Santé

Soutenir un enfant dont le parent est malade

En fonction de son âge et de sa maturité, l’enfant doit être mis au courant de la maladie de son parent, et de ce qu’elle signifie ou implique. Avec ses impondérables et ses crises probables, la maladie d’un parent est un fait réel.

Confronté ainsi à cette réalité difficile, et plutôt que de fantasmer sur des choses qui ne sont pas vraies, l’enfant doit pouvoir se forger une opinion et s’en ouvrir à d’autres. Suivant ses intuitions et son sens de l’observation, l’enfant est alors plus conforté dans l’idée que son parent est plus fragile. Dans la réalité, l’enfant est attiré affectivement par son parent et ressent le besoin de constater par lui-même qu’il est bien là, qu’il n’a pas disparu ou qu’il ne l’a pas abandonné. Il a même parfois envie de s’en occuper dans la réalité. 

Quelles sont les réactions potentielles d’un enfant face à la maladie?

La culpabilité

La culpabilité est également toujours présente à des degrés divers chez tous les membres de la famille d’un parent gravement atteint. L’enfant lui aussi se demande si son parent est tombé malade du fait de son agressivité vis-à-vis de lui ou parce qu’il lui a occasionné trop de soucis ou de fatigues. L’enfant doit pouvoir parler de sa culpabilité, dire en quoi elle consiste et être rassuré que personne n’a le pouvoir de déclencher la maladie de quelqu’un d’autre.

L’agressivité

Un sentiment moins souvent compréhensible pour l’entourage est l’agressivité de l’enfant. Pourtant, l’enfant vit la révolte autant que l’adulte. Lui aussi se pose la question : « pourquoi cela m’arrive-t-il à moi? » D’autre part, il peut en vouloir à son parent de ne pas être resté en bonne santé et de le mettre dans une situation difficile. Quelquefois l’enfant est agressif vis-à-vis d’un autre membre de la famille, soit qu’il déplace une agressivité considérée illégitime contre la maladie, soit qu’il rende consciemment ou inconsciemment un autre parent responsable de la maladie du premier. Enfin, l’enfant peut se montrer très agressif vis-à-vis des personnes qui se substituent à son parent, soit qu’il leur en veuille de ne pas être malades, soit qu’il veuille témoigner par là de sa fidélité à son parent et se garde d’aimer trop son substitut.

L’enfant « parentifié »

Quelquefois, on observe chez certains enfants, le plus souvent des aînés, mais pas toujours, une tendance à prendre quantité de responsabilités, à remplacer le parent malade tant pour soutenir le conjoint que pour éduquer les autres enfants. C’est ce qu’on désigne habituellement par le terme d’enfant parentifié, enfant qui adopte un rôle de parent, rôle qui le rendra très vite capable d’assumer les réalités de la vie, mais bien souvent au détriment de sa croissance psychologique personnelle.

L’adaptation à la guérison
  • D’un point de vue psychologique, la guérison ne va pas de soi. Il s’agit pour le malade de réinvestir une identité corporelle modifiée par la maladie, de réintégrer sa place dans la famille et souvent de traverser une crise par rapport à ses valeurs de vie.
  • Pour l’enfant du malade, il s’agit aussi de réapprendre à vivre avec un parent « différent » d’avant la maladie, tant physiquement que moralement et avec les images parentales dés idéalisées.
  • D’autre part, la réorganisation de la famille après la guérison nécessite une série de réajustement tant au niveau des rôles, des places réciproques et des investissements de chacun, y compris des enfants.
  • Restent l’angoisse de la rechute, les peurs, les rancœurs et les souvenirs, bons ou mauvais, toujours chargés d’émotions fortes…
En conclusion

L’accompagnement des enfants de parent malade est un travail exigeant. En plus d’un savoir-faire judicieux, cela nécessite de dialoguer avec l’enfant des sujets sur la vie, la mort et la souffrance. De ce fait, l’enfant mûrit assez vite sur des thèmes qui, la plupart du temps, sont abordés ultérieurement.

Si vous sentez que votre enfant et vous n’avez pas les ressources suffisantes pour affronter ce passage, n’hésitez pas à consulter un psychologue. Il est parfois soulageant pour les 2 de pouvoir déposer vos peurs respectives, chez un tiers qui servira d’intermédiaire supportant dans cette phase délicate.

Lectures inspirantes
Martine Jouffroy Valton

Psychothérapeute

Psychothérapeute gestaltiste diplômée du Centre d’intervention gestaltiste de Montréal, Martine a suivi ses études de psychothérapie clinique en 1995 et a elle-même suivi une thérapie de 5 ans avec des psychothérapeutes d’orientation gestaltiste, à Montréal. Cette orientation lui correspond, car elle aide les personnes dans l’ici et maintenant. Elle a accompagné des personnes en fin de vie et des familles touchées par des maladies génétiques ou le SIDA. Actuellement, elle est coach en entreprise dans le domaine de la communication et du marketing ainsi que plus récemment dans le domaine des recrutements d’experts internationaux pour la commission européenne à Bruxelles. Elle a aussi une pratique privée du coaching en face à face et apprécie particulièrement cette activité très personnalisée. Elle a un site Internet sur lequel elle explique davantage ses services, dont le coaching par téléphone ou par courriel moyennant des frais. Pour la joindre : [email protected] ou au téléphone +32-485-614-234.

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