Santé

Taper, pousser et mordre

Valérie, trois ans, frappe, mord, crache par terre et n’écoute pas les consignes ni à la maison, ni à la garderie. Chaque fois que Valérie tape ou mord ses parents, ils la retirent trois minutes dans l’escalier. Lorsqu’elle adopte ces mêmes comportements à la garderie, on la retire sur une chaise quelques minutes, là aussi. Ce qui se produit plusieurs fois par jour aux deux endroits. Ses parents se disent étonnés de voir Valérie chicaner ses poupées et les traiter de « méchantes » durant des heures. Rien d’étonnant, elle reproduit avec ses dernières ce que ses parents font avec elle!

Tentative de communiquer

Un enfant qui adopte un comportement désagréable de façon répétitive tente de nous dire quelque chose. Un ou plusieurs de ses besoins sont parfois insatisfaits. Je suggère toujours dans un premier temps d’aller combler les besoins affectifs de l’enfant et en tout premier lieu, le besoin d’amour. Les périodes de jeu exclusives (d’une durée de 20 minutes, trois à cinq fois par semaine) durant lesquelles Valérie décide du jeu, font vite une différence dans son comportement.

Et si on changeait d'approche?

Je propose à ses parents dans un deuxième temps de remplacer les retraits fréquents de Valérie dans l’escalier par un geste de réparation à leur égard lorsqu’elle les mord ou frappe. Par exemple, pour réparer, elle a fait leur lit, place les ustensiles dans le lave-vaisselle, aide au rangement et fait plusieurs menus travaux lorsqu’elle avait avec eux ces comportements agressifs. De plus, ils devaient saisir toutes les occasions possibles de mettre des mots sur les sentiments de leur fille et sur les leurs. Elle a donc appris à dire avec des mots ses sentiments et ses émotions. Ces derniers prenaient soin de la féliciter chaque fois qu’elle utilisait des mots en remplacement de ses gestes agressifs afin de l’encourager dans cette voie.

En quelques semaines, les difficultés de comportements à la maison comme à la garderie, ont complètement disparu. Ses parents me disent que quelque chose d’étrange s’est produit dans le comportement de leur fille. La dernière semaine, elle borde sans cesse ses poupées en s’appropriant toutes les couvertures de la maison au lieu de les punir et de les chicaner. De plus, elle a cessé de cracher, mordre et frapper depuis qu’ils lui ont enseigné à réparer ses torts. Elle traite exactement ses poupées de la même façon qu’elle se sent traitée par ses parents, avec bonté. En chaque enfant réside un bon enfant. Lorsque nous demandons à l’enfant de réparer son tort, nous faisons appel à sa bonté, à ce qu’il y a de meilleur en lui. Alors que lorsque nous punissons ou plaçons l’enfant en retrait de façon répétitive, il développe parfois le sentiment d’être un enfant méchant et il se comporte comme tel avec ses poupées ou avec les autres.

Investir du temps à la bonne place

L’enfant dont les besoins affectifs sont satisfaits veut faire plaisir à l’adulte qui en prend soin. C’est tout simplement dans sa nature. Les temps de jeu exclusifs aident à combler ces besoins. Tous les parents sont unanimes, peu importe l’âge de l’enfant, et constatent que les enfants deviennent plus collaborateurs avec ces périodes de jeu en exclusivité et plusieurs difficultés disparaissent sans interventions directes sur le comportement. Lorsque je propose cet exercice, plusieurs parents vont dire que c’est beaucoup vingt minutes, plusieurs fois par semaine. Je leur demande de calculer le temps qu’ils passent à répéter, menacer, élever la voix et l’insatisfaction reliée à ces situations désagréables. Je crois que ces périodes de jeu sont un merveilleux investissement qui rapporte au-delà de ce que l’on pourrait imaginer.

Les parents me disent aussi que s’ils cessent pendant une certaine période ces temps de jeu, les comportements désagréables ont tendance à reparaître. Ils sont conscients que leurs enfants cherchent ainsi à combler certains besoins. En reprenant ces temps de jeu, les comportements s’améliorent.

Pour que l’enfant se sente aimé, il faut lui accorder du temps et lui apprendre les mots pour dire ce qu’il ressent. « Tu as le droit d’être en colère. Tu n’as pas le droit de lancer les objets ni de faire mal. Dis-moi que tu es fâché. » Lorsque l’enfant n’a pas les mots pour dire sa déception, sa colère, sa frustration, sa peine, il utilise les gestes, comme Valérie. « Tu es très fâchée Valérie de rentrer à la maison. Dis-le-moi avec des mots plutôt qu’en me frappant. » Voilà une façon d’aider cette fillette à devenir plus sensible aux autres et capable de s’affirmer d’une façon acceptable.

Lorsqu’en plus ses parents lui font réparer son tort, elle apprend que les autres existent, qu’ils sont sensibles et qu’il faut faire attention à eux. En réparant, elle se sent une bonne petite fille. Qui n’aime pas se sentir bon? Qui n’aime pas faire le bien? Lorsque je demande à un enfant de réparer, je lui offre l’opportunité de se comporter comme une bonne personne alors que les punitions répétitives développent elles, le sentiment d’être « méchant ».

Que souhaitez-vous pour votre enfant? Le meilleur, j’en suis persuadée!

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