Femme

Fille de science

Saviez-vous que le 11 février est la Journée internationale des femmes et des filles de science? Pour l’occasion, nous vous offrons une petite incursion dans cet univers plutôt méconnu. Pleins feux sur le monde scientifique!
 

Je ne sais pas pour vous, mais moi, je n’ai jamais baigné dans l’univers des sciences. Ni de près ni de loin. Exception faite des cours obligatoires de physique, de chimie et de biologie que j’ai suivis au secondaire, des quelques revues des Débrouillards que j’ai feuilletées étant plus jeune et de la série télé Big Bang Theory, je n’ai jamais eu de vrai contact avec les sciences. Mon monde à moi, ça a toujours été celui des langues et des arts. J’ai donc décidé de m’entretenir avec Monica Lozano, une biologiste de formation, et de lui rendre visite dans son laboratoire de l’université Concordia afin d’en apprendre davantage sur le sujet!

Première surprise pour moi, je n’ai pas besoin d’enfiler un quelconque vêtement de protection ni même de changer de souliers pour entrer directement dans le labo! Monica m’explique qu’il existe en fait trois types de laboratoires et que le sien en est un de type 1, c’est-à-dire qu’il s’agit d’un lieu de travail ouvert dans lequel on ne travaille avec aucun agent représentant un quelconque danger pour la santé. C’est donc plutôt dans les labos de type 2, où l’on travaille avec des agents pathogènes, que le sarrau et tout l’équipement sont obligatoires, qu’il est interdit d’avoir un téléphone cellulaire sur soi, etc. Et le type 3? D’une grande rareté, on y applique des mesures de précaution extrêmes comme la douche stérile avant même d’enfiler la combinaison de protection! Bref, ici l’ambiance est plutôt détendue et je peux même visiter les « coulisses » et voir les diverses machines utilisées pour la stérilisation, les chambres froides et autres équipements coûteux que les chercheurs du département se partagent! Monica me montre quelques échantillons contaminés de la veille (oui, un collègue qui tousse sur un échantillon, ça produit rapidement une quantité assez impressionnante de champignons!) et j’assiste à quelques manipulations pendant que je lui pose mes questions.

Les sciences ont-elles toujours fait partie de ta vie? 

Absolument pas! Personne dans ma famille ni dans mon entourage ne baignait dans ce milieu. En fait, mes parents espéraient plutôt que je devienne médecin ou ingénieure et ne comprenaient pas mon choix. Pour eux, être un scientifique, ça se limitait pas mal à prendre la place de Charles Tisseyre à la barre de l’émission Découverte! 

À quel âge as-tu découvert que tu avais un véritable intérêt pour ce domaine?

Sans savoir exactement ce que je voulais étudier ou faire plus tard, j’ai découvert mon intérêt pour les sciences assez tôt; j’écoutais des émissions scientifiques à la télé quand j’étais au primaire!

Parle-moi un peu de ton parcours académique. 

Quand j’ai terminé le secondaire, je ne savais pas encore quelle branche m’intéressait le plus et j’étais un peu perdue parmi les choix offerts. J’ai donc complété un programme préuniversitaire au Cégep Bois-de-Boulogne, dans lequel j’ai suivi un cours de microbiologie qui m’a vraiment allumée. Pour mon projet de synthèse, j’ai décidé de faire une étude sur les pastilles de type Ricola pour le mal de gorge afin de voir si elles étaient vraiment efficaces. Résultat? Elles n’ont aucun effet scientifique. En fait, elles contiennent même tellement de sucre qu’elles contribuent plutôt à nourrir les bactéries qu’à les affaiblir! Bref, j’ai beaucoup aimé cette expérience et j’ai donc décidé de poursuivre au baccalauréat en biologie cellulaire et moléculaire de Concordia (comme le français a toujours été ma bête noire à l’école, je voulais fréquenter une université anglophone!). Une fois mon bac complété, j’ai vite réalisé que je devrais poursuivre à la maîtrise si je voulais avoir plus de chances d’être embauchée en sortant de l’école, alors c’est ce que j’ai fait; je termine ma maîtrise cette année!

Sur quel projet travailles-tu exactement en ce moment?

Avec mes collègues, on étudie les effets de différents ingrédients naturels sur le cycle de vie de la levure. On essaie de voir quel extrait de plante peut avoir un effet bénéfique sur ce dernier, de voir quel métabolisme est affecté (vieillissement ou anti-vieillissement) et de comprendre pourquoi. Tout ça dans le but, à terme, de pouvoir appliquer nos découvertes aux humains!

À quoi ressemble une journée typique dans la vie d’une scientifique?  

Comme un cycle complet d’expérimentation prend environ trois semaines dans notre cas, on doit commencer par préparer tout notre matériel et nos échantillons (qui sont très nombreux!) avant de pouvoir passer à l’expérimentation en tant que telle. Une fois que les résultats apparaissent, on analyse le tout et on compile les données. De temps à autre, on prépare aussi des présentations pour faire part de nos découvertes et de notre avancement au professeur responsable de notre laboratoire, et on participe à la rédaction d’articles pour diverses revues. J’assiste aussi mon professeur avec certains de ses cours; je suis responsable des TP et de la correction des examens. En règle générale, on travaille de longues heures; parfois, je suis tellement absorbée par ce que je fais que je ne vois pas le temps passer et c’est mon copain qui me ramène à la réalité en m’appelant pour savoir si je rentre bientôt pour souper!

On dit souvent que le milieu des sciences en est un plutôt masculin. Y a-t-il effectivement plus d’hommes que de femmes parmi tes collègues? Sens-tu plus de pression parce que tu es une femme?

Je dirais que ça varie beaucoup d’un département à l’autre. De ce que j’ai pu observer, la biochimie attire définitivement plus d’hommes alors que la biologie et l’écologie attirent plus de femmes. Ma spécialité, la biologie moléculaire, attire un nombre plutôt égal de personnes des deux sexes. Pour ce qui est des professeurs responsables des départements et des labos, je dirais qu’il y a environ 60 % d’hommes pour 40 % de femmes. 

Je ne sais pas si je ressens plus de pression parce que je suis une femme, mais c’est certain qu’il faut prouver qu’on a sa place de façon générale, parce que c’est un milieu très compétitif. Personnellement, je ne suis pas du genre à me laisser marcher sur les pieds, alors ça ne m’affecte pas trop!

Crois-tu qu’on encourage assez les jeunes filles à choisir la voie des sciences? Que crois-tu qu’on devrait faire pour les y intéresser davantage?

À mon avis, on devrait faire davantage de place aux sciences au secondaire, dans le sens qu’on devrait approfondir les notions qu’on y présente. Je trouve qu’il y a plusieurs concepts de base qui sont trop rapidement effleurés, ne serait-ce qu’au niveau de la reproduction humaine, alors qu’il s’agit pourtant de notions essentielles! On devrait aussi mieux présenter les divers parcours qui existent dans le milieu des sciences. Moi, par exemple, je ne savais pas qu’il existait autant de programmes techniques en sciences. Que vos enfants souhaitent poursuivre ou non un cursus universitaire, sachez qu’il y a de nombreuses possibilités qui s’offrent à eux et qu’il y en a vraiment pour tous les goûts!

En terminant, si je te demandais de me vendre le milieu des sciences en quelques mots?

Je te dirais que c’est vraiment fascinant parce qu’on participe à quelque chose de plus grand que soi et qu’on sait que notre travail va contribuer à des avancées concrètes même si on n’en voit pas immédiatement les résultats. C’est comprendre ce qui fait de nous ce que nous sommes; c’est la vraie vie quoi!

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