Grossesse/Maternité

L'Envol vers un bon départ : une entrevue de Lucie Laurier

La belle et sympathique comédienne Lucie Laurier a eu un enfant à l’âge de 17 ans. Un événement qui a changé sa vie à un âge où les filles rêvent plus d’aventure et de liberté que de maternité. Pourtant, elle ne regrette rien de ces années passées avec son fils Timothy maintenant âgé de 12 ans, au contraire…

"Quand tu acceptes d’être un parent, c’est à la vie à la mort."

Lucie Laurier qui a eu son fils à l’âge de 17 ans représente l’Envol, un organisme qui vient en aide aux mères-adolescentes de 14 à 25 ans. Loin de faire la promotion de la grossesse à l’adolescence – « Je ne suis pas la pour dire c’est facile, allez-y les filles. Faites des enfants à 16-17 ans… Pas du tout. » — elle reconnaît à l’adolescente le même droit au libre-choix qu’aux femmes majeures : l’avortement bien sûr, mais surtout le droit d’être mère.

MPLV : Qu’avez-vous à dire à l’adolescente qui a pris la décision de mener sa grossesse à terme?
LL : Une fois que c’est fait et que vous choisissez de le garder, c’est possible d’avoir une vie saine et productive et de se réaliser en tant que femme, même si on est une maman très jeune.

MPLV : Ce n’est quand même pas facile, surtout si on doit défendre constamment son choix…
LL : Il ne faut absolument pas condamner. Il faut que les jugements négatifs cessent et encourager et entourer ces filles-là, si possible. Il y a des adolescentes qui sont totalement aptes à rendre heureux un enfant, vous savez. Il y a beaucoup de gens qui sont parents qui ne devraient pas nécessairement l’être. Et il y en a d’autres qui ont ce qu’il faut, mais qui ne sont pas épaulés. C’est ça que je trouve malheureux.

MPLV : Dans votre cas, comment ça s’est passé?
LL : On m’a souvent dit : C’est une responsabilité énorme. Tu ne seras jamais capable! La responsabilité, je ne l’ai pas sentie tant que ça. Je suis tombée tellement en pâmoison devant mon bébé, c’était tellement comme une symbiose et un partage que ça me faisait plaisir de prendre soin de lui et de voir à ce qu’il soit bien, qu’il évolue bien. Pour moi, ça a été quelque chose de fabuleux parce que c’était un partage. On donne à notre enfant, mais il nous apporte beaucoup aussi.

"On donne à notre enfant, mais il nous apporte beaucoup aussi."

MPLV : Quelle a été la réaction de vos parents, de vos proches devant votre grossesse à 17 ans?
LL : Au contraire de plusieurs des filles de l’Envol, j’ai eu la chance d’être très entourée. Mes parents m’ont dit : quoi que tu fasses, on est derrière toi. C’est pourquoi je ne peux pas prétendre savoir exactement ce qu’elles vivent. Plusieurs sont seules, n’ont aucun support familial et n’ont même pas d’amis. C’est pour ça que l’Envol est tellement fabuleux. Il faut avoir des ressources où qu’elles soient. Moi j’ai eu ma famille, mais ce ne sont pas toutes les filles qui ont cette chance-là.

MPLV : Et le père de Timothy? Il était à vos côtés à cette époque?
LL : Oui, il a été là pendant quelque temps… Pour dire la vérité, quand j’ai eu mon enfant, j’étais amoureuse du père de mon fils, mais je l’ai eu en me disant que si je me retrouvais toute seule, je voulais le garder. Quand tu acceptes d’être un parent, c’est à la vie à la mort. Moi, j’ai décidé que cette responsabilité-là, je l’avais jusqu’à la fin de mes jours, peu importe ce qui se passerait dans ma vie amoureuse.

MPLV : Vous avez pourtant vécu des difficultés et vous les avez surmontées.
LL : Je ne prétends pas avoir la recette, mais la chose la plus importante, c’est d’aimer l’enfant qui va naître, s‘intéresser à lui et pas juste penser à ce que ça va nous apporter à nous. Il y a des filles qui se disent : Enfin, je vais avoir quelqu’un à aimer, quelqu’un qui va m’aimer, alors qu’il faut plutôt réaliser qu’à partir de ce moment-là, on est obligé d’avoir de l’intérêt pour quelqu’un d’autre. Une fois que tu décides d’avoir un enfant, tous tes gestes ont une portée, toutes tes décisions ont des conséquences et, même si ça fait un peu cliché, c’est vrai que ça change une vie. L’important, c’est de décider que ça change ta vie pour le mieux…

MPLV : En quoi le fait d’être mère a changé votre vie pour le mieux?
LL : Je sais que si je n’avais pas eu mon fils, ma vie aurait été beaucoup moins intéressante. Je ne sais même pas si je serais encore là aujourd’hui…Je n’ai jamais considéré mon fils comme mon sauveur, mais il a fait en sorte que je me suis beaucoup moins apitoyé sur mon sort, ça m’a fouettée. Quand ça a été très mal dans ma vie, ça a été obligé d’aller mieux à cause de mon fils. Et ça a marché.

MPLV : Et au niveau des études, du travail quelles ont été les conséquences?
LL : Comme je suis comédienne depuis que je suis toute jeune, je n’avais pas une notion traditionnelle de l’avenir. Mais de devenir mère m’a donné le goût de m’enrichir encore plus, d’apprendre et d’acquérir plus de connaissances et de culture. Et ça ne s’arrêtera jamais.

MPLV : Pourquoi vous êtes-vous associée à l’Envol?
LL : Au début, je dois avouer que j’ai eu un peu peur…C’est un mandat assez lourd parce que je ne me vois pas comme un modèle. Je ne suis pas là pour faire la promotion de la grossesse à l’adolescence, du tout. Je suis pro-choix. Si une fille décide de se faire avorter, je crois que c’est la bonne décision si elle, elle le croit. Mais si une fille décide de garder le bébé, c’est correct aussi.

MPLV : Comment assumez-vous votre rôle comme porte-parole de l’Envol?
LL : J’essaie d’attirer l’attention sur l’Envol pour faire réfléchir les gens sur leurs jugements et leurs perceptions de ces jeunes mères-là. Faut tellement arrêter de les stigmatiser… Il y en a qui réussissent vraiment!
En plus de la sensibilisation, je participe aussi aux assemblées, aux activités, aux ateliers. Je veux être là le plus possible pour les filles!

MPLV : En terminant, les enfants, c’est fini pour vous? Votre famille est complète ou pas?
LL : J’en veux d’autres! Là, pour le moment, je donne un gros coup de quelques années pour ma carrière, mais à 35 ans… Je vais m’y remettre!

L’Envol est un organisme sans but lucratif situé à Longueuil qui aide les jeunes mères âgées de 14 à 25 ans.

Au centre de jour, on offre des ateliers parentaux, des activités de toutes sortes, de la formation pour intégrer le marché du travail, du soutien et de l’écoute. On y fait aussi du dépannage alimentaire et on vend à bas prix des articles et des vêtements en tout genre pour aider la jeune mère à se procurer le nécessaire. Sur place, une halte-garderie facilite l’accès des adolescentes aux activités.

Pour faire des dons en argent ou en biens matériels (électroménagers, vaisselle, ordinateurs, équipement pour bébé, jouets, etc.) :
1660, rue de l'Église, Ville Lemoyne, (Québec) J4P 2C8
TÉLÉPHONE : (450) 465-2584

(SC)

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J,ai été, moi aussi, mère à 17 ans - et mon conjoint père à 19 ans. Je serai grand-mère à 35 ans et mon conjoint grand-père à 38 ans de notre fils qui aura 17 ans ainsi que sa blonde au mois de juillet. Nous disons que oui c'est jeune d'enfanter à cet âge-là mais pourquoi être négatif ? Nous repoussons toutes les personnes qui sont négatives envers notre fils et sa blonde et nous gardons juste celles qui sont positives, car ça ne les regardent pas du tout. Mon conjoint et moi nous en avons fait l'annonce à nos deux familles et c'est tout. Nous ne voulons pas être jugés, nous voulons être secondés - ce n'est pas la même chose. Et s' ils ne l'acceptent pas, c'est leur problème... Nous voulons que notre fils et sa blonde vivent une belle grossesse dans le bonheur et aucune contrariété, même si ce ne sera pa facile tout les jours... Mais mon fils dit qu'il veut prendre ses responsabilitées. Nous sommes très très fiers de lui... Nous vivons beaucoup d'émotions ...un peu mélangées mais ont est heureux...
Une future (très jeune) Mamy et futur (très jeune) Papy

 

Image de Mamanpourlavie.com

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