Famille

Réconcilier les différences parentales

Élever un enfant requiert des parents des ajustements constants sur la contribution de chacun à la dynamique familiale pour que tout aille bien. Ce qui n’est pas toujours facile!

« J’veux qu’il comprenne que j’ai raison! » Cette réplique a été lancée comme un cri du coeur par une jeune mère lors d’un atelier que j’animais récemment dans un organisme communautaire. Immédiatement après, il y a eu un grand silence. Un silence rempli de malaise et d’étonnement. Puis, un grand rire nerveux a lentement émergé des mamans qui participaient à la rencontre. Le sujet de l’atelier : le rôle du père dans l’éducation des enfants!

Contexte social

Jusqu’à il n'y a pas si longtemps, les rôles de mères et de pères étaient assez clairement définis. La mère s’occupait généralement de la maison, de la cuisine, des enfants et le père gagnait de l’argent pour faire vivre la famille. Il était souvent aussi responsable des loisirs, du gazon… et de sortir les poubelles!

Mais voilà, depuis quelques années, la situation a beaucoup évolué. Les jeunes parents souhaitent vivre maintenant une parentalité de plus en plus partagée et doivent donc apprendre quelque chose de nouveau dans l’histoire de l’humanité : partager les tâches ménagères, partager les soins à l’enfant et partager aussi… le pouvoir lié à ces responsabilités! Ce n’est pas rien…

Ce qui complique les choses, c’est que la plupart du temps les mères partent avec une longueur d’avance. Elles ont gardé des enfants étant jeunes, elles ont plus d’expérience dans les travaux ménagers, elles ont plus de recettes à leur actif et se préparent beaucoup plus avant l’arrivée des enfants! Les jeunes hommes, eux, sont souvent un peu dépourvus. Ils ont tondu des gazons comme premier emploi d’été, ne savent pas trop quoi faire avec un bébé et n’ont pas beaucoup de talent ni d’intérêt pour les tâches ménagères. De plus, les femmes portent, accouchent et allaitent les bébés. D’où le fameux… j’veux qu’il comprenne que j’ai raison! 

Ce genre de réplique énerve suprêmement les jeunes pères qui souhaitent s’impliquer dans le quotidien de leur famille. Statistique Canada et l’Institut de la Statistique du Québec constatent en chœur que les hommes font de plus en plus de tâches ménagères et que l’écart diminue progressivement entre les sexes, même s’il faut reconnaître que les femmes font toujours plus de tâches ménagères que les hommes. Alors, comment un couple peut-il surmonter cet important défi?

Quelques suggestions
  • Éviter les répliques inappropriées du genre : j’veux qu’y comprenne que j’ai raison! Vivre avec quelqu’un qui a toujours raison, c’est insupportable!
  • Accepter qu’on ne sache pas tout. Être prêt à apprendre. Mettre un peu son orgueil de côté quand on fait une bêtise. Reconnaître ses erreurs… c’est généralement gagnant!
  • Accepter que la contribution du conjoint puisse être différente de la leur. De plus en plus de jeunes pères ont vraiment leurs enfants à coeur. Des reproches incessants freinent cet élan d’engagement ou entraînent le couple vers des conflits perpétuels. Souvent, les gars ne font pas les tâches comme les filles. Si ça ne met pas en sécurité la vie de l’enfant, n’empoisonne personne, ne démolit pas la garde-robe familiale et ne s’oppose pas à vos principes d’éducation, il peut être sage d’accepter que l’autre fasse les tâches différemment. Pour les soins à l’enfant, cette différence est même souvent… un avantage! De nombreuses études en témoignent.

  • Faire sa part des travaux ménagers. Une des plus grandes frustrations des femmes québécoises contemporaines est liée au partage des tâches ménagères. Cette question doit être abordée clairement dans le couple et il faut tenter de trouver la solution qui vous convient. Un des problèmes, c’est que les hommes et les femmes souvent n’ont pas la même conception de ce qui devrait être fait dans une maison. Il faut donc se parler, ce qui veut dire exprimer ce que l’on ressent, mais aussi écouter ce que l’autre a à dire et tenter de trouver un terrain d’entente! Les gars ont souvent du travail à faire pour apprendre à bien communiquer!

  • Reconnaître la contribution de l’autre. Les nouveaux pères qui s’investissent dans la vie familiale apprécient énormément que leur conjointe reconnaisse leur engagement. Les jeunes mères ont peu tendance à verbaliser cette reconnaissance puisqu’elles se disent souvent que : c’est juste normal qu’il fasse ça! Moi, je le fais bien! Pourquoi je le remercierais et que je trouverais ça extraordinaire? Dire merci, dire j’ai aimé telle chose, dire t’es un bon père ne coûte cependant pas cher et permet au père de s’assurer qu’il est apprécié de sa conjointe. Cela est d’autant plus précieux s’il reçoit de fréquentes critiques!

  • Si on veut être reconnu, il faut savoir reconnaître la contribution de sa conjointe. Il semble que les femmes apprécient tout particulièrement les témoignages d’empathie de la part du conjoint. L’empathie, ça ne veut pas dire acheter des fleurs ou offrir un souper au restaurant à 150 $. Souvent, un simple regard, un geste, s’arrêter pour écouter l’autre, etc. est plus important que n’importe quel cadeau. Tout cela indique à votre partenaire que vous l’appréciez, que vous l’aimez, que vous vous souciez d’elle et que vous la comprenez! Se sentir compris et apprécié par l’autre, c’est souvent le secret des couples qui durent…


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  • Mettre les besoins de l’enfant au centre des choix familiaux. Lorsqu’il y a un conflit sur l’éducation de l’enfant, la meilleure façon de se sortir d’une impasse, c’est souvent de se demander tout simplement : qu’est-ce qui est meilleur pour notre enfant? Pas ce que moi, je préfère! Pas ce qui me permet à moi de gagner l’argument! Sortir du moi, moi, moi et se demander plutôt : qu’est-ce qui répond le mieux aux besoins de notre enfant et aux nôtres. C’est ce qui devrait toujours nous guider, comme parent, père ou mère, dans l’éducation de nos enfants.

Les mères et les pères sont actuellement en train d’inventer quelque chose de nouveau dans l’histoire de notre société. Élever, éduquer, accompagner les enfants à deux, ensemble… au quotidien! Ce n’est pas rien! Ils vivent donc une période de transition et c’est normal qu’il y ait des tensions, des remises en question, des frustrations de part et d’autre. C’est tout à fait normal. La période actuelle nous permet cependant d’inventer quelque chose d’unique, quelque chose qui nous ressemble, quelque chose de beau et de nouveau dans lequel les femmes et les hommes pourront vivre côte à côte, égaux, mais différents, pour le mieux-être de leurs enfants. C’est un défi considérable certes, mais, si on le relève, on peut en sortir véritablement grandis comme père et comme mère, comme femme et comme homme. Si on accepte, bien sûr, de ne pas toujours avoir raison… ni l'un ni l’autre!

Raymond Villeneuve

Le Regroupement pour la valorisation de la Paternité (RVP) est un regroupement d'organismes et d'individus dont le but est de promouvoir une vision positive de la paternité de façon à favoriser l'engagement paternel, à améliorer l'offre de services aux pères et à faire évoluer le discours public sur la paternité et cela, dans le respect de la contribution de tous les membres de la famille. Téléphone : 514-528-9227.

Le RVP est un regroupement d’organismes et d’individus dont la mission est de valoriser le rôle du père et de promouvoir son importance dans la famille et dans la société pour le développement et le bien-être des enfants.

Pour en savoir plus sur cet organisme.

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