Santé

Deuil périnatal

Le deuil d'un bébé pendant la grossesse ou après, ce n'est pas le deuil du passé, comme le deuil d'un adulte, c'est le deuil de l'avenir, le deuil du futur et des projets qui viennent avec...

« Le deuil d'un bébé pendant la grossesse ou après, ce n'est pas le deuil du passé, comme le deuil d'un adulte, c'est le deuil de l'avenir, le deuil du futur et des projets qui viennent avec. Ce n'est pas un deuil qui se règle en très peu de temps, puisqu'on va peut-être revivre une grossesse, accompagnée d'inquiétudes et de stress. Et c'est justement à ce moment-là qu'il faudra renégocier la perte qu'on a vécue », souligne Chantal Verdon, infirmière (tiré d’un extrait de l’émission Enjeux)

Le deuil périnatal survient entre la 27e semaine de gestation et les 7 jours qui suivent la naissance. De nombreuses femmes canadiennes perdent leur bébé avant terme. Au Québec, en 2002, elles étaient près de 7 000. Le deuil périnatal ou la mort du bébé est l’un des moments les plus atroces qui soient. Que ce soit la mort in vitro, la mort du nouveau-né à la naissance ou encore de graves malformations menant au décès futur du bébé, l’acceptation demeure très difficile et éprouvante. Le sentiment d’échec, la culpabilité, la colère, la frustration et la dépression sont des étapes courantes et normales que les parents devront traverser. De nombreuses études démontrent d’ailleurs que les étapes du deuil périnatal sont semblables au deuil « courant ». Quant aux réactions, elles sont diverses. L’isolement, le refus de voir le bébé ou encore l’envie de le serrer dans ses bras avant son départ sont autant de réactions qu’il y a d’humains. Il y a des femmes qui s'attribuent la mort de leur bébé en évoquant, par exemple, qu’elles n’ont pas assez bien mangé ou qu’elles ne l’ont pas assez désiré. Bref, trouver des justifications possibles pour comprendre le pourquoi de cet événement est normal et courant.

Si le deuil périnatal semble si difficile à résoudre, c'est qu'il est dû en grande partie par sa rapidité et la force des sentiments qui l'accompagne. Du bébé rêvé, imaginé et anticipé à la soudaineté du malheur qui frappe le couple, tout semble chimérique. Toutefois, le fait de toucher, de palper et de parler au bébé facilite le processus de guérison, mais si la femme ne le désire pas, il ne faut pas la forcer.

Si la réaction normale est de vouloir mettre un second bébé en route, les spécialistes soulignent qu’il faut plutôt attendre de faire le deuil de cet enfant avant de penser à concevoir à nouveau. Communiquer le plus possible avec des gens de confiance demeure primordial pour le couple éprouvé. Le soutien de la famille immédiate est aussi nécessaire. Cette dernière devra ne pas manifester de l’impatience devant les propos répétitifs de la maman ou du papa et ne pas hésiter à les aider à s’exprimer lorsque le besoin se fait sentir.

Genres d’interruption

La fausse couche
Encore mal reconnue par la société, la fausse-couche est vécue par la femme comme un sentiment d’échec et d’incapacité féminine puisqu’elle croit que son corps a refusé de mener la grossesse à terme. L’attachement entre la mère et le fœtus est peu considéré et encore moins accepté puisque la croyance populaire veut que l’amour entre une mère et son fœtus soit proportionnel à son poids ou sa grandeur.

La mort in utero
Lorsqu’il y a décès dans le ventre maternel, la mère se trouve confronté à une ambivalence entre la mort et la vie. Si sa propre perception de la mort se trouve violemment confrontée avec le décès de son enfant dans son ventre, elle peut sembler irréelle pour cette dernière puisque son rôle de porteuse de la vie est dramatiquement brisé. Si son ventre fait office de tombeau, l’enterrement qui suit est souvent très difficile.

Interruption de la grossesse
Lorsque le médecin annonce à sa patiente que le bébé qu’elle porte est atteint d’une trisomie ou de graves malformations qui l’amèneront tôt ou tard à son décès, le choix est très déchirant. De nombreuses questions alors envahissent l’esprit des parents. Qui est le coupable, dans son hérédité, de cette malformation? Sera-t-il toujours de même lors des grossesses à venir? On constate également une baisse de l’estime de soi, des sentiments d’infériorité vis-à-vis des autres mères, de la honte et de l’isolement voulu.

La mort néonatale
Moins « désorientante» et confuse que la mort in utero, la mort néonatale est perçue différemment par les parents puisque ces derniers ont pu toucher et échanger avec le bébé. Les parents passent par des étapes majeures avant d’accepter la mort de leur bébé. La première phase est le refus de reconnaître la mort, la seconde est la colère dirigée contre le conjoint, la famille ou encore contre la médecine, la troisième est l’appel à la religion ou à Dieu, la quatrième est l’installation de symptômes dépressifs et la cinquième est finalement l’acceptation de cette mort.

Qui est-il?
Lorsque survient la mort d’un enfant, indubitablement les parents se questionnent quant à savoir comment aurait été le bébé s’il avait été en vie. Cela peut prendre des formes vastes, et ce, compte tenu de la perte de l’enfant. Si celui-ci est né avant sa mort, les parents l’ont déjà vu physiquement et pourront davantage fantasmer sur ce qu’il aurait pu être dans 6 mois ou 1 an. Si la mère ne l’a jamais vu, elle pourra se l’imaginer et ainsi continuer le rêve d’un bébé conçu de toutes pièces.

Image de Mamanpourlavie.com


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