Bébé

Les terribles 2 ans!

« Mon garçon de 2 ans fait de grosses crises quand je lui interdis de faire certaines choses ou quand je lui dis non. Il se couche par terre et crie et j’ai beaucoup de difficulté à le calmer. Si je m’approche, il hurle encore plus fort et essaie de me taper. J’ai l’impression qu’on passe plus de mauvais que de bons moments ensemble ces temps-ci. Et comme il parle peu, c’est difficile pour moi de comprendre ce qui se passe. Je suis vraiment découragée! Que puis-je faire? »

La théorie : ce qu’en disent les spécialistes

Tout d’abord, soyez rassurée : ce que vous vivez avec votre enfant de 2 ans est tout à fait normal! La majorité des crises de colère surviennent chez l’enfant de 18 et 30 mois (1 an et demi à 2 ans et demi) alors qu’il ne maîtrise pas encore très bien le langage verbal et s’exprime en gestes, et souvent de façon « explosive »!

Au niveau de son développement, cela correspond avec ce qu’on appelle la « phase d’affirmation » bien que ce soit plus souvent en disant « NON » et en s’opposant que l’enfant va la vivre! C’est une étape de la vie qu’on qualifie souvent de première adolescence, le « terrible two » comme le dit l’expression anglaise. Cette année, habituellement difficile pour le parent qui sent qu’il perd peu à peu le contrôle sur son enfant, est aussi une période intense pour l’enfant. En plus de son développement physique et de sa motricité qui évoluent à pas de géant, il fera aussi des apprentissages importants : propreté, langage, règles et limites face aux autres enfants et surtout face à l’adulte, le plus souvent son parent, envers lequel il vit une relation ambivalente de dépendance-indépendance.

D’une part, il a encore besoin de la sécurité que lui apporte cette relation significative depuis son tout jeune âge, mais d’un autre côté, il se trouve assez grand pour avoir le désir de faire les choses par lui-même. Et si les choses ne se passent pas comme il le veut, c’est souvent par de la colère, des cris et des coups qu’il répond. Mais gardez espoir! Malgré son intensité, et le découragement qu’elle nous fait vivre comme parent, cette phase ne dure heureusement qu’un temps. Tous les spécialistes s’entendent pour dire que les comportements agressifs diminuent grandement avec le développement du langage verbal et la capacité pour l’enfant de mettre des mots sur ses émotions.

La pratique : des solutions adaptées à vos besoins!

Depuis quelques mois déjà, votre petit est en pleine découverte de son environnement et veut prendre des initiatives. On lui réplique alors souvent comme parent : « Non, ne touche pas à ça! », « Non, ne grimpe pas sur cette chaise! » et l’enfant comprend bien vite le pouvoir de ce petit mot magique qu’il sert maintenant à toutes les sauces à ses parents pour les faire réagir à leur tour! Et comme il a encore peu de contrôle sur lui-même, et sur ce qu’il ressent, ça se termine souvent en crise quand on lui met des limites.

Que faire alors? L’ignorer? L’arrêter physiquement? L’isoler? Un peu toutes ces réponses en fait, selon les situations. Si vous êtes à la maison et qu’il n’y a aucun danger physique pour lui, je vous suggère de l’ignorer autant que possible. Tentez plutôt, dans votre quotidien, de mettre l’accent sur les comportements positifs plutôt que sur les négatifs. Dites-lui combien vous êtes fière de lui quand il s’amuse bien, combien vous avez du plaisir avec lui lorsqu’il rit! Et quand les crises surviennent, changez de pièce ou éloignez-vous de lui. Il comprendra très rapidement que ce n’est pas ainsi qu’il attirera votre attention.

Si la crise a lieu en public, ou s’il tente de se blesser ou de lancer des objets, il faut l’arrêter et lui faire savoir clairement que ce comportement n’est toléré d’aucune façon. On peut ensuite prendre l’enfant à part le temps qu’il se calme. Cela est parfois même nécessaire lorsque la crise a lieu devant d’autres personnes, membres de la famille ou étrangères. L’enfant veut s’affirmer haut et fort et se donne du pouvoir à travers les regards des autres. Isolé des personnes, sans leurs réactions, la crise n’a plus lieu d’être et il apprendra tout doucement à se calmer. Et, avec le temps, à s’affirmer de façon plus acceptable.

Face à ce désir d’autonomie et de contrôle, le parent doit être capable d’établir clairement ses limites avec l’enfant tout en étant assez souple pour ne pas accentuer la réaction d’opposition de l’enfant. Il est important de comprendre que pour éviter les surcharges de frustration, il ne faut pas qu'il n'y ait que des interdits, mais aussi des choses permises. Quand on lui dit non pour quelque chose par exemple, il faut aussi lui dire ce qu’on attend de lui ou ce qu’il lui est permis de faire : « Tu n'auras pas de gâterie à l'épicerie, mais tu peux par contre aider maman à mettre les articles sur la caisse ». Ou encore « Non, tu ne peux pas jouer dans cette armoire, mais tu peux jouer avec les plats de plastique dans l’autre armoire si tu veux ». Ainsi, la frustration de se faire dire non sera moins grande. Et on encourage l’enfant à prendre des initiatives et à se sentir « grand ».

Il est aussi important de mentionner que le petit de cet âge vit avec beaucoup d'intensité ses émotions, mais n’a pas encore les mots pour bien les exprimer. Il faut alors essayer de l'aider à nommer ce qu’il vit de façon concrète et imagée : « Tes petits poings sont fermés et tu respires très vite. Tu es fâché, Mathieu, je comprends! Mais on ne lance pas les jouets. » Plus il réussira à mettre des mots sur ce qu’il ressent, moins il réagira avec violence. Il aura enfin appris à exprimer sa colère autrement que par les crises. Et cela lui servira toute sa vie!

Les ressources : références, lectures, sites ou groupes d’entraide

Depuis de nombreuses années, ma « bible » sur tout ce qui touche le développement de l’enfant et les petits défis que nous pouvons vivre avec eux au quotidien est le livre Les Grands besoins des tout-petits (Germain Duclos, Danielle Laporte et Jacques Ross, Éditions Enfants Québec, 2007). Un livre rempli d’informations, d’astuces, de pistes de réflexion pour les Parent, mais surtout aussi de tout l’amour que les auteurs ont envers ceux à qui ils se dédient : les enfants! L’une des auteures, Danielle Laporte, est décédée dans la fleur de l’âge, mais ses nombreux écrits et son approche très respectueuse de l’enfant et du parent continuent d’inspirer beaucoup d’intervenants, moi la première!

Un autre moyen d’aider votre enfant à développer ses habiletés sociales - soit d’apprendre à mieux tolérer les frustrations, à attendre son tour, à partager ses jeux, mais aussi l’attention de maman - est de le mettre en contact avec d’autres enfants. Informez-vous au centre communautaire de quartier pour savoir s’il existe des activités parents-enfants ou encore une bambinerie où vous pourriez jouer avec lui.

Si vous aimeriez plutôt avoir quelques heures de répit par semaine, ou encore participer à des activités pour vous, pendant que votre enfant joue avec des amis, les haltes-garderies communautaires répondraient certainement à votre besoin. Vous retrouverez les coordonnées de plusieurs d’entre elles sur le site de leur association. Bien sûr, si votre enfant fréquente un milieu de garde, n’hésitez pas à demander conseil à l’éducatrice de votre enfant et aussi à partager vos petits trucs qui fonctionnent bien avec elle. Une belle collaboration qui sera profitable pour tout le monde!

Et enfin, si vous vous sentez tout simplement dépassée par le comportement de votre enfant, n’hésitez pas à aller chercher de l’aide. Les CLSC offrent des services professionnels aux familles de jeunes enfants et leurs intervenants pourront certainement vous aider ou encore vous référer à d’autres ressources plus appropriées. N’oubliez pas, être un bon parent, ce n’est pas être un parent parfait, mais un parent conscient de ses forces et de ses limites et capable d’aller chercher du support au besoin!

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