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Du collage d’oreilles à la folie des dents droites

En 1990, dans mon petit Saguenay natal, une épidémie d’oreilles décollées faisait vivre grassement les chirurgiens esthétiques. À l’école seulement, sans parler de mon entourage, nous étions des dizaines d’enfants à passer sous le bistouri. Comme un rite de passage, la cerise sur le Sunday d’une adolescence déjà pleine de complexes, nos parents nous soumettaient à cette opération considérée comme banale et routinière. Quand on y pense, avec le recul, c’est effrayant! Aucune chirurgie n’est sans risques…

Je ne voulais pas, moi, avoir des oreilles collées

J’avais dix ans lorsque mon tour est venu. J’avais une oreille légèrement décollée et, pour s’assurer d’un bon équilibre entre mes deux protubérances auditives, on a décidé qu’il valait mieux « recoller » les deux. Pas de jalouses.

Ma mère, pensant agir dans mon intérêt, se figurait que je souffrirais moins d’une opération en bas âge que des regards insistants que porteraient les gens sur mon physique, une fois à l’âge adulte. Car après tout, qui pourraient tolérer des oreilles décollées.

Je ne voulais pas me faire opérer. Mes oreilles, je les aimais comme elles étaient et j’avais exprimé mon opinion haut et fort (suffisamment fort en tout cas, pour qu’on me mette des contentions avant la chirurgie). Crispée et en colère, j’ai atterri sur la table d’opération. À mon réveil, j’avais les oreilles en choux-fleurs et je ressentais une douleur lancinante au cou. Encore aujourd’hui, trois accouchements plus tard, je n’ai pas souvenir d'avoir souffert autant que ce jour-là : j’avais une entorse cervicale.

Dommages collatéraux

Comble du ridicule, j’ai fait une réaction aux médicaments prescrits pour enrayer la douleur et du coup, je me suis retrouvée (en plus du bandage autour de la tête et de la minerve) avec un corps boursouflé et urticant. Une vraie partie de plaisir. NOT.

Trente ans plus tard, mes oreilles sont si proches de ma tête, que je peux difficilement porter mes lunettes (ce qui est embêtant pour la myope que je suis) et qu’elles ne ressentent aucune sensation. Et plus désolant encore, elles laissent tout le monde dans l’indifférence la plus totale.

C’était la mode!

Et non, je n’en veux pas pour vrai à ma mère. Elle suivait le courant, faisait comme tout le monde et croyait agir pour mon bien… comme nous le faisons pour nos enfants.

La mode du jour

En ce moment, la folie est aux appareils dentaires. À écouter les spécialistes de l’heure, tous les enfants du monde seront des adultes aux dents croches ou trop avancées et pour leur éviter les affres d’une vie sous le couvert du ridicule, nous les affublons de traitements dentaires.

Je ne doute pas, un instant, que certains enfants ont réellement besoin (à condition de définir ce qu’est un réel besoin) d’appareils dentaires, mais à ce point? Ils seront si nombreux à voir leur vie bousillée par une bouche singulière et marquée par de petites imperfections?

Ironie

Mon aîné a un appareil dentaire. L’orthodontiste m’a convaincu, mais après coup, je doute. Lorsque j'entends fiston parler, comme s’il avait cinq kilos de patates dans la bouche, incapable de manger quoi que ce soit et souffrant à tous les tours de crinque, je me demande vraiment si j’ai fait le bon choix. Bien entendu, j’ai consulté plus d’un spécialiste, mais il est difficile d’avoir l’heure juste lorsque les dits traitements sont le pain et le beurre de ces professionnels de la dentition plus-que-parfaite. Comment ne pas penser qu’ils prêchent forcément pour leur paroisse? Un peu comme les chirurgiens pour les oreilles d’antan…

Pas mieux que ma mère!

Dans trois décennies, fiston parlera peut-être avec amertume de cet été où son horrible mère l’avait contraint à porter un appareil dentaire aussi gros que le pont Champlain, afin qu’il puisse éventuellement arborer un sourire Colgate.

La morale de cette histoire : les temps changent, mais nous ne sommes ni meilleurs ni pires que nos parents. Nous aussi, on fait seulement ce que l’on peut et personne n’est imperméable aux courants du moment.


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