Finances

L'allocation - plus que de l'argent de poche!

Chez certaines familles, dès le début de l’école, les enfants reçoivent une petite allocation. Chez d’autres, pas un sou ne transite entre les parents et les enfants sous forme de « paye ». La décision repose souvent sur les valeurs de la famille et du rapport à l’argent qu’ont les parents. Parce qu’il ne faut pas se le cacher, nos enfants nous imitent… même dans nos habitudes de consommation. Et devoir leur inculquer les bienfaits du budget et de l’épargne si on a des cartes de crédit plutôt remplies, cela nous oblige à revoir nos propres façons de faire. Comme nous, les enfants ont des désirs et voudraient être maîtres de leur décision. Toutefois, pour que l’expérience soit vraiment bénéfique, il faut un peu d’éducation financière! Bref, quand approche le jour de la première allocation, vaut mieux être bien préparée. Voici des pistes qui vous aideront à y réfléchir.

Planification et organisation

Allocation doit rimer avec planification, discussion et organisation! Un trio nécessaire pour que votre enfant saisisse la responsabilité qui vient avec les sous qu’il reçoit. Avoir une allocation permet d’abord aux enfants de comprendre que l’argent ne pousse ni dans les arbres ni dans un guichet automatique. Aussi, en leur accordant un certain montant chaque semaine, on les responsabilise et on leur démontre qu’on leur fait confiance. C’est une expérience gratifiante pour eux. Et évidemment, recevoir de l’argent de poche est un pas de plus vers une certaine autonomie, petite au début, mais qui pourra s’accroître plus tard avec les premiers emplois.

Donner une allocation n’est pas un geste banal, alors prenez le temps de discuter avec votre enfant de ce qu’il compte faire avec son argent. Aidez-le en lui soufflant des conseils, mais en lui laissant une certaine latitude. Avoir de l’argent de poche, c’est devenir grand pour lui! Il est maître de son portefeuille. Et cela exige de la part des parents un certain lâcher-prise aussi. Parfois, il faut qu’il apprenne de ses erreurs. À nous ensuite comme parent de ne pas combler les manques. Notre enfant dépense tout le lendemain de son allocation? Tant pis s’il ne peut pas louer le film désiré vendredi avec ses amis. Il lui faudra tirer des leçons de ses erreurs et apprendre la conséquence de ses achats impulsifs.

Sans l’accabler de reproches, montrez-lui plutôt comment planifier ses dépenses, comment diviser son allocation en fonction de ses désirs et comment mesurer l’impact de ses choix.

Vous en apprendrez beaucoup sur votre enfant en observant son comportement de consommateur. Est-il dépensier? L’argent lui brûle-t-il les doigts? Pense-t-il à épargner pour s’offrir ce qu’il désire? Remarque-t-il les soldes dans les magasins? Est-il attiré par les publicités? Trop influencé?

Bien des spécialistes financiers s’entendent qu’il faut ouvrir un compte épargne en même temps que l’on commence la remise de l’allocation. Ainsi, on enseigne quelques rudiments de l’épargne et on lui apprend à mieux évaluer ses désirs et à les espacer dans le temps.

Avoir une allocation peut aider les enfants à…

  • Acquérir la valeur de l’argent
  • Mieux gérer leurs désirs et leurs envies
  • Faire des choix
  • Apprendre la négociation
  • Se responsabiliser
  • Être autonome
Combien donner?

Pour établir le montant à verser à votre enfant, fiez-vous d’abord à votre budget et non à ce que les autres copains reçoivent. Il faut un montant raisonnable pour vous comme pour lui. Pour établir le montant, pensez aussi à ce que vous payerez pour lui et ce que vous ne payerez plus. Vous pouvez, par exemple, choisir de verser une plus grosse allocation si vous ne défrayez plus pour lui le billet de cinéma avec ses amis, la location du jeu vidéo ou un ième vernis à ongles. Bien sûr, vous continuerez à lui acheter ses biens essentiels, mais s’il veut une paire de souliers spéciale, ce sera peut-être à lui de débourser la différence entre ce que vous êtes prête à payer pour la paire « ordinaire » et la paire « top mode ».

Certains se basent sur l’âge : 7 ans = 7 $ par semaine, 8 ans = 8 $, etc. Il faut être réaliste aussi. Si notre enfant veut surtout louer des films avec son allocation, mais que ceux-ci coûtent 4,99 $, une allocation de 4 $ par semaine ne sera pas suffisante. Il est fort probable qu’il n’épargnera pas pour se le louer dans 2 semaines.

Finalement, une autre bonne idée serait d’espacer le versement quand les enfants vieillissent. Passer à une allocation aux 2 semaines ou au mois leur permettrait d’apprendre à mieux gérer et à planifier.

« Combien tu me paies pour vider le lave-vaisselle? »

Attention! Voici un des pièges d’une allocation. Votre enfant voudra peut-être négocier un pécule chaque fois qu’il effectue une tâche dans la maison. Donner de l'argent pour des tâches domestiques n’encourage ni le sens du partage ni de la responsabilité collective. L’entraide familiale ne devrait pas être monnayable. À chaque famille de définir les taches monnayables et celles qui ne le sont pas. Définissez à l’avance les tâches pour lesquelles vous verserez une allocation spéciale. Si, par exemple, vous payez un ado du voisinage pour tondre votre pelouse, vous pouvez accorder le même montant à votre enfant qui grandit et qui veut s’occuper de cette tâche.

Pour une saine gestion et pour ne pas avoir à négocier devant un « Combien tu me paies pour ramasser les poubelles? » ou « Tu me donnes des sous pour faire mes devoirs? », dressez deux listes avec les enfants et établissez que pour les tâches de tous les jours (faire son lit, ramasser ses vêtements, vider le lave-vaisselle, sortir les vidanges, etc.), il n’y a pas d’allocation ni même de négociation. Soyez claire et ferme sur ce point. Ensuite, listez les tâches exceptionnelles pour lesquelles vous les payerez (exemple : laver les fenêtres de la maison, peinturer la clôture, laver la voiture, etc.)

Aussi, selon des spécialistes, donner une allocation selon le rendement scolaire serait une mauvaise idée. Un petit plus lors d’un bulletin exceptionnel ou un redressement du rendement, oui! Mais pas au quotidien. L’éducation est trop importante pour la monnayer ainsi.

Selon Lewis Mandell, professeur à l'Université de Buffalo et gourou de l'éducation financière, l'argent de poche pourrait être nuisible surtout s'il n'est pas géré de manière stricte. « Habituer un enfant à obtenir de l'argent sans effort, c'est le meilleur moyen de le préparer à l'aide sociale », affirmait-il dans l’Actualité en août 2009.
Source : L’actualité, août 2009
Stop!

Même si vous avez décidé de donner une allocation à votre enfant, votre boulot ne s’arrête pas là. Vous devez quand même le superviser les premiers mois en acceptant qu’il s’achète des trucs que vous jugez superflus ou inutiles, mais en mettant un halte-là si ses achats contreviennent à vos valeurs (cigarettes, revues dégradantes, billets de loterie, etc.). À ce moment, vous pourriez sans problème arrêter de lui donner de l’argent ou du moins avoir une franche discussion avec lui. Stopper l’allocation pourrait l’inciter à se procurer des sous d’autres façons pas plus recommandables.

Finalement, il pourrait être facile d’utiliser l’argent comme moyen de punition ou de chantage, mais à long terme, vous n’y gagnerez rien. Il n’a pas fait son lit? Comment le priver de son allocation si vous ne lui versez pas le montant en échange de ses tâches familiales? Soyez conséquente et surtout fiez-vous à votre bon jugement. C’est un apprentissage commun, à deux niveaux, qui commence. Mais surtout une expérience enrichissante pour votre enfant qui apprend à mettre le pied dans le monde des adultes. Vous lui démontrez votre confiance, il doit comprendre qu’il ne doit pas la trahir.

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