Santé

L’impact des catastrophes –Jusque dans nos gènes

Tsunamis, séismes, cyclones, inondations, tueries, guerres … tous les jours, aux quatre coins de la planète, des catastrophes frappent les populations. Parmi les victimes : des enfants. Quels-en sont les impacts sur leur développement?

Une statistique de l’Observatoire permanent des catastrophes naturelles et des risques naturels dénombre près de 12657 catastrophes dommageables, entre 2001 et 2015.

Qu’importe l’âge, face à l’impensable, personne ne réagit de la même manière. Alors que certains paniquent et semblent se pétrifier, d’autres savent instinctivement quoi faire. Il en va de même pour l’après-événement : les contrecoups d’une tragédie se vivent différemment, chez chaque individu.

Le rôle prédominant des gènes

Suite à un désastre ou un épisode traumatisant, la détresse psychologique vécue par les enfants sera influencée par différents facteurs, dont l’interdépendance gènes-environnement.

Selon certaines études, dont l’une de Silbereisen, Van Ijzendoorn et Zhang, il semblerait que les gènes modulent les effets des catastrophes en prédisposant « plus ou moins les individus à subir les effets négatifs ou positifs de ces facteurs. » Les conséquences d’un épisode traumatisant peuvent être plus significatives pour les enfants génétiquement plus vulnérables.

En somme, face aux catastrophes, nous ne sommes pas tous égaux. « 1De la psychopathologie à la résilience », ces événements charnières laissent des traces qui viendront teinter la vie de l’enfant, et ce, jusque dans sa vie d’adulte.

Les générations futures peuvent être affectées

Dans l’étude citée précédemment, on apprend également que les catastrophes agissent souvent sur la qualité parentale : le changement de comportement des parents cause un stress chez l’enfant et agit sur son niveau de cortisol. La sécrétion de cette hormone à un impact sur l’axe du stress (hypothalamo-hypophyso-surrénalien) dont toute modulation à des effets durables sur le développement psychologique, sociale et biologique de l’enfant. Ces changements seraient le fruit « une modulation de l’expression moléculaire au niveau génétique réversible qui peut toutefois être transmise aux générations suivantes » et déclenchée par une déficience au niveau des soins maternels.

Le Syndrome du Stress Post Traumatique

Si les gènes jouent un rôle prédominant dans le Syndrome de Stress Post Traumatique (SSPT), le danger perçu, la détresse ressentie, les blessures subies et les pertes matérielles sont tout aussi déterminants.

Une autre étude, effectuée auprès de 327 enfants âgés de 7 à 11 ans en syndrome de stress post-traumatique et conduite par La Greca et Danzi, démontre que le 2/3 d’entre eux se rétablissaient complètement après une année scolaire. Pourquoi? Parce que les enfants de cet échantillon était bien entouré. L’entourage et le support jouent donc un rôle capital dans la résilience et sur la route de la guérison.

Le support de l’entourage, la clé

Pour pouvoir accompagner adéquatement un enfant, suite à un événement traumatique, il faut d’abord savoir reconnaître les symptômes du SSPT : pensées obsédantes, irritabilité, changement de caractère, désintérêt généralisé, mauvais rêves, troubles du sommeil, maux de tête, vertiges, maux de ventre, etc., la liste des effets peut être longue.

Il est intéressant de noter que le SSTP peut aussi être induit par une personne proche ayant subi un événement traumatisant, par exemple : l’enfant d’un parent décédé dans un attentat.

Pour guérir du SSTP

On peut guérir d’un SSTP et se remettre d’une catastrophe, à condition d’être bien entouré et de subir une combinaison; thérapie et médication. Voici quelques-unes des options disponibles afin de se remettre d’un choc.

La thérapie cognitive – Aide le patient à transformer les croyances et les émotions négatives nées de l’épisode traumatique, en pensées et en actions en adéquation avec la réalité.

La thérapie en réalité virtuelle –  Grâce à des stimulus, en milieu sécuritaire et contrôlé, le patient est amené à affronter ses souvenirs traumatiques et à trouver différentes techniques pour réduire la détresse associée : respirations, pensées positives, etc.

La médication – Bien qu’elle doive être combinée à une thérapie, la médication peut s’avérer utile pour réduire l’agitation, l’anxiété est les cauchemars.

Les groupes thérapeutiques -  En groupe, avec des gens qui ont vécu des choses semblables, le patient est amené à partager les émotions, ses peurs et ses questionnements.

Sources :

SILBEREISEN, Rainer K., VAN IJZENDOORN, Marinus, et ZHANG, Kan. 35. Vulnérabilité et résilience chez les enfants après une catastrophe et interaction gène-environnement. Rapport mondial sur les sciences sociales, 2013: changements environnementaux globaux, 2015, p. 311.

Optimizing clinical thresholds for PTSD: Extending the DSM-5 preschool criteria to school
age childrenOptimizando el umbral clínico para el TEPT: extendiendo criterios del DSM-5 de preescolares a niños de edad escolar

BreAnne A.DanziAnnette M.La Greca

American Psychiatric Association

Hôpital pour enfants de Montréal

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