. Il faut que la mère demeure une mère et qu’elle évite d’arrêter le temps en revivant sa jeunesse à travers les expériences de sa fille. L’enfant doit éventuellement vivre sa propre vie et sa mère amie devra accepter de faire son deuil de sa relation fusionnelle et apprécier la valeur de sa relation parallèle avec sa fille.

Ceci rendra service à la mère et à la fille puisque comme dit le psychiatre Alfred Naouri « La mère est source de vie toute puissante, elle est le premier objet d’amour absolu, fusionnel. Le petit garçon sait qu’il est différent de sa mère et peut lui échapper. La fille en revanche, se perçoit dans une similitude sexuelle et se sent très vite comme une reproduction, une miniature de sa maman. Elle va se débattre avec longtemps. »

De toute manière, il ne faut pas craindre de couper le cordon, parce que les filles qui sont proches de leur mère continuent toujours de les fréquenter et de leur demander conseil. Il faut lui donner la confiance et l’indépendance qu’il lui faut pour prendre des décisions sans avoir peur de ne pas être à la hauteur de vos aspirations et sans avoir l’impression de vous trahir et vous abandonner. Elle fera parfois à sa tête et n’aura pas la phobie de ne jamais vous arriver à la cheville.

La mère rivale

Parfois, la mère ne tolère pas les écarts de sa fille. Elle doit être parfaite à l’école, parfaite en sports, parfaite en tout. Souvent, elle l’est déjà et la mère parle fièrement de sa fille comme étant bien élevée, mais en valorisant son travail de mère plutôt que la personnalité de sa fille comme si tout le mérite lui revenait à elle. En voulant éviter de céder sa place en tant que femme de la maison et en refusant le rôle de mère, il arrive parfois que la mère soit très dure avec sa fille. Le ton employé avec sa fille est tranchant, évidemment, et c’est le même ton que la fille lui renvoie. La mère et la fille se positionnent toutes deux dans une dynamique de conflits. Elles se confrontent pour un oui ou pour un non, et dans certains cas extrêmes, il arrive même que des mères sabotent les relations et les réalisations de leur fille pour démontrer leur supériorité.

Cette jalousie peut être très néfaste pour l’enfant qui se voit jugée par cette mère qui représente son premier amour véritable et qui est pourtant constamment insatisfaite par ses actions et semble irritée par sa seule présence.

Vouloir la paix, préparer la guerre

Parfois, même les petites filles modèles qui représentaient un exemple de bonne entente par excellence se transforment en véritable petit monstre pendant l’adolescence. Pendant ces périodes plus ou moins longues, les filles les plus proches de leur mère peuvent devenir des rivales féroces et même devenir méchantes avec leur mère qui tombe des nues. La psychanalyste Caroline Eliacheff, auteure du livre Mères-Filles explique que « ce moment-clé de l’existence est difficile : pour devenir une femme, il faut s’éloigner de sa mère ». Le lien fusionnel doit être brisé et laisser place au respect mutuel. C’est quand la mère acceptera de reprendre son rôle de femme et quand la fille aura l’impression de voler de ses propres ailes que la hache de guerre sera enterrée pour de bon.

Références
Image de Anne Costisella

Anne Costisella est diplômée en communication publique à l’Université Laval et maman de deux enfants. En plus d'être une rédactrice web d'expérience,  Anne est aussi l'auteure du blogue Techno Maman

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