Santé

Autisme et confinement

Or, je lisais une publication Facebook d’une amie qui est mère de trois enfants, dont une ayant un diagnostic d’autisme et un de TDAH. Elle nommait que pour plusieurs parents comme elle, le confinement, ça va. Car ils sont habitués d’être les éducateurs et éducatrices de leurs enfants, d’avoir un horaire structuré, d’aller chercher une quantité astronomique d’informations sur leurs besoins et les stratégies pouvant y répondre. D’assister à diverses formations pour être le plus outillés possible. Tout ceci s’explique par le manque de ressources professionnelles qui, forcément, amènent ces parents à se débrouiller. 

Cette copine verbalisait constater que la conciliation télétravail-famille semblait ainsi plus difficile pour les parents d’enfants neurotypiques. Je trouvais ses observations très intéressantes!

Or, ce que je sais aussi, c’est que les parents de tout-petits en attente de diagnostic ou qui l’ont reçu avant le confinement sont souvent ceux qui n’ont pas encore reçu toutes les informations pour les aider dans leur gestion du quotidien. Et donc, leur niveau de stress actuel est exacerbé – avec raison!

Je vous propose donc quelques pistes d’intervention et des outils qui pourront faciliter votre quotidien – oui, en période de confinement, mais après, aussi!

Mettre en place un horaire visuel

À quoi votre journée ressemblera-t-elle, dans les grandes lignes? Ici, on privilégie les images (voire, les photos pour les plus jeunes ou ceux qui risquent de ne pas associé une illustration à son propre quotidien) simples, épurées et claires. On les place dans une séquence de gauche à droite ou de haut en bas. On peut commencer par illustrer l’avant-midi puis, après le diner, on place la séquence de l’après-midi et de la soirée. Ça évite qu’il y ait trop d’éléments à voir à la fois, ce qui pourrait surcharger et surstimuler l’enfant, ce qui n’atteindrait pas du tout l’objectif de réduire le stress en réduisant l’inconnu. Le but est de rendre le déroulement de la journée assez prévisible. Ainsi, l’enfant a un sentiment de contrôle et se sentira moins anxieux par le fait même.

Prévoir un coin apaisant avec des objets sensoriels appréciés par l’enfant

Ce coin peut être aménagé dans la chambre de l’enfant, dans le salon, dans le sous-sol ou encore, toutes ces réponses! On peut utiliser une petite tente dans laquelle l’enfant se sentira en sécurité et surtout, loin des stimuli stressants. Si on n’en a pas, on peut placer des coussins confortables dans un coin d’une pièces, tout simplement. Et pourquoi ne pas rendre accessible des outils sensoriels apaisants pour l’enfant, comme le fameux lézard lourd Manimo (attention : sur chaque objet lourd, il y a une mise en garde en termes de temps qu’on peut laisser l’enfant manipuler l’objet, d’âge minimal de l’enfant et on nous rappelle de superviser son utilisation. Ce sont des consignes de sécurité à respecter pour éviter tout risque de blessures pour l’enfant. SVP, lisez attentivement les mises en garde avant l’utilisation.) ou encore, un sac Magique qui fait très bien l’affaire! On peut aussi mettre à sa porté toutous et doudous qu’il affectionne particulièrement. Il est possible d’utiliser ce coin d’apaisement lorsqu’on sent une surcharge émotionnelle chez notre enfant afin d’éviter une crise.

En cas de débordement, restez calme, silencieux et réduisez les sources de stimulation

Parfois, la crise était inévitable. Lorsque notre enfant est en crise, on s’assure qu’il soit en sécurité, on reste à proximité, on diminue les sources de stimulation (baisser l’intensité des lumières ou les éteindre, fermer la télévision ou la radio) et on garde le silence. Souvent, le son de notre voix, aussi harmonieuse soit-elle, peut devenir un stimulus supplémentaire à gérer pour notre enfant qui tente par tous les moyens de calmer sa tempête intérieure. Au besoin, on peut le prendre dans nos bras (si le contact physique l’apaise, évidemment). Une fois apaisé, on peut attendre avant de réintroduire les sources de stimulation puis, les réintégrer graduellement.

Et enfin, je vous invite à être indulgente envers vous-même; vous faites de votre mieux. Et c’est normal si votre mieux n’est pas au top, en cette période hors du commun.

Bon courage!


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