Femme

Et si on se valorisait un peu?

Je n’aurais pas dû… Est-ce que je serai à la hauteur? Les pressions égratignent encore l’estime de soi de la femme, même si elle a fait du chemin au cours des 20 dernières années.

Une patronne qui nous fait une remarque directe, une colère contre notre plus vieux qui nous fait complètement sortir de nos gonds, l’oubli d’une réunion à l’école de notre fille : les prétextes pour s’autoflageller sont nombreux pour les femmes que nous sommes!

Personne ne peut nier le fait que les femmes s’autocritiquent en général plus souvent et plus ouvertement que les hommes. Malgré cela, notre estime de nous-mêmes s’est améliorée au cours des 20 dernières années, particulièrement depuis dix ans, au fur et à mesure que notre pouvoir dans la société s’est accru, tant sur le marché du travail qu’au foyer.

C’est du moins ce que soutient le psychologue Yves Dalpé. Il admet que les femmes sont plus susceptibles de se dévaloriser, cependant la tendance se renverse, selon lui. « Je reçois des couples en thérapie et ça se reflète, comme si les femmes avaient plus de pouvoir au sein du couple », indique-t-il en ajoutant que l’on croit à tort que les hommes ne se remettent pas aussi en question.

Toutefois, poursuit-il, l’estime de soi des femmes qui demeurent au foyer et qui n’ont pas de travail rémunéré semble moins bonne que celle des femmes qui ont une carrière professionnelle, puisque leur travail est une source de valorisation supplémentaire. Les femmes plus scolarisées et les femmes qui vivent en couple paraissent aussi avoir une meilleure estime de soi.

Homme ou femme, estime de soi égale?

Une étude longitudinale effectuée aux États-Unis entre 1994 et 2008 par l’Université de Bâle en Suisse révélait que les femmes ont autant d’estime de soi que les hommes. Les résultats indiquent que l’estime de soi augmente jusqu’à l’arrivée de l’âge adulte, puis finit par se stabiliser, puis elle tend à diminuer après la retraite.

L’étude a permis de découvrir un fait surprenant : le sexe et le revenu n’auraient pas d’incidence sur le niveau d’estime de soi. Et, alors que des recherches précédentes avaient démontré que les garçons avaient une meilleure estime de soi que les adolescentes et les jeunes femmes, l’étude de Bâle prouve le contraire.

N’empêche que cet amour-propre et la confiance en soi souffrent facilement devant les attentes irréalistes de la société. On a tendance à se perdre entre notre désir d’être des mères et des épouses parfaites, notre besoin de soigner notre apparence et la nécessité de nous engager à fond dans notre travail.

La beauté, encore la beauté…

Des sondages menés auprès de 1 200 filles âgées de 10 à 17 ans et provenant de six pays, dont le Canada, ainsi qu’auprès de 6 400 femmes de 18 à 64 ans de 20 pays révèlent d’ailleurs des résultats très différents de ceux de Bâle, du moins en ce qui concerne les exigences liées à la beauté.

En fait, l’étude dirigée par Dove révèle que l’autocritique des filles envers leur beauté commence à ronger leur estime de soi dès l’âge de 14 ans : à cet âge, 55 % des jeunes Canadiennes affirment qu’elles ressentent la nécessité d’être belles. À 29 ans, la proportion grimpe à 96 %.

Après avoir atteint l’âge de 15 ans, les demoiselles sont de plus en plus critiques à l’égard de leur beauté. Ainsi, le pourcentage de filles qui se sentent sûres d’elles-mêmes se chiffre à 56 % chez les adolescentes de 15 à 17 ans (par rapport à 76 % chez les filles de 10 à 14 ans).

Pire encore, 70 % des filles affirment qu’elles sont plus susceptibles d’éviter les activités sociales si elles ont  l’impression qu’elles DOIVENT être belles.

L’idéal de beauté subit plusieurs influences : la pression de nos semblables, les antécédents familiaux, l’étape de la vie, l’éducation et les médias. Plusieurs études ont d’ailleurs démontré que le fait d’être exposé fréquemment à ces images de beauté parfaite et donc utopique mine l’estime de soi (autant chez les femmes que chez les hommes).

L’obsession de ces objectifs de beauté physique conduit parfois à des actions concrètes, comme la chirurgie esthétique. D’ailleurs, indique Yves Dalpé, les femmes qui subissent par exemple une augmentation mammaire sont généralement aux prises avec une faible confiance en elles-mêmes. « Elles cherchent à rehausser leur valeur alors que leur problème est souvent ailleurs… »

Selon le psychologue, l’influence du modèle de la femme parfaite sur la force de l’estime de soi provient de l’entourage des femmes, plutôt que des images véhiculées dans les médias. « Si la femme sent qu’elle ne répond pas aux attentes des personnes qui performent bien autour d’elle, son estime d’elle-même en est affectée ».

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