Enfant

Mon enfant a tout et il en veut toujours plus

Aux Fêtes, nos enfants sont exposés à la consommation, aux jouets et à l’euphorie des magasins. Nos cerveaux ne sont pas faits pour être autant stimulés; dans la nature, les couleurs, les stimuli et le rythme ne sont pas aussi denses et instantanés. 

Alors bien entendu, lorsque nous sommes confrontés à autant de belles choses, nous avons du mal à nous retenir de tout vouloir. C’est fait pour cela. Le marketing est fait pour séduire, faire succomber et rendre l’objet, un nouvel indispensable. C’est difficile pour l’adulte de se restreindre, imaginez alors ce qui se passe dans la tête d’un enfant qui lui est encore en apprentissage de la patience, de la frustration et de la négociation.

Il a clairement besoin de notre aide dans ce tourbillon de la consommation.

L’action de la dopamine

Il est normal et fréquent que les enfants veuillent tout et toujours plus, car chaque fois leur cerveau s’active grâce à la dopamine qui est une des hormones du plaisir. Et qui dit plaisir, dit accumulation et succession de plus de plaisir.

Pour nous, cela génère beaucoup d’inquiétudes, car on voudrait apprendre à nos enfants la valeur des choses, la satisfaction ou la chance d’obtenir. Nous avons toujours en tête l’image de l’enfant-roi qui se roule par terre et exige toujours plus. C’est un sujet qui nous rend plus sensibles donc, réactifs.

En fait, les enfants ne veulent pas, ils répondent juste à une pulsion incontrôlée. Quand on a faim en faisant notre épicerie, on veut tout manger; pour les enfants, dans ce cas-ci, c’est la même chose. L’exposition génère l’envie.

Quand les enfants veulent tout

La première chose à faire est de les laisser regarder, même toucher et prendre, pourquoi pas. Après tout, je crois que c'est surtout la notion de découverte qui les attire. On tâte, on sent, on admire, on s'exclame et on glousse de bonheur, comme nous dans un magasin de vêtements ou de produits naturels, une parfumerie ou un magasin de meubles.

Si on nous disait de ne pas toucher et de nous tenir tranquille, ce serait plus fort que nous, non? Nous voudrions céder à la tentation! Donc on prend et on attrape, même pour un petit moment, on peut se promener dans les rayons avec un objet qui nous attire plus : un parapluie vraiment rigolo, une licorne violette et des raisins secs enrobés de chocolat, par exemple. Lorsqu’ils n’ont pas été brimés dans leur élan, les enfants ont alors moins de difficulté à se défaire de ce qu’ils convoitent.

On peut alors demander à l’enfant ce qu’il aime, si c‘est parce que c’est beau et doux, que ça a l’air délicieux et que nous aussi, on adore cela et que ce serait un très bon choix, effectivement.

Cultiver le souvenir  

Puis, vers le chemin de la caisse pour payer, on explique à l’enfant qu’il va falloir ramener la licorne. On peut même faire une photo pour la garder près de soi et pourquoi ne pas la dessiner en rentrant? On peut écrire une liste de souhaits pour savoir si on voudrait l’avoir pour une occasion spéciale.

En bref, on conscientise l’enfant sur la différence entre ses envies et ses besoins, mais on accueille avec enthousiasme ses goûts et sa spontanéité.

Dire que cela est beau ne veut pas dire qu’on le veut et qu’on l’achètera, mais nous avons toujours peur qu’une crise débarque et que ce soit le drame. On couple alors rapidement l’élan pour empêcher la déception et la gestion de la crise. Or, cette déception fait partie de l’apprentissage. La frustration est une émotion très désagréable mais que nous connaissons tous, pourtant.

Gérer la frustration

Lorsque nous sommes frustrés, nous avons besoin d’être entendus et accueillis et que l’autre nous dise qu’il nous comprend et partage notre émotion. On a tendance à minimiser l’ampleur de la frustration chez les enfants car on veut à tout prix éviter les « caprices ». Pourtant, valider les émotions de l’enfant l’aidera à traverser avec plus d’outils son état d’inconfort.

On prend alors le temps pour les aurevoirs, afin de laisser l’enfant intégrer la séparation avec l’objet. Par exemple, on fait un bisou à la licorne, une caresse au parapluie et on dit « bye bye, on se reverra bientôt ».

Il est primordial de faire confiance à son enfant lorsque celui-ci rencontre une situation comme celle-ci. Il lui faut un peu de temps pour intégrer et notre rôle est de toujours guider l’enfant lorsque celui-ci est submergé émotionnellement. Lui expliquer avec des mots simples ce qu’on attend de lui limitera ainsi les comportements inadéquats et la colère reliée au fait qu’il n’a aucun contrôle sur ce qui se passe.

On peut expliquer qu’on a le droit de regarder avec les yeux ou de toucher mais qu’on ne peut tout obtenir ni tout acheter. On peut aussi dire qu’on a le droit à un seul objet et qu’il faudra choisir. Il n’y a pas qu’une seule méthode, juste l’observation de l’enfant face à ses propres expériences nouvelles. Celles-ci peuvent être parfois intenses mais grâce à notre expérience, les enfants pourront accepter ce qui est et rajouter des outils à leurs stratégies afin de se raisonner, avec le temps.

C’est un travail de longue haleine, rappelons-nous-en!

Sources et références

Publicaiton initiale décembre 2018 

Chloé Finiels
Accompagnement Émotionnel et Relationnel

Chloé Finiels, s’est tournée vers l’accompagnement émotionnel et relationnel en 2011. Ayant un profil neuro-atypique et étant hypersensible, elle s’est intéressée à offrir des ressources alternatives. Elle a fait un parcours académique universitaire et est diplômée depuis 2006 en psychologie clinique. Elle a étudié en biologie, psychologie et embryologie. Elle s’est faite connaître via les réseaux sociaux grâce à ses billets et chroniques sur les éducations alternatives, la normalisation des difficultés parentales, mais surtout sa vision très moderne de la parentalité : comprendre en profondeur nos émotions, ce qui les réactivent, nos déclencheurs et comment accepter nos fluctuations émotionnelles. Elle est chroniqueuse pour plusieurs médias, superviseure dans l’accompagnement relationnel et émotionnel et formatrice pour les familles et professionnels qui souhaitent comprendre la famille neuro-atypique, la parentalité créative. Elle est passionnée et se forme en continu dans divers domaines : la périnatalité, les éducations alternatives, les neuro-sciences, le deuil périnatal, la communication efficace, la neuro-psychologie, la neuro-biologie, la psychothérapie d'engagement et d'acceptation, l’endocrinologie.


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