Famille

Devenir belle-mère

Vous l’aimez. Il vous aime. Votre histoire d’amour aurait pu s’arrêter là, mais il a des enfants. Du coup, vous devenez « belle-mère » et votre couple prend une tangente familiale. Prête?

Dans la culture populaire, on ne peut pas dire que les « belles-mères » ont bonne réputation. On n’a qu’à penser à celle de Cendrillon, probablement la plus cruelle de toutes (peut-être à part celle d’Aurore, l’enfant martyr). Mais dans la réalité, les belles-mères souffrent encore de ces préjugés, souvent entretenus par l’ex-conjoint (la mère des enfants). Reste qu’on ne doit pas se fier qu’à ces stéréotypes méchants. Il est possible de bien vivre son rôle de belle-maman auprès des enfants de notre conjoint même si c’est souvent compliqué, difficile et sources d’innombrables questionnements.

Un rôle flou

Deuxième maman? Grande amie? Ennemie? Pour l’enfant, la belle-mère représente celle qui fait en sorte que sa vraie famille ne reviendra pas comme avant. En effet, longtemps les enfants souhaitent que leurs deux parents reprennent vie commune. La belle-mère vient casser ce rêve. C’est pourquoi certains enfants réagissent si mal, peu importe votre gentillesse. Avant de vous embarquer dans une relation dans laquelle votre amoureux a des enfants, vous ne pouvez pas prédire comment cela se passera.

En effet, vous êtes devant des enfants qui ne sont pas les vôtres, que vous n’avez pas « désirés » et portés et qui en plus sont peut-être à l’opposé de ce que vous imaginiez comme enfant. Il se peut aussi que vous n’ayez jamais envisagé de devenir mère un jour et vous voilà plongée dans un rôle similaire sans aucune préparation ni mode d’emploi. C’est en effet un peu effrayant. Il est normal de douter, de vous poser des tas de questions et de bien évaluer ce plongeon. Mais c’est peut-être aussi l’occasion de saisir toute une expérience de vie. Peut-être êtes-vous soulagée d’avoir désormais des enfants dans votre vie sans en avoir toute la responsabilité. Peut-être que ce nouveau rôle vous fera prendre la décision d’avoir ou non des enfants. Peut-être que cette conciliation vie de famille et vie amoureuse vous enchantera bien plus que vous ne le croyez…

En fait, devenir « belle-maman » est une aventure que vous ne choisissez pas vraiment. Rares sont celles qui cherchent clairement un amoureux avec enfants dès le départ. C’est plutôt l’aventure qui vous choisit! Vous avez le choix : vous restez détachée complètement, vous vous investissez exagérément ou vous plongez et prenez petit à petit votre place. Les deux premières options sont beaucoup plus risquées quant à la survie de votre couple amoureux. La dernière option demande beaucoup de travail, de persévérance et de compromis, mais elle permet la création d’une vie de famille recomposée plus saine.

De bonnes relations

Pour bâtir de bonnes relations avec les enfants de son conjoint, il serait facile de dire qu’il suffit d’y mettre du sien et que les enfants, leur papa et leur maman feront pareil. Il y a plus que cela. Chacun arrive avec son propre bagage, ses expériences, ses blessures, ses rêves et ses désirs. Tout un mélange, parfois explosif et souvent émotif.

Le temps serait un allié considérable. Rien ne sert de tout bousculer et en arriver rapidement à des relations magiques. Vos efforts et vos initiatives sont louables, mais vous risquez de heurter un mur si vous essayez d’en faire trop. S’adapter au rythme de vie de chacun, vivre avec ses manies et ses habitudes et s’apprivoiser en douceur, c’est une démarche qui ne se solde par la réussite qu’avec du temps et de la patience.

Bons plans

Pour que tout se passe bien, plusieurs ont des trucs ou des recommandations d’amies ou de collègues qui sont déjà passées par là. Mais ce qui compte aussi, c’est de se fier à son instinct.

Soyez vous-même!

Vous n’êtes pas sa mère. Vous ne souhaitez pas vraiment devenir son « amie », non plus. Alors qui serez-vous auprès des enfants de votre amoureux? Soyez vous-même… N’essayez pas de jouer le rôle de la « trop gentille » ou de la « trop compréhensive ». Porter ce rôle quelque fois, ça va, mais seriez-vous prête à le faire à long terme? Il faut être sincère et vraie avec les enfants autrement, ils le ressentent. 

Prendre sa place… sans prendre toute la place

Vous aurez l’impression de danser un tango étrange. Dire ce que vous pensez? Taire vos commentaires? Imposer certaines règles?  Ne jamais rien dire n’est pas une solution, vous vous sentirez frustrée, un jour ou l’autre. Mais savoir se taire à l’occasion est parfois aussi une bonne option. En fait, il n’y a pas de recette miracle. Vous devez donc vous imposer sans tout casser. Être trop désengagée ferait en sorte que jamais une réelle relation ne pourrait exister entre vous et eux. Cela exigera du doigté, de la diplomatie et beaucoup de patience.

Allez vers eux

Les enfants ont des détecteurs spéciaux! Ils savent quand un adulte est vrai avec eux et quand il joue faux. Faites l’effort d’aller vers les enfants de votre conjoint et de leur proposer des discussions ou des activités. Soyez indulgente s’ils ne réagissent pas avec autant d’enthousiasme que vous l'auriez souhaité. Il vous faudra être tolérante. Une séparation laisse les enfants fragiles et méfiants; il faudra du temps. En fait, beaucoup plus à eux qu’à vous. 

Apprendre à s’accepter  

Ses enfants ne seront jamais les vôtres. Vous ne les auriez sûrement pas élevés de la même façon. Vous n’avez jamais été une maman. Ils ne vous ont pas choisie. Pour amorcer une relation, ce n’est pas simple! Vous devrez donc apprendre à vous « accepter » mutuellement! Il y aura des ajustements, des discussions, des prises de bec, etc., mais si tout est fait dans le respect et dans le but commun de trouver une façon de bien vivre ensemble, vous y arriverez.

R.E.S.P.E.C.T.

Oui! Vous voulez que votre relation soit bonne. Oui! Vous voulez faire tout en votre possible pour que ces enfants vous acceptent. Oui, tout cela! Mais vous devez aussi être respectée. Vous ne devez pas plier sur tout. Devant un manque de respect, signalez-le clairement à l’enfant et dès le départ (autrement, le message deviendrait flou!). Son attitude ne change pas? Une discussion à trois (avec son père) est de mise. Le respect est à la base de tout.

Faire équipe

La meilleure aide sera… votre conjoint. Son attitude fera la différence dans la relation future entre ses enfants et vous. Alors, préparez-vous pour une bonne dose de discussion! N’ayez pas peur de dire comment vous vous sentez. C’est mieux ainsi… Votre conjoint doit vous donner une latitude pour agir à votre manière – en concordance avec ses méthodes d’éducation -  et s’assurer que ses enfants vous donnent une chance. Il doit aussi comprendre et accepter que vous faites les choses à votre manière. Établissez de nouvelles règles ensemble pour le bon fonctionnement de votre nouvelle maisonnée. Les enfants doivent sentir que vous faites équipe et que les règles sont les vôtres (à vous deux!). Vous devez sentir que vous avez son appui; c’est important pour ne pas avoir l’impression de faire votre route seule devant ses enfants et votre nouvelle vie.

L’ex et vous

L’ex de votre conjoint peut vous faire la vie dure, vous faire sentir incompétente, vous juger et même « monter » ses enfants contre vous. Avec elle, la confrontation est à éviter à tout prix. Elle non plus ne deviendra pas votre amie (pas au début, du moins!). Basez votre relation sur un profond respect mutuel. Faites vous un devoir de ne jamais parler d’elle en mal devant les enfants. Et si un conflit persiste, réglez-le entre adultes en laissant les enfants en dehors de la discussion.

Des belles-mamans se racontent…

« Ce n'est, en général, pas avec les enfants qu'il faut gérer un problème, mais avec le nouveau conjoint. Ce qui est le plus difficile, c'est que tout le monde n'a pas les mêmes façons d'élever les enfants, et tout le monde n'a pas les mêmes valeurs. Si j'avais un seul conseil à donner, c'est de très bien réfléchir avant de s'embarquer dans une relation où il y a déjà des enfants. Je ne dis pas de ne pas le faire, mais de bien s'expliquer et de mettre les points sur les i, car ce n'est pas évident de faire des requêtes quand on a trop attendu pour expliquer nos propres valeurs, et ce que l'on trouve inacceptable ou non. »
Chantale

« Pas très bien, mais après quelques années, ça c’est replacé! Ce n’est pas toujours facile pour un enfant de voir une autre femme prendre la place de sa mère! Mais aujourd'hui ça va très bien autant avec l'enfant qu'avec la maman! Si j'avais un conseil : soyez patiente! »
Janie

« C’est l’enfer! Ça va faire 3 ans que je suis avec le père. Le petit me dit que je ne suis pas fine sûrement parce que la mère parle de moi devant lui. Je trouve cela très plate, mais je sais qu'il ne le pense pas vraiment, alors je vais être patiente. »
Nancy

« Ça va bien, mais avec 6 enfants au total (3, 6, 9, 16, 19 et 21 ans), notre secret est simple : ça prend 2 maisons! Quand on passera à l'étape de la vie commune, eh bien, on verra! Depuis maintenant 14 mois, on se voit 5 jours/sem. Nous ne voyons pas le « rush » de vivre ensemble pour l'instant. Ça viendra! »
Mélanie

« Être la belle-mère ou le beau-père - car c'est pareil je crois-, c'est très difficile. Quand les enfants sont jeunes ou ado, c'est des épreuves différentes. Il faut avoir beaucoup, beaucoup de communication, de compréhension, mais surtout beaucoup d'amour entre les amoureux pour affronter toutes les épreuves. Alors PATIENCE et il faut se dire une journée à la fois! »
Nathalie

« Pour avoir vécu l'expérience du côté enfant, je peux vous dire que ce n'est pas facile. Un bon conseil : n'essayez jamais de remplacer la mère, sinon attention! Surtout avec des adolescents! Sans que vous vouliez nécessairement mal faire, les ados, eux, cherchent la petite bête et ils sont très bons pour la trouver. Et, croyez-moi, aucun enfant n'a besoin de mauvais commentaires de la part de sa mère pour se faire une opinion sur sa belle-mère. Faites donc confiance à leur intelligence. Les enfants sont capables de beaucoup de méchancetés quand ils sentent qu'une personne prend la place qui, selon eux, devrait être exclusivement à eux dans le cœur de papa. »
Nathaly

« Avec de la persévérance et de l'appui du papa, tout s'est très bien fait. Je n'ai jamais entendu de mots désagréables des enfants malgré que j'en entendais qui venaient de la mère. Jamais je n'ai rabaissé leur maman. Elle est et restera toujours leur maman et jamais je ne la dénigrerais devant elles (même si je ne la porte pas dans mon cœur). Le meilleur conseil est de ne pas être à part et de s'impliquer dans leur évolution. De ne pas juste être un couple où chacun a ses enfants, mais bien d'être une famille tous ensemble. D'être là pour l'enfant de l'autre comme on aimerait que notre conjoint le soit pour notre propre enfant. »
Roxane

« Si je peux me permettre, pour celles qui lisent l'anglais (le livre n'a malheureusement pas encore été traduit en français), je vous conseille la lecture de Stepmonster de Wednesday Martin. La situation de belle-mère n'est pas aisée au quotidien. Plusieurs situations deviennent plus difficiles : notre patience n'est pas toujours ce qu'elle est avec nos propres enfants, nous sommes confrontées à des situations que les familles nucléaires n'ont pas à gérer. Bref, Mme Martin, PH. D. en psychologie, nous raconte la famille recomposée, mais du point de vue de la belle-mère et non de l'enfant. On déculpabilise, on réalise que nous ne sommes pas seules à vivre ce que nous vivons. Elle nous donne des pistes de solution... Notre bien-être est pris en compte en premier. Ça fait du bien. Oui, le bien-être de l'enfant est important, mais nous avons également des sentiments, nous visons des émotions différentes et je crois qu'il est important de les vivre pleinement. Une lecture qui m'a été recommandée et qui m'a aidée à passer à travers des moments difficiles et qui m'aide encore et encore. »
Isabelle

« Quand j'ai commencé la relation avec mon mari, il avait pratiquement sa fille à temps plein, les premières semaines n'étaient pas évidentes parce qu'avant de vivre une vie de famille, il fallait apprendre à s'apprivoiser comme couple. Ensuite est venue la garde partagée et ça nous a appris à mieux nous connaître et nous apprécier davantage. Pour ce qui est de la petite, elle avait 2 ans à l'époque et était tellement attachante que ça n'a pas été compliqué de tisser des liens. Je ne suis pas sa mère et je ne veux pas la remplacer, mais plutôt être un complément. On a une superbe relation et on est maintenant une famille agrandie avec le petit garçon que nous avons eu son père et moi. Ça va tellement bien que nous prévoyons en avoir un 2e rapidement. Comme quoi les belles relations avec les enfants de son conjoint sont plus que possible... Mon mari qui a eu à conjuguer avec une préado (ma fille) a très bien réussi à créer avec elle une superbe complicité et il me répète sans cesse qu'il l'aime autant que sa propre fille, alors je trouve ça formidable. On est vraiment chanceux! »
Véronica

« Je n'ai pas d'enfant, je n'en ai jamais voulu à moi, mais mon copain en a un de 3 ans et demi. Je le connais depuis qu'il a un an et demi et je l'ai vu faire ses premiers pas. Nous ne pouvons pas ne pas aimer un enfant, même s'il n'est pas de nous. Et je me suis surprise à trouver ça moins pire que je pensais. Ça va très bien avec lui, c'est une petite boule d'amour, j'essaie de l'encadrer et de lui donner de l'amour du mieux que je peux sans jouer à être sa mère. Nous connaissons des moments difficiles avec la mère justement depuis quelques mois, c'est ce qui est le plus difficile dans l'histoire ces temps-ci et c'est dommage parce que la communication est rompue entre les deux parents. Alors, c'est un peu déstabilisant pour l'enfant, pour les parents et leurs conjoints.... De notre côté, nous aimerions que la communication renaisse pour le bien de l'enfant et afin qu'il vive en harmonie.... Nous nous croisons les doigts parce que l'important, c'est l'enfant! »
Myriam

« Les débuts, c'est nécessairement délicat, parce que les enfants ont déjà une mère et qu'il faut bâtir notre relation avec eux sur une base neuve (une base ni amicale, ni tout à fait parentale non plus), pour laquelle on n'a aucun modèle social. Si j'avais à donner un conseil à une amie qui ferait elle aussi ce grand saut en parachute, je lui dirais : bâtis ton couple: bâtissez votre famille. Parlez-vous. Écoutez-vous. Parce que si on n'a pas de modèle social de belle-mère, le père dans une famille recomposée, lui non plus, n'a pas de modèle! Et dans une famille recomposée où le père ne fait pas ce travail de couple, la belle-mère devient presque nécessairement (1) une domestique ou (2) une blonde de fin de semaine ou (3) une personne constamment incomprise et frustrée. J'exagère un peu, mais bon. Ce n'est pas pour rien que je blogue là-dessus depuis un an et demi! »
Marâtre joyeuse

Image de Nadine Descheneaux

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