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les recits daccocuhements...

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Vedda

Inscrit le :
12 sept. 2008

Posté le: 7 juillet 2011 23:56:43 EDT  
Je m'excuse d'avance, c'est vraiment long mais je n'ai pas réussi à couper davantage. J'espère que vous lirez tout de même. Embarassed Confused J'ai calculé et ça prend 5 minutes à lire, alors ça l'air pire que c'est, faites moi confiance !! Very Happy Very Happy Very Happy

Mercredi PM je vais chez mon doc qui m'offre de me faire un stripping, je dis oui. Je suis alors effacée à 50% et dilatée de 2 cm.

Vendredi matin 1er mai , 5h47, une douleur au dos me réveille. Je me referme les yeux. mais voila qu'elle revient environ 10 minutes plus tard. Moi qui n'aie jamais eu de contractions. Est-il possible que ce soit cela une contraction ? Bizarre. je me lève et je vais m'asseoir au salon, je lis mon livre « une naissance heureuse » pour passer le temps et revoir quelques notions si jamais cette douleur est vraiment le travail qui a commencé ! Malheureusement, assise dans ma chaise berçante, la douleur disparait... Un peu déçue, je retourne me coucher. Une fois recouchée, les douleurs reprennent de plus bel. Je réveille mon conjoint pour lui dire que je crois que j'ai des contractions et que je vais aller prendre un bain. Je calcule: elles sont aux 10 minutes et elles sont très ponctuelles. 6h57, 6h07, 6h17... j'attends impatiemment chaque nouveau « 7 » mon conjoint se lève et m'aide à inscrire les heures sur le calepin. J'appelle à la maternité car je dois me rendre à l'hôpital pour un bilan Pré-éclampsie dans la matinée. Je veux savoir si je suis mieux d'attendre que les contractions se rapprochent ou si je dois m'y rendre le matin. Elle me dit de faire comme je veux. Je décide d'y aller le matin car trop excitée de ce qui m'arrive et je veux y aller pendant que les contractions ne sont pas encore trop douloureuses. Nous déjeunons, je m'habille et nous partons en prenant soin de quand même embarquer la valise au cas où !!! Arrivés à la maternité, mes contractions passent inaperçues pour les infirmières et les médecins... Surprised Nous sommes un peu déçus et repartons à la maison en prenant quand même soin de payer un stationnement bon jusqu'au lendemain matin ! Very Happy

Dans l'après-midi, les contractions commencent à être beaucoup plus intenses et commencent à se rapprocher. J'ai quand même la visite de mes parents. Je leur parle entre 2 contractions mais ça commence à être vraiment inconfortable. D'ailleurs, lorsque j'ai une contraction, je me garoche par terre à 4 pattes le temps qu'elle passe. Une fois les parents partis, j'essaie de souper sans succès, ça me donne vraiment mal au cour. Je décide d'aller me coucher car je veux essayer de reprendre des forces si nous avons à repartir. À mon grand étonnement, je réussi à dormir de 17h30 à 20h00. Surprised Surprised En me levant, je n'ai plus de contractions, j'appelle même une amie pour lui jaser un peu. J'appelle mes parents pour leur dire que ça a tout l'air d'une fausse alerte... Mon conjoint se lève. Les contractions reprennent de plus bel peu de temps après, vers 21h30. Je continue à les endurer soit en me mettant en petite boule ou en me tirant par terre. (Bref, tout ce qu'on ne doit pas faire !!!! Mais le fait d'accepter la contraction telle une vague et bla bla bla, j'en ai vraiment rien à foutre en ce moment !!! Evil or Very Mad Surprised )

D'ailleurs, je commence à avoir mal au coeur et je dois me diriger aux toilettes où je vomis violemment. Je retourne sur mon divan et j'écoute Loft Story. Je dis à mon conjoint que je ne veux pas de 2e enfant en ce moment, je ris au travers les pleurs. Après Loft Story, les contractions sont aux 5 minutes depuis un bon bout et je décide d'aller prendre un bain et d'enclencher la procédure fournie par l'hôpital. Pour sauver une étape, je me couche sur le côté gauche dans le bain. Embarassed Very Happy Je crie mes contractions à mon conjoint qui continue à les noter sur le calepin. Elles se rapprochent parfois aux 3 minutes. Après d'autres violents maux de coeur, je décide de sortir du bain et d'appeler à la maternité. Le bain va avoir été une très mauvaise expérience pour moi !!! Evil or Very Mad Elle me dit de me rendre à l'hôpital. Je sais que cette fois je ne retournerai pas à la maison. Surprised Very Happy

Nous plions bagages pour la 2e fois vers 1h00 du matin. J'ai des contractions douloureuses dans l'auto mais l'ambiance est relaxe. Nous sommes Zens et nous discutons entre 2 contractions. Je me dis "Hey c'est en train d'arriver le "Go chéri on va à l'hôpital !" Arrivés à l'hôpital, nous nous stationnons du côté de l'urgence. Je ne veux pas que mon conjoint me laisse à l'entrée. Je marche avec lui en espérant ne pas avoir trop de contractions en me rendant à la maternité. L'hôpital est vide... C'est tellement tranquille... Nous passons le commentaire que nous n'avons jamais vu l'hôpital ainsi.

Une infirmière m'accueille, elle a l'air très gentille et s'appelle Karine. Elle nous amène dans la même petite salle que quand nous sommes venus le matin même. Elle vérifie tout de suite la dilatation et tout le monde fait le saut : 6-6.5 cm !!!! Elle me dit « Bon bien tu restes avec nous ma belle ! » Je réponds « YYYÉÉÉÉÉ » Elle me donne une jaquette d'hôpital à enfiler et nous partons vers ma salle d'Accouchement. En marchant, elle me demande si je veux l'épidurale. Je ne sais pas... 6.5 cm de faits... j'ai tellement de chemin de fait sans... mais en même temps, je sais que le travail sera stoppé 4 heures pour attendre que l'antibio contre le Strep B fasse effet et j'ai peur de la douleur une fois que les eaux crèveront. J'hésite mais je décide finalement de la prendre.

J'entre dans la salle d'accouchement... WWOOOOWW C'est tellement grand, beau et tellement relax... les lumières sont tamisées... j'ai vraiment l'impression que l'hôpital dort et que je suis seule au monde avec cette infirmière et Jean-Robert.
Je dois aller vider ma vessie avant qu'on m'installe le moniteur. Rendue aux toilettes une contraction commence et elle est tellement violente que je n'ai pas le temps de me tourner et je dois vomir dans la poubelle... Je me dis que par chance j'ai décidé de prendre l'épidurale. Surprised Les prochains 90 minutes qui suivent ne sont pas super plaisants. Les contractions font très mal et je ne peux plus vraiment bouger car je suis couchée et pluggée de partout. J'ai hâte que l'anesthésiste passe. Je vomis encore, à chaque contraction, les yeux veulent me sortir de la tête. Surprised

Le médecin passe me voir. Elle est jeune et elle est très gentille aussi. Elle va revenir vers 5h30 quand l'antibiotique sera fini. Il doit être près de 3h00 quand l'anesthésiste arrive. Il est bête un peu et me chicane car je bouge lors d'une contraction. Surprised Evil or Very Mad Je ne bouge plus d'un poil par la suite même pas les yeux Surprised et la procédure se passe super bien. L'épidural est merveilleux. Je sens quand même mes membres mais je ne sens plus les contractions qui ont d'ailleurs l'air absentes sur le moniteur.

On revérifie le travail et je suis maintenant près de 8 cm. Ca avance vite mais on ne peut crever mes eaux encore, l'antibiotique n'est pas fini. Maintenant que je suis relax, on ri de mon conjoint qui a une petite chaise très inconfortable. J'aimerais vraiment qu'il soit bien. Je somnole un peu en attendant que l'antibio fasse effet et que l'on puisse crever mes eaux. L'infirmière vient prendre ma pression, mes glycémies et faire le test des sacs de glace pour voir si je suis encore bien gelée. Mon conjoint essaye toutes sortes de positions pour dormir un peu. Il fait pitié... Je voudrais qu'il soit couché à côté de moi.

5h30, le doc se réveille et vient pour crever mes eaux. Je sens à peine couler le liquide à cause de l'épidural. Elle me dit que le bébé est encore haut (-2) et qu'il va surement descendre de lui-même maintenant que les eaux sont crevées. C'est pour ça qu'on va laisser passer du temps encore. Maintenant que l'épidural fait effet, on est mieux de laisser bébé faire son bout de chemin que de pousser pour rien et se fatiguer?. Le bébé descend très vite et je suis rendue à 0 dans le temps de le dire...

Je sens une très forte pression qui pousse dans les fesses malgré l'épidural. Je sonne l'infirmière et lui dit. Elle vient voir et en effet nous sommes prêts, je suis maintenant dilatée à 10 cm. Elle call le doc et prépare la table pour la poussée. Le médecin arrive et me dit de m'attendre à 1h30-2h00 de poussée pour un premier bébé sous épidural. Je suis prête, j'ai bien relaxé dans les dernières heures. L'infirmière ne sent pas mes contractions et c'est donc moi qui décide quand je pousse lorsque je sens de très fortes pressions dans les fesses. J'aime beaucoup avoir le contrôle de la situation ! Je sens tout, l'épidural ne fait plus effet...

J'essaie de mettre en pratique les poussées efficaces apprises dans le cours de préparation à l'accouchement mais c'est difficile. J'écoute donc les conseils de l'infirmière et du médecin. Je dois bloquer ma respiration 3 fois dans la même contraction... ce n'est pas facile et je respire très rapidement entre chaque... le médecin me dit de respirer tranquillement si je ne veux pas faire d'hyperventilation? Tout le monde m'encourage beaucoup... tellement que je me demande si elles sont vraiment sincères dans leurs félicitations... Finalement le médecin me dit que c'est super beau et que ca ne prendra pas quelques heures comme elle me l'avait dit au départ...

Je regarde mon conjoint et je me fie à ses encouragements à lui car je sais qu'ils sont sincères et qu'il me donne l'heure juste. Elle avait bien raison puisqu'après seulement 30 minutes, j'entends dire « Arrête de pousser la tête est sortie !!! » Je regarde et je vois bien la tête !! Elle me donne le OK pour continuer à pousser et le reste du petit corps suit en une seule poussée non douloureuse. On dépose le bébé sur mon ventre à 7h49 et je le regarde... Je le trouve tout de suite très cute et je ressens une sensation bizarre... Il ne m'est pas inconnu... c'est comme si je le connaissais déjà, depuis toujours ! Jean-Robert et moi sommes très contents et on regarde notre petit amour découvrir la vie pour la première fois. Moi qui appréhendais un peu ma réaction lorsqu'il serait parmi nous, je suis sous le charme ! Il est grand et costaud, il fait 8 livres et 8 onzes et mesure 20.5 pouces ! Il a une belle petite bette et il fait des belles petites faces attachantes qui font craquer à coup sûr!

Ce fut une expérience mémorable que je recommencerais demain matin.
     

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Anonyme

Inscrit le :
03 janv. 2011

Posté le: 5 août 2011 07:36:48 EDT  
up Smile 

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Solo0507

Inscrit le :
05 juin 2009

Posté le: 25 septembre 2011 13:46:00 EDT  
Bon alors voici je vous fait mon récit d'accouchement Very Happy :

Vendredi le 16 Septembre 2011 je suis à 40.5 semaines.
À 11am j'ai un rendez-vous avec ma sage-femme Mélanie.
Je suis effacée à 70% et ouverte à 1.5cm, après un super stripping je suis à 2 cm. Elle me donne aussi des granules homéopathique pour aider le travail à avancer.

Dès mon retour je commence à avoir des contractions assez forte, mais pas régulières.
Vers 17h ça recommence et elle sont au 10 - 8 minutes et ce pendant 1h.
je vais donc dans le bain et ça arrête.

Je décide d'appeler qui va m'accompagner à l'Accouchement car elle habite à Val-David.
je lui dis que ça travail pas mal et que si elle vient avec sa fille et que ça me pogne dans la nuit elle sera déja la .

Elle arrive donc vers 10h30 pm et pour moi c'est le calme plat côté contractions.

On jase et je lui parle de mon groupe de mamans de septembre et vas lui montrer quelques photos sur notre page facebook.
Je vois aussi que Mélaniachocolat à pas mal de contractions à ce moment et vers 12h30 am elle a crevé ses eaux LIVE et nous l,a dit sur facebook.
J'étais très heureuse pour elle! On blaguais depuis quelques semaine que nous allions accoucher en même temps. mais la elle semblais vouloir me dépasser hehehe

et ben à 1h30 am je viens de me coucher et la me pogne une envie de pipi. J'y vais donc et après mon minuscule pipi de 3 gouttes ça se mets à couler assez fort Surprised
AH ben HEY JE VIENS DE CREVÉ MES EAUX!
Le fou rire me pgne sur la toilette! j'y crois pas. Ben voyont donc VOir que je crève mes eaux 1h après mon amies comme ça !!!! Laughing

Je réveille ma soeur qui venait de s'endormir.
Sa réaction à été Maaa pour vrai? hahaha

Je réveille ma mère aussi (car j'habite chez elle en ce moment)

puis j'appelle ma 2e sage-femme Marie-Hélène qui est de garde ce weekend !

On conclu que oui j'ai bel et bien perdue mes eaux mais les contractions sont pas encore forte, et elles commencent à peine.
je reste donc ici un peu je vais dans le bain et elles s'intensifie vite.

Ma mère décide de resté à la maison avec les 2 petites (ma fille et celle de ma soeur) plutôt que de les laisser à mon beau-père. Elle nous dit de l'appeler vers 7h am et elle viendra nous rejoindre si la petite est pas encore née.

je rappelle ma sage-femme et lui dis que je veux m'en venir qu'elles sont très forte et rapprochée.

J'appelle mon chum à Toronto à 3h am. Il me dis qu'il vas partir bientôt, mais faut qui prenne le temps de se réveiller.. je veux pas qui pogne un accident c'est long 7h de route.

Alors on pars ma soeur et moi il est environ 3h05 am
On arrive à 3h30 à la maison de naissance et les contractions sont très fortes la.. j,en prend une dans le bas de l'escalier.

On arrive à la chambre, j'enlève mon pantalon dans la seconde qui suit .
Marie-Hélène me fait un examen (qui fait très mal) je suis à 4cm et le col est presque tout effacé.
Le coeur de bébé vas à merveille, ma pression est bonne etc.

r endue ici je ne me souvient pu dutout de l'heure et le temps est comme figé.

Je prends quelques contractions dans le lit couché sur le côté ma soeur et Marie-Hélène me font des pression sur le dos car on a un doute que bébé est en postérieur. Les pression font du bien.

je veux aller dans le bain, je sais que je ne peux pas poussé dans ce bain la, mais peut-être que les contractions seront moins douloureuse?

Marie-Hélène fait couler l'eau et je m'y rend.
aussitôt assis dans le bain un très forte contraction me pogne et je vomi sur le piqué qui a à côté du bain! Confused

Les contractions sont tellement forte et intense que je ne me satisfait plus de juste faire des haaaaaaa bas et grave, la les cris sortent ça fait tellement mal!

J'ai laché un cris tellement fort que Marie-Hélène qui était dans le corridor en dehors de la chambre et venue voir et m'a dit ohh elle était forte celle la.

Oh oui sont forte et ça pousse!

Déjà!! Elle vas avertir une 2e sage-femme pour qu'elle se prépare à venir assister pour la poussée.

On sort du bain car elle doit m,examiner voir ou j'en suis: 6cm mais effacé au complet.
mais ça pousse déjà si fort!!

Je me place en grenouille sur le lit les contractions sont plus intense mais on dirait que je suis mieux comme ça.
On me suggère après quelques contractions de changer ma position car celle la met beaucoup de pression et je ne suis pas encore dilater au complet.
Donc je me couche sur le côté droit.

Oh god ça me fait tellement mal!

On écoute périodiquement le coeur de bébé et tout vas super bien!

un autre examen je suis à 9cm !! Yes la fin approche!
Je crois entendre dire que ça c'est fait vite entre le 6 et le 9 cm, mais je suis pas sure je suis tellement dans ma bulle!

La 2e sage-femme arrive (marie-Claude) avec son étudiante

et la ça pousse mais ça pousse fort.
Ces premières contractions me font hurlé!

je fini par changer de bord et me coucher sur le côté gauche et la on pousse pour vrai.
J,ai tellement mal ,mais je ne hurle plus.
on dirait vraiment un animal en grogne mon affaire, mais ça fait du bien de faire ça!

Et la le RING OF FIRE!! Oh qu'ils l'ont bien baptiser!
ça fait mal mais les contractions de poussé sont fortes mais j'ai tout-de-même un moment de repos entres pour reprendre mon souffle.

Un moment donnée, Marie-Hélène me dit on voit ça tête, tu veux toucher?
je touche et waah elle est proche !

quelques poussées encore et ça tête sort , on me dit regarde Sophie sa tête. mais je vois rien, j'ai pas mes lunettes et mon ventre me cache bébé .

1 autre poussé et vla les épaules. Il est 6h42 am

On mets Chloé sur moi je suis en extase!
essouflée, endolorie mais je suis en amour encore une fois! Je relaxe rendue la.

Le placentas sors très vite et sans douleurs.

On attend que le cordon cesse de pulser et on me demande si je veux le couper, je dis non alors on demande à ma soeur qui est toute émue et elle le fait.

On me demande si je veux faire vérifier si j'ai besoin de point tout-de-suite ou si je préfers attendre une peu. J'attend ,je veux découvrir ma fille un peu et me calmer.

Elle ne demande pas le sein immédiatement ,mais ça ne trade pas trop. pas facile allaiter coucher sur le dos
Laughing Smile

Probablement 30-45 minutes plus tard Marie-Hélène me suggère de faire vérifier la pour mes points car plus tard je serait beaucoup plus hésitante et moins gelé naturellement.

alors go je donne Chloé à ma soeur, et hop on vérifie je shakais tellement (j'ai shaker pendant au moins 1h)et je riais car quand elle vérifiais pour les déchirure ça me chatouillais..(oui oui je suis très chatouilleuse)Alors on était 5 à rire car c'était la première fois qu'une fille qui se fait faire des points rit tout le long Laughing .

On me redonne Chloé et la je suis vraiment une maman comblé j'ai ma 2e merveille dans les bras.
On fait les examen et elle pèse 9 lbs et mesure 55 cm et elle était bel et bien en postérieur! Et elle a la tête toute ronde ! j'ai donc un bassin olympique qu'on me dit hahaha
 

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OceanneElle

Inscrit le :
01 mai 2010

Posté le: 5 octobre 2011 15:12:33 EDT  
Voici mon récit. Un peu long, mais tout est décrit avec pas mal de détails pour garder le plus de souvenirs possibles. Bonne lecture!

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Avant que tu arrives, je ne savais pas ce que c'était d'aimer autant, d'admirer à ce point là, d'être patiente comme je ne l'imaginais pas, d'avoir aussi peur, aussi mal, d'être si soulagée, tout en une journée. Maintenant que tu es arrivé, mes yeux se sont ouverts sur toi, sur la vie et sur toutes les possibilités qui s'offrent à nous trois à partir d'aujourd'hui.

Le récit de ta naissance commence la nuit entre le 17 et le 18 septembre 2011, vers minuit ou 1h du matin environ. Je dormais paisiblement quand j'ai cru sentir une petite douleur au creux de mon ventre. Je n'y ai pas réellement porté attention puisque j'en avais la nuit depuis quelques jours. Vers 5h30 le matin, je me suis levée pour aller à la salle de bain et quand je suis revenue dans mon lit, encore cette douleur. Encore une fois, je ne m'en fais pas avec elle et je tente de me rendormir. Dix minutes plus tard, elle revient. D'abord une fois, puis deux, puis une troisième. Je me lève pour essayer de la faire passer. Les fois précédentes ça avait fonctionné. Mais cette fois-ci, ça ne passe pas, ça deviennait de plus en plus rapproché et plus douloureux un peu. Au début, ça ne faisait pas très mal. Je pouvais continuer mes activités sans problème, mais je sentais monter en moi une pointe d'excitation. Était-ce le grand jour pour te rencontrer?

Curieusement, je n'avais pas peur ce jour-là, contrairement à tous les autres jours depuis le début de la grossesse. J'envisageais mal l'accouchement. J'avais peur de la douleur, de ne pas y arriver. Je voulais tellement accoucher tout naturellement, sans médicaments. Mais je craignais de ne pas en être capable. Pourtant, ce matin là, je me suis levée avec un courage que je ne m'étais pas encore imaginé avoir. Je n'avais plus peur. Probablement que c'est pour toi que je suis devenue aussi forte tout d'un coup. Je devais l'être, avec ce qui s'en venait.

Vers 7h30 le matin, j'ai commencé à noter la fréquence de mes contractions. Elles étaient espacées aux cinq minutes. J'ai attendu encore un peu pour voir si ça allait se poursuivre, puis vers 8h, j'ai réveillé ton père parce que ça continuait. Dans les cours prénataux, nous avions appris que quand les contractions étaient aux cinq minutes pendant une heure, il fallait se rendre à la maternité. Je voulais donc que nous soyons prêts s'il fallait partir et je suis allée dans le bain pour voir si le travail allait s'arrêter. Mais non, il a continué encore et encore. J'ai aussi appelé ma mère pour lui dire que je pensais que ce serait pour aujourd'hui. Quand je suis sortie du bain, je pensais avoir rempli les critères pour me rendre à la maternité, mais j'ai décidé de les appeler avant pour être certaine de ne pas m'y rendre pour rien. Et j'ai bien fait. Ils m'ont dit de ne pas venir tout de suite, d'attendre d'avoir des contractions plus fortes que je devrais « respirer » et qui me couperaient la parole. Alors j'ai attendu, mais pendant l'attente, nous avons finalisé les derniers préparatifs. Ton père était survolté, poussé par une incroyable montée d'adrénaline. Il a fait le ménage, la vaisselle, sa valise et une panoplie d'autres tâches en un temps record! Mes contractions continuaient, mais ne se rapprochaient pas encore et augmentaient en intensité très lentement.

Le temps a passé et les choses bougeaient lentement. Tranquillement, nous avons terminé tout ce que nous avions à faire. Il n'était même pas encore midi et le travail n'avançait pas beaucoup. Il ralentissait même parfois et j'avais peur que toute ça n'ait été qu'une fausse alerte. Je commençais à me demander ce qui se passait dans mon corps, à douter de cette certitude que j'avais le matin de bientôt te rencontrer. Puis, nous sommes allés chez ma mère porter une partie des collations que je voulais pour l'hôpital. Elle devait aller acheter le rester et tout apporter en même temps. Nous avons parlé un bout de temps et j'étais encore toute excitée malgré que le travail semblait se calmer parfois. J'essayais de rester positive. Puis, nous sommes allés chez les parents de ton père pour couvrir le siège d'auto au cas où je perdrais mes eaux dans la voiture. Encore une fois nous avons discuté un peu, puis nous sommes revenus à la maison. Ton père était crevé, son adrénaline venait de tomber. Pour ma part, je commençais à trouver le temps long et les contractions commençaient à faire plus mal, même si elles étaient encore très supportables.

J'ai rappelé à la maternité pour leur dire que les contractions commençaient à être plus douloureuses. On m'a encore demandé de demeurer chez moi jusqu'à ce que les contractions soient plus rapprochées que cinq minutes, autour de quatre plutôt, et encore plus douloureuses. Ma patience s'usait de plus en plus et ton père se décourageait. Ça faisait maintenant près de douze heures que j'avais des contractions. J'avais vraiment hâte que ça bouge un peu. Nous avons alors décidé d'aller marcher pour tenter de faire avancer le travail. Sans succès. Nous sommes allés dans le parc et ton père a été très créatif pour trouver des objets qui allaient imiter ceux offerts à la maternité. Je me suis entre autre balancé sur un petit cheval sauteur pour enfants qui faisait office de ballon. Nous avons bien rit. Toutefois, le temps avançait et mon moral s'en allait de plus en plus. J'étais tannée d'avoir des contractions sans savoir si le travail progressait. J'avais l'impression que ça allait durer une éternité. En plus, la douleur augmentait de plus en plus et en marchant, je devais maintenant m'arrêter pendant certaines contractions pour bien les prendre.

De retour à la maison, je suis retournée dans le bain. Même scénario, ça bougeait au ralenti. Vers 9h le soir, n'en pouvant plus d'attendre, j'ai rappelé une troisième fois à la maternité pour me faire maintenant dire que je devais attendre des contractions aux trois minutes et que tout ce que je venais d'endurer depuis presque 24 heures n'était que du faux travail. Tout ça pour rien. J'ai éclaté en sanglots. J'étais fatiguée, dans mon corps et dans ma tête. Mais surtout, je commençais à avoir peur pour toi, peur que tu te fatigues avec toutes ces contractions, que tu t'épuises et que l'accouchement se passe moins bien que je l'aurais voulu. Ton père, lui, devenait carrément agressif face à cette situation. Il n'aimait pas l'idée qu'on repousse autant mon entrée à l'hôpital. Lui aussi avait besoin de savoir que nous allions bien toi et moi. Je suis ensuite retournée marcher dehors pour faire avancer encore plus le travail. En marchant, les contractions se rapprochaient aux trois minutes. Une petite lueur d'espoir pointait. Mais dès que je m'assoyais, elles revenaient aux cinq minutes, voire six, huit ou encore dix. Je ne savais plus quoi faire.

Je me suis rendue chez ma mère à pied avec ton père en faisant des pauses quelques fois en chemin pour prendre et « respirer » les contractions qui devenaient plus douloureuses encore. Nous avons discuté un peu encore et ma mère me conseillait de me rendre à l'hôpital, de leur mentir pour être examinée. Elle voyait bien que je n'étais plus heureuse, je ne souriais plus. J'avais peur pour toi mon petit amour et je voulais savoir si tu arriverais bientôt. Après discussion et réflexion, ton père et moi avons décidé de tenter notre chance. Il est allé chercher l'auto et moi je l'attendais chez ta grand-mère. Puis, nous sommes partis pour l'hôpital. Il devait être 10h30 du soir environ. La route a été un peu cahoteuse. Pas facile de supporter une contraction avec les bosses de la route!

Une fois à l'hôpital, je leur ai expliqué que j'avais des contractions aux trois minutes quand je suis allée prendre une marche un peu plus tôt et que je devais maintenant les « respirer ». Ils ont décidé de m'examiner, enfin! Après l'examen et un petit branchement sur le moniteur, ils ont vu que j'avais effectivement des contractions aux trois minutes, mais que peu d'entre elles étaient réellement efficaces pour faire travailler le col. Pour preuve, j'en sentais seulement une sur deux et j'étais dilatée à seulement deux centimètres, après près de 24 heures de travail. Il s'agissait de la période de latence qui était très longue pour un premier bébé à ce qu'on m'a expliqué. On m'a ensuite demandé de retourner chez moi, essayer de me reposer et dormir un peu, de revenir quand les contractions seraient vraiment intenses ou si je perdais mes eaux. J'étais triste, découragée et débinée. En plus, en reprenant l'auto, nous avons croisé ma mère et ma soeur dans le stationnement, accompagnés de Léon et d'Olivier. Ils étaient tous certains qu'ils allaient me garder. Nous avons un peu parlé pour expliquer la situation, je me suis confondue en excuses qu'ils se soient tous déplacés pour rien, puis ton père a mis la voiture en marche pour retourner à la maison.

Au même moment, j'avais une contraction, plus forte encore que toutes les précédentes. Puis, j'ai eu une drôle de sensation, comme un petit ballon qui se gonflait entre mes jambes et qui explosait sans prévenir. Comme je sentais le liquide chaud couler de manière incontrôlable sur moi, j'ai saisi le bras de ton père et je lui ai dit qu'on ne partait pas de l'hôpital finalement. Nous n'avons même pas eu le temps de quitter le stationnement. Il a freiné et m'a regardé d'un drôle d'air. Je lui ai expliqué que je perdais les eaux. Il s'est approché de la voiture de ma mère qui s'apprêtait elle aussi à partir, il a ouvert sa vitre et lui a expliqué qu'on ne partait plus. Nous avons d'ailleurs tous un peu ri de la situation.

Une fois stationné à l'aire de débarquement, je n'osais pas me lever. J'étais gênée à l'idée de laisser une petite trainée liquide derrière moi pour me rendre à la maternité. Finalement, j'ai constaté avec soulagement que mon pantalon absorbait pas mal tout ce qui coulait, à mon grand bonheur. Je suis montée au deuxième étage et les mêmes infirmières qui m'avaient examinée à peine quinze minutes plus tôt me regardaient d'un air interrogateur. Encore elle? Et bien oui. J'ai saisi mes pantalon et je leur ai dit: « Je suis toute mouillée ». Elles ont su tout de suite pourquoi et elles m'ont installé dans une chambre sans plus tarder. On m'a présenté l'infirmière qui allait m'assister, France. Il devait être minuit environ.

J'ai enlevé mon manteau, je me suis installée tranquillement tout en prenant le temps de bien respirer mes contractions qui devenaient tout à coup de plus en plus douloureuses. Je devais maintenant me taire et me concentrer sur ma douleur pour bien la gérer. Et ton père, lui, m'accompagnait comme un chef. France m'a ensuite demandé de m'installer pour m'examiner. Elle a évalué l'avancement du travail et elle m'a regardé avec de grands yeux. « Ah ben !» qu'elle disait. Mais quoi? « Ah ben »! Elle se répétait. QUOI? Elle a sourit puis elle m'a appris que j'étais maintenant dilatée à cinq centimètres. J'en avais donc gagné trois juste en crevant mes eaux. Wow! C'était très encourageant.

Ensuite, ton père est allé chercher ma mère, accompagnée de Léon, ta tante Joanie, ton oncle Olivier et sa soeur Meggie, le temps qu'il monte mes affaires de l'auto et déplace la voiture dans le stationnement à l'arrière de l'hôpital. Ils étaient tous dans la chambre à me souhaiter bonne chance pour la suite. J'avais enfin récupéré mon sourire, malgré la douleur, parce que je savais que j'allais bientôt te rencontrer.

Une fois ton père revenu, je me suis changée pour mettre la jaquette que j'avais apporté pour l'accouchement et on a installé mon soluté pour m'administrer des antibiotiques pour le streptocoque. Avant l'accouchement, je pensais que je trouverais l'expérience du soluté désagréable, mais finalement, j'étais tellement concentrée sur ma respiration et mes contractions que je me suis laissée faire sans broncher. Ma position préférée était de rester debout, appuyée sur un meuble, la tête posée sur un oreiller tout en faisant une sorte de balancement avec mon corps de gauche à droite. Pendant que j'avais ma contraction, ton père me massait le dos et les fesses. On appliquait aussi des compresses chaudes dans mon dos et au bas de mon ventre. Il m'était impossible de m'asseoir ou de m'accroupir, ça me faisait une pression supplémentaire sur le ventre que je trouvais très difficile à supporter. Donc je suis restée debout. Ton père a aussi commencé à me faire des points de pression dans la main. Ça consiste à appuyer fort entre le pouce et l'index pour créer une deuxième douleur et « changer le mal de place » comme on dit.

Au bout d'un certain temps, je ne sais pas exactement combien de temps, on est venu m'examiner à nouveau et faire un monitoring. Tu te portais bien et moi aussi. J'étais dilatée à six centimètres et demi. Je suis retournée sur mon meuble pour m'appuyer et continuer à prendre les contractions une à la fois, puis j'ai commencé à sentir une sensation étrange qui me donnait envie de pousser. Au début, elle n'était pas très puissante et elle ne durait pas longtemps. C'était désagréable, mais gérable.

France m'a finalement proposé d'aller dans le bain pour me détendre. Ton père l'a préparé. Il était très chaud et quand je me suis assise, malgré la position assise, ça me faisait du bien. Toutefois, ça a été de courte durée. Sans que je le sache, le bain a accéléré le travail de manière fulgurante. La sensation de devoir pousser se faisait de plus en plus forte et insistante. France, elle, devait partir pour sa pause et a été remplacée par une autre.

À partir de là jusqu'à la poussée, je dirais que j'ai vécu un véritable calvaire. Pas parce que les contractions faisaient mal, oui elles étaient très douloureuses, mais ça je pouvais le supporter. C'était plutôt parce que mon corps poussait tout seul pour te sortir de mon ventre et moi je devais retenir ce réflexe. On ne me pensait pas assez dilatée pour pousser encore. Ça devait être horrible à voir. Je n'aurais pas voulu être à la place des infirmières. D'ailleurs, il y en a eu trois différentes qui ont remplacé France en son absence. Une d'entre elle au moins est sortie de ma chambre en disant qu'elle n'était plus capable et ne savait plus quoi faire pour m'aider. C'est ce que ma mère qui l'a vue dans le corridor m'a raconté par après.

Tout mon corps était secoué d'un réflexe incontrôlable. Dans le bain, mon dos se cambrait. J'étais comme prise de convulsions explosives. J'étais totalement découragée. J'ai demandé à l'infirmière si on pouvait faire quelque chose contre ce réflexe de poussée. Elle me disait: « Respire ». J'essayais. Tellement fort. Je voulais respirer, je voulais contrôler mon corps, mais je n'y arrivais plus. J'étais au bord des larmes, totalement épuisée. Je regardais ton père et les infirmières avec une immense détresse dans les yeux. L'infirmière m'a aussi dit que la péridurale pourrait réduire la douleur, mais que j'allais toujours ressentir cette sensation de devoir pousser. À ce stade, je ne me préoccupais plus de la douleur du tout. Ce n'était pas ça qui me dérangeait. C'était ce besoin de t'expulser si puissant qui me vidait de toutes mes forces. Et rien ne pouvait me soulager. Je devais le vivre pleinement, en toute conscience et le gérer du mieux que je le pouvais. Heureusement, mon corps me fournissait une dose incroyable d'endorphines, tellement que j'arrivais à m'endormir dans la petite minute qui séparait mes contractions. Ton père lui continuait de faire les points de pression de son mieux pour m'aider et ça me faisait du bien, autant moralement que physiquement. Il était là pour moi.

Je suis finalement sortie du bain de peine et de misère après ce qui m'a paru n'être que quelques minutes. Probablement que j'y ai été plus longtemps, mais à ce moment là, je n'avais plus du tout la notion du temps. Ton père m'a essuyée. Je ne possédais plus mon corps. À chaque contraction, je m'accrochais à ses épaules et je le serrais dans mes bras. Ça me rassurait de sentir sa chaleur et son odeur, et puis ses bras qui m'enlaçaient et me supportaient me faisait du bien. L'infirmière respirait avec moi pour m'aider et j'étais docile, j'essayais très fort de respirer lentement avec elle pour ne pas pousser. Pendant les contractions, le réflexe était si puissant que mes genoux fléchissaient. Ton père devait me soutenir dans ses bras pour ne pas que je tombe par terre. Je l'ai même mordu au bras une fois, mais je m'en suis rendue compte assez rapidement et j'ai relâché ma prise. Je me suis trainée comme ça jusqu'au lit, prenant une pause à chaque contraction. On me disait: « Tu ne dois pas pousser, tu dois respirer ». Et moi, à ce moment, j'ai pleurniché un « Je ne suis pas capable » assez fort pour qu'on m'entende dans le corridor. Ce que je ne savais pas, c'est que ma mère et ta tante Joanie étaient dans le corridor à ce moment là. Ma soeur a été un peu traumatisée de m'entendre me plaindre et n'a plus voulu remonter à la maternité par la suite. Je pense que ça lui a fait un peu peur et ça a même remis en question son désir d'avoir un enfant dans un avenir rapproché. Elle était tout à coup beaucoup moins pressée.

France est finalement revenue en renfort et on m'a de nouveau examinée. On ne comprenait pas pourquoi j'avais un tel besoin de pousser quand il n'y avait pas si longtemps, j'en étais toujours à moins de sept centimètres. Nous avons compris dès qu'on a vérifié le col. J'étais complète, il ne restait qu'une mince bande de col qu'on pouvait faire passer avec les doigts.

J'étais si soulagée qu'on me dise que je pouvais maintenant canaliser ce réflexe de poussée en poussant pour de vrai. J'ai commencé par pousser sur le dos, puis à quatre pattes. Pendant ce temps, France essayait de faire glisser la petite bande de col de l'autre côté de ta petite tête avec ses doigts. Elle a finalement réussi. Pendant que je poussais, je faisais beaucoup de bruit. Moi qui avait tant espéré être silencieuse à mon accouchement. C'était raté. Je m'inquiétais même des autres mères dans la maternité qui pourraient m'entendre et possiblement avoir peur à m'entendre me plaindre ainsi. Ça faisait sourire France que je m'inquiète comme ça.

Je me suis ensuite recouchée sur le dos et j'ai pu continuer de pousser à chaque contraction. Ça me faisait un bien fou, même si c'était très forçant et difficile. Au moins, je n'avais plus à subir la poussée, je pouvais travailler avec elle et chacune d'elles me rapprochait un peu plus de ma rencontre avec toi. France montrait à ton père comment tenir mes jambes et mes mains pour m'aider à pousser. Il m'a aussi mis des compresses froides sur le front qu'il changeait quand elles devenaient plus chaudes. Elle lui montrait tes petits cheveux qui s'en venaient tranquillement. Ton père qui pensait ne rien regarder avant l'accouchement a été très curieux finalement de te voir arriver, millimètre par millimètre. Moi j'étais totalement concentrée sur ma poussée. Je voulais te rencontrer, te voir, te tenir dans mes bras. On m'a proposé de te regarder arriver dans le miroir. J'ai refusé. Je voulais rester concentrée. J'y étais presque. Alors, on a fait venir le médecin, le docteur Louise Galipeau. C'est elle qui allait finir de m'aider à te mettre au monde.

Quand elle est arrivée, elle a inspecté le moniteur et a tout de suite été inquiète. J'ai vu une sorte de colère dans ses yeux et elle s'est mise à faire des reproches à l'infirmière de ne pas avoir été appelée plus tôt. Ton petit coeur décélérait après chaque contraction, on ne savait pas trop pourquoi, mais on savait que ce n'était pas très bon. Et moi, je me suis mise à paniquer. J'étais si inquiète pour toi. Je ne voulais pas te perdre, pas si près du but, pas après une si longue attente à te cajoler à travers mon ventre. Non, il fallait que tu vives.

J'ai poussé sur le côté droit, puis sur le côté gauche. Rien ne changeait. Retour sur le dos, il fallait que tu sortes de là, ça pressait. J'avais tout à coup très peur, je pleurais. Je regardais l'infirmière avec un espoir de voir que tu allais mieux, mais en vain. Ça n'allait pas bien. Le médecin a ensuite fait appeler l'inhalothérapeute et a fait sortir la ventouse. Elle m'a aussi appris qu'elle devrait me faire une épisiotomie (couper ma peau pour agrandir la sortie) pour t'aider à sortir. Je m'inquiétais tellement qu'entre les poussées, j'hyperventilais un peu. Je devais me retenir pour respirer plus lentement et t'apporter plus d'oxygène. On m'a finalement mis un masque pour que tu ne manques pas d'air. J'ai saisi le bras de France et je la suppliais: « Dis-moi que mon bébé va bien, dis-moi qu'il va bien ». J'étais totalement terrorisée à l'idée que tu meures avant que je t'aie mis au monde. Elle essayait de me rassurer, probablement pour que je cesse de paniquer, mais je voyais bien dans ses yeux qu'elle mentait et la médecin était si concentrée à te faire sortir de là que je savais que tu n'allais pas bien.

Puis, j'ai puisé en moi toute la force et le courage qui me restait pour pousser plus fort que j'avais poussé jusqu'à maintenant. Avec tout mon espoir que tu sortes vivant de mon ventre, j'ai poussé comme si ma vie en dépendait, mais cette fois et pour la première fois de ma vie, ce n'était pas la mienne que je défendais, mais la tienne. France m'encourageait en m'indiquant les bonnes poussées pour que je puisses reproduire la même chose et ton père continuait de m'aider à pousser en me tenant les mains et les jambes. De toutes mes forces j'ai poussé jusqu'à ce que je sente une sorte de brûlure. C'était ta tête qui était tout près de sortir. J'ai poussé encore une fois ou deux, très fort. J'étais rouge comme une tomate, mes lèvres pétillaient, j'avais l'impression que mon visage allait éclater, mais je continuais de toutes mes forces. Puis, d'un petit coup sec, j'ai senti ta tête sortir. Le docteur a vu pourquoi ton coeur décélérait, tu avais un petit tour de cordon autour du cou qui a été très facile à retirer. Et on m'a encouragé à continuer de pousser même si je n'avais plus de contractions pour sortir le reste de ton corps. J'ai continué encore quelques poussées et puis je t'ai senti glisser hors de mon ventre. Une fois tes épaules passées, le reste de ton petit corps est sorti très rapidement. La sensation était très étrange. Ça a fait comme un grand vide tout d'un coup et en même temps, ça m'a fait un grand bien. Tout de suite le réflexe de poussée a cessé et les contractions ont beaucoup diminué en intensité.

Tu t'es mis à crier instantanément. On t'a posé sur mon ventre, peau contre peau, pendant qu'on t'essuyait un peu. On t'a ensuite recouvert d'une couverture chaude et on t'a mis une petite tuque bleue. J'avais de la difficulté à te voir, j'avais les yeux pleins d'eau. J'ai réussi à détourner quelques secondes mon regard de toi pour regarder ton père. Il pleurait lui aussi.

Tu étais si petit et si beau. Mais surtout, tu étais en vie. C'était le 19 septembre et il était 4h42 du matin. Ce matin là, ton père et moi sommes tombés en amour, pour le reste de notre vie. 

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mamankiki

Inscrit le :
19 nov. 2008

Posté le: 6 octobre 2011 13:09:27 EDT  
wow OceanneElle super récit!!!! Very Happy  

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miss_skaro

Inscrit le :
10 nov. 2009

Posté le: 18 octobre 2011 08:42:34 EDT  
6 octobre 2011

Cela faisait 9 mois que nous attendions cette date avec impatience. Ça y était, j'en étais enfin à 40 semaines de grossesse ! Mais toi tu ne semblait pas pressé mon petit Édouard, tu étais toujours bien au chaud dans mon ventre !

11h15 : Par cette magnifique journée ensoleillée, j'avais rendez-vous avec Dr. Camiré pour mon suivi de grossesse. Ta grande s?ur m'accompagnait puisque nous étions ensuite invitées à dîner chez une amie. Résultat de l'examen : col dilaté à 1,5 cm et effacé à 70%. Il y avait eu du progrès dans la dernière semaine, mais rien de bien concluant. Mon médecin m'a alors fait un stripping pour tenter d'activer les choses. Notre objectif étant que le travail débute de lui-même puisque je désirais tenter un AVAC (accouchement vaginal après césarienne). Semblerait que lorsqu'un stripping est effectué, il y a 30% de chances que le travail commence dans les 24 à 48h suivantes.

11h40 : Rosabelle et moi arrivions chez mon amie Sylvie pour dîner. Nous venions à peine d'enlever nos manteaux que je sentais une petite fuite dans mes bobettes ! C'est alors que je me suis précipitée à la salle de bain, et un fois assise sur la toilette? le déluge !!! Je ne pouvais pas croire !! Je perdais mes eaux !! Et ça une demie heure après le stripping !!

Pauvre Rosabelle, j'étais ?disparue' rapidement, elle se demandait bien ce qui se passait avec sa maman ! J'essayais de la rassurer à travers la porte mais j'étais clouée sur la toilette, ça n'arrêtait pas de couler !! J'ai finalement réussi à dénicher une serviette sanitaire dans l'armoire et à sortir de la salle de bain pas trop détrempée. J'étais bien heureuse de ne pas avoir inondé le plancher !!

Après avoir rassuré ta s?ur et même pris le temps de dessiner un peu avec elle ! J'ai téléphoné à ton papa à son travail, mais il n'était pas à son bureau ! Je n'ai pu parler qu'à son patron, qui est rapidement parti à sa recherche.

J'ai ensuite appelé grand-maman Diane pour lui annoncer que c'était aujourd'hui le grand jour ! Et que par le fait même, j'avais besoin d'elle pour venir s'occuper de Rosabelle !

Ton papa a fini par me rappeler, tout excité ! Et nous avons établi un plan de match : Ton parrain Alexandre, qui était tout près, allait venir nous chercher Rosabelle et moi, pendant que grand-maman sautait dans un taxi. Nous avions prévus de tous nous rejoindre à la maison, car je devais entre autres prendre ma valise pour l'hôpital. Ensuite, Alexandre servirait de chauffeur vers l'hôpital, et nous prendrions papa en chemin. Il nous attendait avec impatience !

C'est en attendant ton parrain que j'ai commencé à avoir des contractions. Elles étaient aux 5 minutes, mais quand même bien tolérables.

Rendu à la maison, j'ai pu terminer ma valise en vitesse, programmer l'enregistrement de mes émissions et faire un virement banquaire ! La seule chose que je regrette c'est de ne pas avoir pris le temps de dîner, car j'ai tellement eu faim par la suite !

12h45 : Nous étions sur le point d'arriver à l'hôpital, mais le chemin que nous avions pris n'étais pas le même que d'habitude? il fallait aller à gauche ou à droite ?? Dans l'énervement, papa a aperçu une voiture de police. Il a baissé sa fenêtre et lui a demandé où était l'hôpital ! Les policiers nous ont gentiment escortés, et 2 minutes plus tard nous débarquions à l'urgence !

13h30 : Après avoir passé quelques temps dans la salle de tri, on nous a enfin attribué une chambre de naissance. J'étais fébrile en y entrant? c'était là que tu allais venir au monde !! À cette heure là, j'étais dilatée à 2 cm et toujours effacée à 70%. Les contractions étaient encore bien tolérables.

Notre infirmière s'appelait Dominique et était très sympathique. Elle venait nous voir aux 15 minutes pour nous laisser notre intimité. Pendant ce temps, je continuais de prendre les contractions, qui se faisaient de plus en plus douloureuses. Et à chaque fois, je continuais de perdre de l'eau ! Je n'en revenais pas à quel point il y en avait en grande quantité !

15h30 : Le médecin, Dr. Blanchet, est venu se présenter. C'est lui qui était de garde et qui allait nous accompagner jusqu'à ta naissance. Avec sa gentillesse et ses 35 ans d'expérience, il m'a vite mis en confiance. J'avais également entendu de très bon commentaires à son sujet. Avant de faire l'examen du col, il m'a regardé et m'a dit : Hummm, vous n'avez pas l'air d'une fille à 4 cm vous?! Moi qui espérait que ça ait évolué un peu? il n'avait que trop raison ! J'étais à 2 +? !

16h : Les contractions étaient aux 3 à 5 minutes et elle s'intensifiaient. Elles duraient au moins une minute chaque. C'est à cette heure que l'infirmière a noté le ?vrai' début du travail. J'étais crispée et n'arrivait pas du tout à trouver une position pour accepter la douleur. Il faut dire qu'avec le soluté et le monitoring en continu, des obligations lorsque l'on tente un AVAC, j'étais très limitée dans mes mouvements. Je ne pouvais qu'être dans mon lit ou debout à côté.

Je me suis mise à avoir tellement chaud ! Je criais que j'avais mal, et entre les contractions je ne voulais que ?dormir' pour me reposer tellement c'était exigeant. Ton papa essayait de me masser le bas du dos, mais on dirait que c'était pire ! Pauvre lui, il semblait se sentir bien impuissant !

J'essayais de rester concentrée, mais je savais pertinemment qu'au prochain examen, si le travail n'avait pas beaucoup avancé, je penserais sérieusement à prendre la péridurale.

16h40 : Le col était maintenant effacé à 90%, mais je n'étais dilatée qu'à 2+ ! Je ne pouvais pas le croire !! Je ne me voyais vraiment pas endurer une telle souffrance jusqu'à 10 cm !! J'avais littéralement l'impression que j'allais fendre en deux tellement j'avais mal au ventre et dans le bas du dos. C'est à ce moment que je me suis résignée à demander la péridurale. J'espérais seulement que ça ne ferait pas ralentir ou stagner le travail, car si ça s'éternisait, ça pourrait compromettre la réussite de mon AVAC. Mais rendue là, j'étais prête à prendre le risque.

17h10 : Étant donné ma mauvaise expérience lors de ma césarienne, j'étais très heureuse que ce soit l'anesthésiste en chef qui me fasse la fameuse piqûre cette fois ci. En moins de deux, j'étais enfin soulagée !! Quel bonheur !!

Pendant les heures qui ont suivies, j'ai un peu somnolé, j'ai repris des forces, tout en discutant avec papa et l'infirmière. Je sentais quand j'avais une contraction, mais je n'avais aucune douleur. Vraiment, je ne regrettais pas mon choix !

18h : Heureusement, le travail avait progressé ! J'étais maintenant dilatée à 4 cm ! J'étais tellement encouragée !! J'en étais certaine, j'allais réussir mon AVAC !! Le seul petit ?problème' était que tu te présentais en postérieur. La tête vers le haut au lieu de vers le bas? Si les contractions ne te faisaient pas te retourner par toi-même, il faudrait plus tard tenter de le faire manuellement?

19h30 : 7 cm !! Ça va bien !! Notre infirmière est un peu déçue car elle termine son quart de travail à 20h et va rater ta naissance de peu ! Elle nous souhaite bonne chance et nous laisse entre très bonnes mains avec Chantal.

20h40 : J'étais complète !! Ne manquait qu'une petite bande de col !! Mais toi, tu étais toujours en postérieur. La résidente a donc entré sa main pour tenter de te retourner mais ça ne fonctionnait pas, et ton c?ur a fait une petite décélération que l'équipe n'a pas appréciée. Le Dr. Blanchet est arrivé à la rescousse et a finalement réussi en quelques secondes a te faire tourner avec sa technique bien à lui.

Par la suite ton petit c?ur a continué a avoir quelques décélérations. C'était le moment de se préparer pour la poussée, et il allait falloir te faire sortir rapidement.

On m'a mis le masque à oxygène pour t'aider le plus possible. Et pendant que la chambre se transformait pour t'accueillir, Chantal m'expliquait la technique de poussée.

J'étais très fébrile. J'étais sur le point de faire ta rencontre après ces 9 longs mois. Et j'étais sur le point d'atteindre mon objectif d'accoucher par voie naturelle.

21h : Les jambes dans les étriers, j'étais prête à pousser. Je sentais toujours mes contractions, mais sans douleur. Je me suis soudain sentie comme une athlète sur le point d'accomplir un exploit. Chantal était mon entraîneur, elle me guidait dans ma poussée. Papa m'encourageait, tout comme la résidente et le Dr. Blanchet. Et moi, je suivais les instructions à la lettre, tellement bien qu'au bout d'environ 15 minutes, après quatre ou cinq contractions, j'ai t'ai senti sortir mon petit bonhomme. Ton c?ur pouvait bien faire des décélérations? tu avais deux tours de cordon autour du cou !!

21h17 : Environ 10 heures après la perte des eaux et après 5 heures de travail actif, tu es né mon petit garçon !! On t'a immédiatement déposé sur mon ventre? et je suis tombée en amour ! Tu t'es mis à pleurer tout doucement. Tu étais si beau, si parfait ! J'ai tout de suite trouvé que tu ressemblais à ta grande s?ur quand elle est née. Je me souviens avoir trouvé ta peau très douce, et avoir été impressionnée de tenir dans ma main tes si petites fesses. C'était un moment magique. J'étais tellement heureuse !! Papa et moi te parlions tranquillement pour te rassurer alors que la résidente s'occupait de l'expulsion de mon placenta et faisait mes points. J'étais déchiré au deuxième degré, presque trois.

Nous sommes restés ainsi en peau à peau pendant 1h30. Dès le début tu t'étais mis à chercher mon sein. À 30 minutes de vie du tétais déjà comme un champion.

Puis vint le moment de te peser et de te mesurer. Avant même de te prendre, Chantal nous avait dit qu'elle te trouvait grand ! La mesure l'a confirmé? 21 ¼ pouces pour 7 lbs 7 onces.

Un beau bébé en santé, et en prime, un AVAC réussi !!! Je suis comblée, et tellement fière d'avoir une si belle famille !
 

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