Ado

Que faire pour aider nos ados à traverser cette crise tout en douceur ?

Ce n’est pas un secret, le confinement est très difficile pour les adolescents. Ceux qui sont au tout début de leur vie se retrouvent confinés à un mode de vie contraignant et à une oppression de leur évolution sociale.

Dre Johanne Lévesque, neuropsychologue et experte du cerveau se désole face à la dégradation de la santé mentale des adolescents qu’elle voit quotidiennement dans ses cliniques. 
 
Nous avons posé la question suivante à nos lectrices : « Quelles sont vos inquiétudes face à la santé mentale de vos ados? » Des dizaines de messages sont alors apparus sur les réseaux sociaux, le forum et par courriel. Nous avons remarqué qu’elles vivent plusieurs craintes et un fort sentiment d’impuissance face à la situation actuelle. La détresse est palpable. Voici les préoccupations qui ressortent le plus chez nos lectrices et les conseils de Dre Johanne Lévesque.   

Les sportifs et la motivation scolaire

Pour certains enfants, la seule façon pour eux de de passer à travers leur parcours académique est en pratiquant des sports. Le sport est non seulement leur moyen de s’épanouir, mais aussi un outil important qui contribue à la réussite scolaire. 

À la question : comment faire pour aider mon enfant à rester motivé à l’école sans faire de sport ? 

Dre Johanne Lévesque répond : 

« En effet c’est extrêmement difficile pour les athlètes. Dans le cas des sports d’élite, je recommande souvent de développer la visualisation dont les bienfaits sont appuyés par plusieurs recherches en neuro-imagerie. Peu de gens le savent, mais la visualisation est bénéfique pour les athlètes de haut niveau. La visualisation de ta performance va modifier la fonction cérébrale et améliorer automatiquement tes performances à venir. »

Et pour les sportifs de loisir ? 

« C’est le temps de saisir l’occasion d’exercer des habiletés qui sont difficiles habituellement. Par exemple,  si ton sport est le hockey pratique tes tirs au but, si tu es une joueuse de soccer, améliore ton activité cardiovasculaire en faisant du jogging et fais tes techniques de jonglage. »

Le confinement est les relations sociales

Les jeunes sont privés de contacts humains, de relations amoureuses, d’expériences sociales. À long terme, les effets sur la santé psychologique seront néfastes. 

À la question : pourquoi cette tranche d’âge est-elle particulièrement touchée ? 

Dre Johanne Lévesque répond : 

« La perturbation des relations sociales est plus problématique chez les ados que dans les autres tranches d’âge, puisqu’ils consolident leur identité à cet âge. C’est le moment où ils cristallisent leur identité, mais pour se faire, ils doivent s’exposer aux autres afin de se comparer et de vivre diverses expériences. Chaque étape est importante pour eux. Ils ont besoin de vivre des échecs et des réussites pour découvrir leurs passions et leur identité entière. »

« Il est important de noter qu’il y a deux types d’ados : les extravertis et les introvertis. Les deux peuvent réagir différemment face à la crise. Les extravertis ont besoin d'interactions sociales pour recharger leurs réserves énergétiques. Pour eux le confinement sera plus difficile à vivre. Contrairement aux extravertis, les introvertis auront besoin de solitude pour recharger leurs batteries. Ils seront alors probablement moins touchés par la pandémie. Par contre, il est important de ne pas prendre l’enfant introverti pour un enfant qui aurait des angoisses psycho-sociales. »

À la question : comment savoir si mon ado s’isole trop ? 

Dre Johanne Lévesque répond :

« Tous les jeunes ont tenté de s’adapter au confinement d’une façon ou d’une autre. Certains auront découvert qu’en s’isolant un peu ils ont réussi à se recréer une routine et y ont trouvé un certain réconfort. La solitude aura peut-être pu les aider à prendre le temps de se questionner sur leur avenir, à prendre un moment seul avec eux-mêmes. » Il faut simplement s’assurer qu’ils sont réellement à l’aise dans cet isolement. »

Les dangers de la surinformation 

On le sait : les réseaux sociaux peuvent constituer une plateforme adéquate pour socialiser avec les amis et, dans certains cas, être indispensables. Par contre, l’information qui s’y trouve n’est pas toujours valide ni vérifiée. 

À la question Comment faire pour éviter que mon enfant ne soit massivement influencé par les fausses informations véhiculées sur les réseaux sociaux ?

Dre Johanne Lévesque répond : 

« Les réseaux sociaux ne constituent pas nécessairement, le problème, cela dépend de l’utilisation qu’on en fait. Il est primordial d’inciter les jeunes à toujours valider les sources trouvées dans des médias alternatifs avant de croire au message ou à le véhiculer. Les jeunes n’ont pas d’expérience de vie et leur esprit critique est en plein développement. Voilà pourquoi il faut les inviter à analyser l’information présentée. »

À voir absolument : une entrevue entre la docteure Johanne Lévesque et Richard Martineau à l’émission Les Francs-tireurs sur le profil psychologique des complotistes

Le refus de consulter

À l’âge de 14 ans, les enfants peuvent consentir ou non à des soins médicaux. Il en est ainsi pour les soins en santé mentale, un élément susceptible d’alourdir la tâche des parents qui croient que leur jeune aurait besoin d’aide psychologique. 

À l’affirmation suivante : « je crois que mon enfant devrait consulter, mais il refuse. Que faire ? »

Dre Johanne Lévesque répond : 

« Malheureusement, dans un tel cas tout ce que le parent peut faire est de l’accompagner. Essayer de passer plus de temps avec lui et d’être davantage à l’écoute de ses besoins. Ne jamais minimiser sa douleur et reconnaître l’état de sa souffrance. Par contre, il faut tenter de lui faire comprendre que puisqu’il refuse d’obtenir de l’aide externe, il doit malgré tout créer un plan pour améliorer sa situation. Lui faire comprendre qu’il y a toujours des façons de s’en sortir et que pour y arriver, il doit penser à des solutions possibles. Lui rappeler qu'en effet c’est difficile, mais il est possible d’aller mieux. »

Elle mentionne aussi qu’il est important d’être à l’écoute des symptômes dépressifs et de s'assurer que son enfant ne met pas sa vie en danger. Parce que même si l’enfant a une certaine liberté quant aux soins médicaux qui lui seront procurés, le parent a une responsabilité à ce même titre et doit d’intervenir si la situation ne s’améliore pas. Plusieurs ressources s’offrent à vous. 

Dre Johanne Lévesque conclut en partageant avec nous sa stupéfaction devant la détresse profonde et douloureuse qu’elle constate chez les jeunes qui la consultent dans ses cliniques. Elle nous invite à convaincre nos jeunes de s’accrocher et à les aider à relativiser la situation, en les amenant à s’imaginer un avenir plus prometteur.

Un grand merci à Dre Johanne Lévesque pour cette entrevue ! 

Dre Johanne Lévesque, neuropsychologue, a initié le neurofeedback au Québec en 2002 en fondant la clinique Neurodezign avec plusieurs membres de sa famille et un groupe d’entraîneurs qualifiés. Elle partage son temps entre la pratique clinique et la réalisation de projets de recherches. Elle est également co-auteure de 3 livres, dont 2 best-sellers. 

Les cliniques Neurodezign élaborent rigoureusement des plans sur mesure pour chacun de leurs clients afin de leur permettre d’exprimer leur plein potentiel. Les cliniques Neurodezign élaborent rigoureusement des plans sur mesure pour chacun de leurs clients afin de leur permettre d’exprimer leur plein potentiel. Communiquez avec eux dès maintenant si vous avez des questions sur le neurofeedback, les troubles d’apprentissage comme le trouble déficitaire de l’attention (TDAH) et les solutions de remplacement à la médication. 

 

Écrit par Michèle Laplante


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