Famille

Les mamans entrepreneures

On imagine les soupers manqués et la course incessante. Pourtant, porter les titres de maman et d’entrepreneure n’est pas forcément un obstacle insurmontable. Au contraire.

Quelques statistiques

Elles sont de plus en plus nombreuses : au Québec, on comptait en 2000 173 700 femmes entrepreneures (ce qui comprend les travailleuses autonomes incorporées – à la tête d’une entreprise possédant une existence légale – ou non incorporées), parmi un total de 503 600 travailleurs autonomes. En 2010, la proportion grimpait à 189 500 femmes parmi 546 500 travailleurs autonomes québécois (Source : Statistique Canada).

Ce n’est pas tout : en 2008, 47 % des PME avaient à leur tête une femme qui en était propriétaire, selon une autre étude de Statistique Canada.

Ces données ne sont que des chiffres, mais elles traduisent une réalité qui nourrit l’optimisme. On ignore toutefois combien de femmes, parmi ces chefs d’entreprise, ont également fondé une famille…

Ces femmes que l’on perçoit souvent comme des héroïnes ne sont pourtant pas toutes esclaves des efforts et des irritants de la conciliation travail-famille (bien que ce soit sans doute le cas pour certaines femmes chefs de grandes entreprises, voire de PME).

Qualité de vie

Des mamans entrepreneures – constituent-elles la majorité ou une minorité? – ont choisi de prendre leur destin à bras-le-corps. C’est le cas de Nathalie Roberge, 48 ans, fondatrice et propriétaire de Roberge Communication Marketing et mère de deux enfants. « J’ai établi mes priorités personnelles et professionnelles et j’ai décidé de ne plus me laisser porter par la vie. J’ai choisi la qualité de vie », confie la maman de Florence, 8 ans et Émilie, 15 ans.

Elle a démarré son entreprise en 2009, après avoir occupé le poste de directrice des communications dans un cabinet d’avocats. Elle avait auparavant pratiqué le métier d’avocate pendant cinq ans, après avoir œuvré au sein de l’équipe des communications du cabinet d’avocats Ogilvy Renault. « Je partais à 6h15 le matin et je ne revenais pas avant 19h30 et je ne dînais presque pas », relate celle qui est également présidente régionale (Lanaudière) du Réseau des femmes d’affaires du Québec (RFAQ).

Comme elle dirige aujourd’hui sa propre entreprise, elle est désormais maîtresse de son emploi du temps. Celui-ci est tout de même fort chargé, puisqu’elle n’a qu’une employée. En fait, elle affirme avoir opté pour l’entrepreneuriat justement pour disposer de plus de temps à consacrer à ses enfants.

Modèles de mères entrepreneures

Mme Roberge a accepté de partager des bribes de son quotidien de maman entrepreneure. Levée à 6h, elle est au bureau à 8h30 (il faut dire que celui-ci se trouve à cinq minutes de la maison!). Elle termine à 16h30 et peut donc aller chercher ses filles à l’école. « Et si j’ai des dossiers à terminer, j’amène ma plus jeune au bureau. Et parfois, je demande à la surveillante de venir reconduire ma fille lorsque je suis mal prise », enchaîne-t-elle en précisant qu’elle peut même parfois dîner à la maison.

En plus des séances de patinage artistique de la cadette, des cours d’équitation de l’aînée et des cocktails ou réunions d’affaires, elle parvient à respecter le devoir qu’elle s’est imposé de savourer les petits déjeuners et les soupers avec les membres de sa famille. Évidemment, il faut parfois travailler en soirée (entre 21 et 23h) et même la fin de semaine lorsqu’on est travailleur autonome, signale-t-elle.

Comment fait-elle? D’abord, « nous essayons de trouver des ressources et de l’aide dans notre réseau personnel, par exemple pour les rendez-vous chez le médecin ou les urgences au bureau ». Le soutien peut également provenir de l’extérieur du cercle de la famille et des amis, comme les réseaux d’aide aux devoirs pour les enfants, par exemple.

Le pilier de la gestion de l’emploi du temps chez Nathalie Roberge est la planification : celle des repas de la semaine, le dimanche, avec la préparation de potages et de plats que l’on congèle en portions individuelles ou familiales, pour les repas à la maison ou pour les lunchs… Et bien entendu, on partage les tâches entre les quatre membres de la famille, souligne-t-elle.

Enfin, les listes de tâches, modestes ou plus lourdes, font désormais partie du quotidien de Nathalie Roberge.

La règle du 5 heures PM

La préparation des repas de la semaine le dimanche, de même que le recours à l’aide extérieure comptent également parmi les outils qui permettent à Marie-Josée Condrain de concilier la vie familiale aux contraintes de l’entrepreneuriat. Coordonnatrice au développement et partenariat à la Fondation les petits trésors de l'Hôpital Rivière-des-Prairies et conseillère au développement des affaires pour les OSBL (organismes sans but lucratif) depuis dix ans, elle est travailleuse autonome et mère monoparentale d’un garçon de 13 ans. Selon elle, pour être une maman entrepreneure heureuse, il faut « savoir dire non! Rester calme et savoir tout fermer à 18h… Garder l’équilibre, c’est vraiment la clé pour moi », explique-t-elle dans un courriel.

Les deux enfants de Ruth Vachon, PDG du Réseau des femmes d’affaires du Québec, sont aujourd’hui adultes. Mais à l’époque où elle a démarré sa première entreprise, en 1986, les services de garde à 7 $ par jour n’existaient pas et ses enfants étaient gardés à la maison.

Parmi les moyens qu’elle a trouvés pour concilier boulot et famille sur un terrain défavorable aux conflits, elle a institué « la règle du 5 heures PM ». « Avant 5h, les enfants me téléphonaient le moins possible, mais après cette heure, elles étaient toujours prioritaires même si j’étais avec des clients », précise-t-elle dans un courriel.

Même si les enfants ont quitté le nid familial, elle accorde autant d’importance aux accommodements entre la vie personnelle et la vie professionnelle. Le iPhone muni d’un petit clavier de poche lui est fort utile pour régler certains dossiers. Et elle applique encore la règle du 17h : après cette heure, elle n’hésite pas à informer les personnes qui la sollicitent pour une requête professionnelle que cette période est consacrée à ses proches.

Conciliation équitable!

Audrey Robert a pour sa part décidé de partager en parts à peu près égales les jours de semaine entre son travail et ses enfants. Mère de deux enfants de 3 ans et demi et six ans, elle dirige avec son conjoint une clinique chiropratique à Granby (Centre chiropratique pour la famille). « Je réserve une dizaine d’heures par semaine pour mes patients, un peu moins de dix heures au réseautage et aux autres tâches connexes à l’entreprise (et tout le reste à ma famille », relate-t-elle dans un courriel.

Ses enfants n’ont jamais fréquenté la garderie; leurs grands-parents se sont vu confier la tâche agréable de les garder. Elle affirme d’ailleurs que le soutien familial – de même que la flexibilité dans l’aménagement de son horaire – constitue ses deux clés pour la conciliation travail-famille. « Je pense que toutes les « mamanpreneures » doivent se développer un réseau d’entraide. Pour moi, c’est en grande partie ma famille. Lorsque ce n’est pas possible, il faut trouver des amis ou des connaissances pour le faire. »

Elle s’est ainsi approprié son quotidien de femme d’affaires, mère et épouse. Tout comme Nathalie Roberge. « Trop longtemps, j’ai laissé la vie faire mes horaires. J’ai décidé de prendre ma vie en mains », ajoute la fondatrice de Roberge Communication Marketing.

Et vous? Vous réussissez à concilier entreprise et vie de famille? Vous avez des trucs qui vous permettent de passer au travers? Vous avez des conseils à partager avec nous? N’hésitez pas à nous écrire!

Image de Josée Descôteaux


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