Papa

Plein le carrosse

Dans sa deuxième chronique de papa, Jean-François Bourassa aborde cette tâche combien ingrate que constitue l’épicerie… avec des enfants!

Les hommes ne possèdent pas la meilleure réputation lorsqu’il s’agit du magasinage. Je ne fais pas allusion ici à l’achat d’un système de cinéma maison ou d’une scie rotative, mais aux denrées de la vie quotidienne. Malheureusement, tous les préjugés affligeant le sexe masculin en matière de magasinage s’appliquent à ma personnalité. Je n’aborde pourtant pas la question avec mauvaise volonté puisque j’interpelle tout mon sens du jugement pour combattre cette lacune accablante.

Les critiques

Lorsque je reviens à la maison avec les emplettes, ma dulcinée déballe le tout en se permettant des commentaires sarcastiques sur ma sélection de produits. Allant d’une écorchure invisible sur le septième fruit d’un régime de bananes jusqu’à la moindre bosse sur le revers d’une boîte de conserve de sauce à poutine, elle me fait des reproches qui, somme toute, s’avèrent justifiés. Impossible de blâmer l’éclairage avantageant le commerçant pour expliquer le choix du brocoli jaune. Mes excuses sont futiles. Je dois assumer les critiques liées à l’emballage de bœuf haché qui gicle son sang, à la bouteille de jus aux parois collées et à la tomate aux pustules blancs. Chaque fois, je me demande comment ces évidences ont pu m’échapper. Pourtant, je m’applique avec rigueur, mais sans obtenir les résultats escomptés. Mais, des circonstances atténuantes peuvent expliquer, en partie, ces piètres performances.

Faire l'épicerie avec des enfants...

Avant la paternité, l’expression « faire les courses » prenait tout son sens. Une épicerie que je pouvais à l’époque accomplir en 15 minutes est, au minimum, multipliée par 5 en compagnie des enfants. Ils veulent tout voir, tout toucher. À répétition, je dois revenir sur mes pas, car ils ressentent le besoin essentiel de me montrer une panoplie de produits comme la damnée boîte de nouilles sauce tomate à l’effigie de Dora qu’ils insistent pour se procurer même s’ils refusent catégoriquement d’y goûter. Ils m’étourdissent tellement que, même muni d’une liste, je réussis systématiquement à oublier certains articles. Et je ne m’éternise même pas aux fameux sacs environnementaux que je néglige à tout coup d’apporter.

Les chariots qui charrient

Bien sûr, le panier d’épicerie lui-même n’aide en rien ma cause. Les chariots spéciaux aux apparences de camions de pompier ne sont jamais disponibles. Après une recherche imposée par les gamins, je m’en remets, à leur grand désespoir, à un carrosse conventionnel dont la palette de plastique pour asseoir la plus jeune est naturellement cassée.

Les roues couinent et coincent à chaque enjambée. Je regrette le panier parfait des commerces IKEA dont le roulement s’effectue tout en douceur. Pour ce qui est de la répartition de la charge, c’est également l’hécatombe. À quoi bon tâter l’ensemble des pains tranchés du présentoir puisqu’il sera dans quelques instants aplati telle une galette?  Tel est ma destinée. Comme les satanées bottes d’hiver trop grosses qui tombent dans la neige sale du stationnement lorsque l’enfant est retiré du chariot. 

J’avoue également perdre une grande part de ma concentration dans les kiosques de dégustations. Réclamées par les enfants toujours avides de collations, j’y suis systématiquement précédé d’un hurluberlu qui relate, avec nostalgie, l’époque et les circonstances où il a savouré un aliment semblable. Dans l’embouteillage, les gamins échappent, renversent, se tachent et recrachent la nourriture alors que je me débats à contrôler le panier récalcitrant.  

Mais malgré tout, je ne déteste pas exécuter les emplettes. Je considère même la corvée en termes d’activité familiale où chacun partage ses goûts, ses besoins et ses envies. Et si maman critique la qualité des victuailles amassées, elle ne tarit jamais d’éloges en ce qui a trait à ma capacité de convaincre les enfants à m’accompagner sans me décourager. Ce qu’elle ignore, c’est que tous patientent anxieusement dans l’allée numéro 4 où, pour une pièce de 10 cents, ils ont toujours droit à une friandise colorée.

Par Jean-François Bourassa, papa
Père de trois enfants en bas âge, Jean-François Bourassa a vu sa vie se métamorphoser au cours de la dernière décennie. Après des formations en créations littéraires et scénarisation cinématographique, il œuvre la nuit dans un domaine diamétralement opposé. Assistant également sa conjointe responsable de service de garde en milieu familial, sa personnalité est désormais marquée et influencée par la présence perpétuelle d’enfants dans son petit univers. Il nous livre sous forme de chronique ses états d’âme entre deux changements de couches.

Jean-François Bourassa

Père de trois jeunes enfants, Jean-François Bourassa a vu sa vie se métamorphoser au cours de la dernière décennie. Après des formations en créations littéraires et scénarisation cinématographique, il œuvre la nuit dans un domaine diamétralement opposé. Assistant également sa conjointe responsable de service de garde en milieu familial, sa personnalité est désormais marquée et influencée par la présence perpétuelle d’enfants dans son petit univers. Il nous livre sous forme de chronique ses états d’âme entre deux changements de couches.


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