Santé

La dyspraxie : du deuil à l'action

Lorsque tombe le diagnostic de dyspraxie à l’égard de notre enfant, bien des réactions sont possibles, mais ce qui est universel pour tous les parents; c’est le processus de deuil.

Pour certains parents, c’est un soulagement de savoir enfin ce qui ne va pas chez ce petit être qu’ils aiment tant. C’est alors, comme l’obtention d’un pardon, car leurs compétences parentales ne seront plus mises en cause. Il est maintenant possible de reporter la faute de ce qui ne va pas chez leur enfant, sur le handicap et non plus sur leurs épaules. Pour d’autres parents, c’est la dévastation, car ils voient d’emblée une route sans issue. Bien entendu, ce n’est pas la réalité, mais c’est ce qu’ils ressentent et ils appréhendent le pire; à tort.

L’approche du clinicien et la façon dont on nous annonce ce diagnostic sont garantes, dans un premier temps, de notre réaction. Dès ce moment, nous devons sentir qu’il existe plusieurs façons d’être soutenus à travers cet imprévu de vie. Nous devons être orientés vers de l’aide immédiate et notre enfant doit être dirigé vers le réseau de réadaptation. Ensuite, viendront graduellement toutes les actions complémentaires qui peuvent amener notre enfant à s’épanouir tel qu’il est. Notre façon de voir les choses dès le départ oriente sûrement la suite du parcours, mais ce qui est universel pour tous les parents; c’est le processus de deuil. Celui-ci se fait par des étapes « normales » où il est possible d’accepter que notre enfant soit « différent ».

Selon notre vécu et les expériences précédant cette annonce, la réalité de ce changement s’imposera plus ou moins délicatement. On refuse parfois d’admettre une partie de cette réalité. Heureusement, le temps amène l’espace… L’espace, c’est la capacité de prendre du recul, de s’éloigner de l’évènement et de prendre le temps de vivre autre chose. De cette façon, on relativise cette réalité. Ayant maintenant l’espace nous permettant de mieux vivre, nous verrons s’installer l’étape de transformation. C’est à ce moment que nous viendra l’idée de nous « relever les manches », de prendre les « bons risques » et de « passer au mode action ».

Benjamin Disraeli (premier ministre britannique, 1874-1880) disait : L’action n’apporte pas toujours le bonheur, mais il n’y a pas de bonheur sans action. Souvent, l’inaction résulte de la peur et de l’indécision. En commençant par s’informer de ce qui peut être fait pour notre enfant dyspraxique et en participant activement à son mieux-être, déjà le sentiment d’impuissance s’estompe.

Pour mieux gérer le stress qu’amène un tel diagnostic et éviter de le communiquer à notre enfant, il peut être bon de parler à d’autres parents qui ont des enfants ayant des problèmes semblables afin de pouvoir accepter cette incapacité. Il est possible de contacter ces parents par le biais de l’Association québécoise pour les enfants dyspraxiques. À travers ce processus, il peut être surprenant de découvrir jusqu’à quel point il est possible d’aider et d’appuyer les autres parents qui peuvent en connaître un peu moins à ce sujet.

Après le diagnostic…
  • Plusieurs étapes de tristesse et de peine sont normales
  • Notre objectif doit être d’accepter la dyspraxie de notre enfant
  • Il faut reconnaître nos limites et contacter d’autres parents afin de s’informer et échanger
  • S’informer devient l’outil le plus puissant pour représenter adéquatement notre enfant

Par Sylvie Breton, vice-présidente de l’AQED et co-auteure de Mon cerveau ne m’écoute pas. Comprendre et aider l’enfant dyspraxique. Lisez son blogue contenant des dizaines d'articles sur la dyspraxie.

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