Santé

Prévention de la mort subite du nourrisson

Première cause de décès des nourrissons canadiens âgés de 28 jours à un an, la mort subite du nourisson est probablement la hantise de tous les parents.

Octobre est le mois de sensibilisation à ce phénomène et, en collaboration avec Femmesensante.ca, voici des informations pour la prévenir.

La première année de vie constitue une période de croissance et de développement rapide. Il s’agit également de la période de vulnérabilité des bébés au syndrome de la mort subite du nourrisson (MSN). La MSN peut toucher n’importe quelle famille, peu importe sa race, sa religion ou sa situation financière. Autrefois appelée mort au berceau, la MSN survient durant le sommeil et frappe sans préavis. Selon Santé Canada, la MSN serait responsable du décès d’au moins trois bébés par semaine au pays. Il s’agit de la première cause de décès des nourrissons canadiens âgés de 28 jours à un an.

Bien que le nombre de cas de MSN soit à la baisse au Canada, ce phénomène demeure une préoccupation importante. « La baisse de la mortalité infantile attribuable à la MSN coïncide avec la création de programmes de sensibilisation décrivant les facteurs de risque et faisant la promotion de pratiques plus sécuritaires en ce qui concerne les soins au nourrisson », de dire le Dr Michael Dunn, chef du département de pédiatrie développementale du Sunnybrook and Women’s College Health Sciences Centre. Les campagnes de sensibilisation ont toujours donné lieu au déclin du nombre de décès attribuables à la MSN, notamment en raison des efforts déployés pour encourager les gens à coucher leur bébé sur le dos.

Certains bébés sont-ils plus à risque que d’autres?

Oui. Certains facteurs de risque sont évitables, alors que d’autres ne le sont pas. Dans le cadre d’un atelier sur la réduction du risque de MSN tenu en 1993, des experts ont présenté des données révélant que les nourrissons qui dormaient habituellement sur le ventre (position ventrale, pronation) étaient plus à risque de MSN que les bébés qui dormaient sur le dos ou sur le côté. Les statistiques indiquent également que la MSN frappe plus fréquemment pendant l’hiver. Le nombre de décès serait par ailleurs plus élevé chez les nourrissons dont la mère a fumé durant la grossesse et après. Plus la mère est jeune, plus le risque de MSN est élevé. Les garçons sont davantage à risque que les filles, et la MSN frappe le plus souvent lorsque le bébé est âgé de deux à quatre mois. De fait, 90 pour cent de toutes les victimes de la MSN ont moins de six mois. On constate par ailleurs un risque plus élevé chez les jumeaux, les naissances multiples, les enfants nés prématurément, ainsi que ceux dont le poids à la naissance est faible.

Qu’est-ce que les parents peuvent faire pour réduire le risque?

À l’heure actuelle, les campagnes de sensibilisation décrivent plusieurs mesures pratiques que les parents peuvent prendre pour réduire le risque pour leur enfant.

La position de sommeil

« Les données qui ont vu le jour au cours des dernières années révèlent que les bébés qui dorment sur le dos courent le risque le moins élevé de MSN », peut-on lire dans l’énoncé conjoint sur la MSN. Conséquemment, l’Association canadienne de pédiatrie recommande que les nourrissons bien portants soient couchés sur le dos pendant la nuit et les siestes et qu’ils dorment sur une surface ferme et plate. De nombreuses mères ont peur que leur bébé ne s’étouffe lorsqu’il est couché sur le dos. « Le risque d’étouffement ne semble pas plus élevé chez les bébés qui dorment sur le dos », d’affirmer le Dr Michael Dunn, chef du département de pédiatrie développementale du Sunnybrook and Women’s College Health Sciences Centre. « Il n’existe aucune donnée qui laisse entendre que le fait de coucher un bébé sur le dos augmente le risque de décès par étouffement ». Par le passé, on croyait que le fait de coucher un bébé sur le côté offrait une alternative « raisonnable » et plus sécuritaire à la position ventrale. Cependant, le Dr Dunn fait valoir que cette pratique est moins efficace que la position dorsale pour réduire le risque de MSN. « S’il est couché sur le côté, le nourrisson risque de se tourner dans une direction ou l’autre avant de s’endormir ou pendant le sommeil. Le risque est donc 50/50 qu’il se retrouve sur le ventre, ce qui augmenterait le risque de MSN », d’avertir le médecin.

Habiller son bébé pour le sommeil

Les bébés ont besoin de chaleur, mais pas trop. « Si la température de la pièce vous semble confortable, elle conviendra sans doute à votre bébé aussi », de dire le Dr Dunn. Les données de recherche laissent entendre que l’excès de chaleur (trop de vêtements, literie pesante, pièce surchauffée) pourrait accroître le risque de MSN. Selon le Système canadien de surveillance périnatale, une division créée par le Bureau de la santé génésique et de la santé de l’enfant de Santé Canada, l’échauffement excessif constitue bel et bien un facteur de risque. Toutefois, « le fait de couvrir le nourrisson, et plus particulièrement la tête, pourrait jouer un rôle plus décisif que la chaleur elle-même ». S’assurer que les bébés sont bien au chaud est une préoccupation de taille dans les hôpitaux, d’où l’importance des petits bonnets qu’on leur fait porter. Toutefois, « lorsque le bébé part pour la maison, c’est la rétention de chaleur et non la perte de chaleur qui nous préoccupe », fait valoir le Dr Dunn.

Si vous vous inquiétez que votre bébé prenne froid durant la nuit, sachez que, selon la saison, une dormeuse ou un pyjama léger peut être tout ce dont il a besoin pour rester confortable. Pendant les mois d’hiver, assurez-vous d’enlever le chapeau et les vêtements de dessus de votre bébé lorsque vous êtes à l’intérieur, dans une voiture ou un magasin afin d’éviter qu’il ait trop chaud. Et n’oubliez pas de limiter le nombre de couches de vêtement et de couvertures lorsque la température est plus douce.

Le partage du lit est-il sécuritaire?

Partager un lit est pratique courante dans de nombreuses familles. Toutefois, selon le Dr Dunn, cette pratique peut accroître le risque d’échauffement excessif et d’étouffement. Si les parents sont fumeurs ou si leur temps de réaction est ralenti par la fatigue ou l’abus de drogues ou d’alcool, partager un lit avec son bébé pourrait accroître le risque de MSN. Contrairement aux berceaux, dont le design doit se conformer à des normes de sécurité, les lits d’adultes ne sont pas conçus de manière à assurer la sécurité des nourrissons.

Il y a donc risque que le bébé s'engouffre dans les draps et s’étouffe accidentellement. Selon l’énoncé conjoint sur la MSN, aucune preuve ne laisse croire que le partage d’un lit avec un parent, un frère ou une sœur réduit le risque de MSN pour les nourrissons. Toutefois, certaines études indiquent que le partage d’une chambre pourrait procurer un certain niveau de sécurité et faciliter l’allaitement au sein.

Les moniteurs respiratoires

« Une fois que la série d’événements menant à la MSN est déclenchée, les données laissent croire que les interventions visant à avorter le processus sont largement inefficaces, d’affirmer le Dr Dunn. Nous sommes au courant de plusieurs cas où des méthodes de réanimation appropriées et rapides ont échoué, et ce, même lorsque le bébé était sous surveillance au moment de l’arrêt respiratoire initial. » Les moniteurs d’apnée conçus pour usage à domicile sont dotés d’une alarme qui se déclenche lorsqu’il y a interruption de la respiration. « Ces appareils électroniques peuvent s’avérer utiles pour la surveillance d’un enfant atteint d’une anomalie respiratoire connue », de dire le Dr Dunn. Toutefois, aucune preuve ne permet de croire que ce genre de moniteur contribue à prévenir la MSN. Il n’empêche que certaines familles insistent sur l’usage de ces appareils, notamment si la MSN leur a déjà enlevé un enfant. « Bien que nous offrions notre soutien aux familles qui font ce choix, nous leur signalons qu’il y a un prix à payer. Ces alarmes s’activent de façon inappropriée et il peut être difficile de trouver des gardiens d'enfants. Cela constitue souvent une perturbation considérable de la vie de famille que les parents doivent accepter. »

Certaines de ces stratégies sont décrites dans un énoncé conjoint fait par la Fondation canadienne sur l'étude de la mortalité infantile, l'Institut canadien de la santé infantile, la Société canadienne de pédiatrie et Santé Canada. Ce dernier est désigné par l’expression « énoncé conjoint sur la MSN » dans la documentation suivante.

Femmesensante.ca

Cet article est fourni par les spécialistes de la santé des femmes du Women’s College Hospital. Pour en savoir plus sur la santé des femmes, consultez : Femmesensante.ca. © 2000-2013 Women's College Hospital.

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