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Des parents comme les autres

Il y a les jours où tout semble à sa place pour Louise. Des jours où elle se dit qu’elle a fait ce qu’il fallait; que les progrès de Max sont réels.

Les trois enfants sont couchés, la maison est calme. Louise a réussi à faire baisser la montagne de linge sale et Pierre a fait sa super lasagne. Assis sur le sofa, ils éclate de rire en songeant à la tête de la caissière quand leur petit Max de dix ans s’est couché sur le tapis roulant de la caisse cet après-midi : C’est pour faire trancher, svp, a déclaré sa grande sœur. Très mince s.v.p.!

Les bonnes journées, quand on a un enfant « différent », sont comme une rivière fraîche qui traverse une journée de canicule : le bonheur est instantané et on sait qu’il ne durera pas.

Tous ceux et celles qui se disent « Mon Dieu, je ne serais jamais capable! » ne savent pas que les parents des « enfants différents » auraient dit la même chose si on le leur avait demandé.

Les parents d’enfants différents ne sont pas différents des autres parents. Ils n’ont pas plus de « mérite » et ne sont pas de meilleures personnes. Ils sont comme les autres et ils font de leur mieux.

On ne se rend pas compte que nos airs compassés et notre discours plein de gravité les enchaînent dans un rôle de victime dont ils n’ont pas envie. Or, il n’y a pas de gloire dans la souffrance. Aux journées difficiles, il n’y a que la difficulté. Chaque nuit des quatre premières années de Max, quand Louise et Pierre se séparaient le « chiffre » de nuit, ils ne se sont pas dit qu’ils étaient faits fort. S’ils avaient eu le choix, ils auraient aimé mieux dormir. Quand leur vie sexuelle a disparu tout simplement, aucun des deux ne s’est dit qu’il avait l’esprit de sacrifice. S’ils avaient eu le choix, ils auraient aimé mieux déborder de désir et faire l’amour comme des fous! Quand Louise et Pierre ont dû hurler debout sur une table du CRDI-TED pour obtenir des services, ils n’ont pas songé qu’ils étaient courageux. Quand Pierre essuyait les fesses de son fils quatre fois par jour, jusqu’à l’an dernier, il ne se disait pas qu’il était habité d’un amour infini.

Mais oui, je sais bien qu’il s’agit d’amour, de force, de sacrifice et de courage! Mais quand on les roule dedans sans arrêt, ces parents-là ne peuvent plus nous dire que parfois, dans le silence de leur cœur, ils feraient autrement s’ils avaient le choix. Pendant de fugaces instants, parfois… ils souhaitent en secret ne pas avoir eu cet enfant « différent ». Ils envient les autres parents d’avoir un enfant propre à trois ans et qui entre à l’école sans que son père ait besoin d’aller faire des représentations à la commission scolaire, à l’école, au service de garde et au bureau du député.

Je voudrais tant qu’on arrête de leur dire ce qu’on ferait à leur place! Qu’on arrête de les regarder « comme ça », eux et leurs enfants. Je souhaite qu’ils puissent se plaindre et lâcher de la vapeur; qu’ils se sentent assez accueillis par nous tous, pour faire des blagues sur leur propre situation. Le rire soulage de tant de choses!

Je voudrais qu’on leur permette d’être des parents comme les autres.

France Paradis

Orthopédagogue, conférencière et formatrice en intervention psychosociale, France Paradis est une mère de famille profondément engagée dans sa communauté, et se définit comme une anthropologue du sens de la vie. Ce texte a d’abord été publié sur son blogue personnel. Vous pouvez suivre France Paradis sur Twitter et sur sa page Facebook.

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